La France finance les politiques publiques au Cameroun

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En lisant le Rapport du Comité d’orientation et de suivi (COS) du C2D qui s’est tenu le 11 mai 2017 et dont Germinal publie de larges extraits, les Camerounais ne pourront échapper à la tentation de conclure qu’au Cameroun, c’est la France qui réalise les politiques publiques pendant que les dirigeants camerounais brillent par les discours manipulateurs.
Toutes les réalisations effectuées dans les secteurs de l’Éducation, de l’Agriculture, de la Santé, des infrastructures urbaines et routières, du Développement rural, de l’Environnement et des Forêts, de la Culture, de la Recherche scientifique, etc. sont pourtant régulièrement – quand nos dirigeants en parlent – annoncées aux Camerounais comme autant de cadeaux dus « à la magnanimité de S.E. Paul Biya, président de la République, chef de l’État… »
 Source: Germinal n°106 du 16 mai 2017


Croire ou ne pas croire?
On nous dit que le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) est un dispositif innovant et original constituant le volet bilatéral additionnel français de l'initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) d'allègement de la dette des pays en développement. On nous dit également qu’il s'ajoute à l'effort effectué par la France et les autres bailleurs dans le cadre multilatéral visant à rendre la dette des PPTE soutenable.
De même, mis en place en 2006, on nous dit qu’au finish ce dispositif porte sur un investissement de près de 1000 Milliards FCFA, dans de nombreux secteurs (agriculture et développement rural, infrastructures et développement urbain, santé, éducation et formation professionnelle, environnement, industrialisation et valorisation des produits agricoles, gouvernance, appuis transversaux et partenariats) permettant d'améliorer ainsi durablement le quotidien des camerounais.
Ce dispositif embrase alors tous les secteurs, et nous dit-on toujours, permet au Cameroun de se désendetter et de transformer ce désendettement en projets de développement afin d'évoluer vers l'émergence en 2035. Mais de quelle émergence parle-t-on alors que même le FMI et certains experts disent que le Cameroun ne peut pas être émergent à cette date ? Passons et écoutons ce qu’on nous dit toujours.
Le dispositif permet à la France de mener une nouvelle politique de coopération partenariale sur des bases égalitaires et de cc-gestion .
Au total, trois (03) contrats ont été signés (2006, 2011 , et 2016) Ce mécanisme novateur, nécessite une démarche pédagogique de compréhension . Il s'avère nécessai re de renforcer son image et sa notoriété ainsi que d'accroitre la visibilité sur les projets et leurs impacts sur la population, à travers divers instruments de communication. Il convient donc de donner plus de visibilité aux réalisations du C2D dans un contexte où plusieurs autres types de coopération sont mises en avant et valorisées.
Croyez, si vous voulez


C2D: Montants des investissements et réalisations
Les deux premiers C2D (2006 et 20011) ont porté sur un investissement de 566 Milliards FC FA dont 352 milliards FCFA pour le premier et 214 milliards FCFA pour le second.
L’efficacité et la pertinence du Programme ont été reconnues par les présidents François Hollande et Paul Biya, lors de la visite au Cameroun du Président français en juillet 2015. Dix ans après son lancement au Cameroun, les retombées et réalisations du C2D sont palpables et visibles sur l’ensemble du territoire national et dans de nombreux secteurs :

Au niveau de l’Education
En faisant de l’éducation de base un secteur de concentration, le C2D poursuivait deux objectifs : l’amélioration de la qualité et de l’offre d’éducation et l’amélioration de la gestion et de la gouvernance du système éducatif. En termes de réalisations :
- 37 200 instituteurs ont été contractualisés ;
- 13 000 kits pédagogiques, des équipements et matériels informatiques ont été distribués;
- 06 études thématiques ont également été réalisées dans le cadre du Renforcement institutionnel ;
- 15 500 enseignants du secteur privé ont bénéficié de 1’apurement des arriérés de subvention des établissements primaires confessionnels (islamique, catholique et protestant) et laïcs ;
- 484 salles de classes neuves construites, 239 salles de classe réhabilitées, 35 blocs de direction construits, 100 blocs latrines construits, et 82 forages réalisés dans les Zones d’Education Prioritaire :
- 7530 tables bancs;
- 213 chaises maîtres;
- 213 tables maîtres;
 32 tables secrétaires;
- 12 tables réunions;
- 152 chaises; -
- 31 tables des directeurs : et 31 chaises des directeurs fabriqués.

Au niveau de la santé
Le choix de la Santé comme domaine de concentration du C2D visait à contribuer à l’amélioration de l’état de santé des populations. Dans ce domaine :
- 01 Plan National de Développement des Ressources Humaines Santé ( PN DRHS) a été réalisé :
- 150 personnels de santé ont été recrutés et un recensement effectué :
- 01 stratégie partenariale a été élaborée :
- 04 réseaux confessionnels (OSCAC, FALC, CEPCA et RESAFNOM) et 14 hôpitaux privés à but non lucratif ont bénéficié des financements :
- 01forum sous régional sur le partenariat public privé a été organisé :
- Des ARV (Anti Rétroviraux), des équipements de la chaine de froid ainsi que les incinérateurs ont été fournis :
- Des personnels de santé ont été formés ;
- 09 Fonds Régionaux de Promotion de la Santé (FRPS) ont été mis en place ;
- Les projets de kits obstétricaux et chèques santé pour les femmes enceintes ont été mis en place :
 - 84 formations sanitaires sont en cours de réhabilitation ;

Au niveau des infrastructures urbaines et routières
Maitriser le développement urbain et améliorer le cadre et les conditions de vie des populations en milieu urbain d’une part et relever le niveau des investissements en infrastructures routières compte tenu des besoins importants en la matière et de la nécessité de promouvoir les activités socio-économiques dans les campagnes et les villes d’autre part constituaient des axes importants du C2D.
En matière de développement des villes, les deux premiers C2D ont permis d’appuyer les Communautés urbaines de Douala et Yaoundé, Bafoussam, Bertoua et Garoua dans la réhabilitation et l’amélioration de leurs réseaux de voirie et le désenclavement de quartiers tout en favorisant la mise en œuvre des contrats de ville signés entre l’Etat et les Communautés Urbaines.

Le bilan des réalisations dans le secteur urbain ressort :
- la réhabilitation des routes réhabilitées pour le réseau viaire de Douala (Bonabéri, avenue Roger Milla ;
- La réhabilitation du carrefour de la douche municipale à Douala et de 1’échangeur simplifié à Yaoundé
- Le financement partiel de la construction du 2ème pont sur le Wouri en cours.
- La réhabilitation des routes pour la mobilité urbaine de la ville de Yaoundé (Mimboman, Briqueterie),
- Le lancement des activités de drainage pluvial dans la ville de Douala :
- Le lancement des activités préparatoires (études pour l’aménagement des espaces publics, des espaces verts et des voiries urbaines, acquisition des équipements marchands...) pour les villes de Garoua, Ba­ foussa m et Bertoua.

Au niveau routier, le C2D a permis l’amélioration de l’état de nombreuses pistes rurales et d’ouvrages. On peut ainsi entre autres citer :
- 125 ouvrages d’art construits dans les réseaux routiers Sud, Ouest et Nord :
- 170 kilomètres réhabilités de pistes rurales dans les zones côtières :

Au niveau de l’Agriculture
- Le C2D s’est déployé dans l’agriculture familiale et dans Ia formation d’une nouvelle génération d’entre­ preneurs agricoles. A cet effet,
- Près de 2120 conseillers ont été formés déployés sur l’ensemble des 58 départements du territoire national
- Environ 13.375 Groupements de Producteurs et 255 Organisations de Producteurs Agropastoraux dis­ posant de 210 000 membres, ont été accompagnés :
- 2500 projets ont été financés à hauteur de FC FA 7,5 milliards environ :
- 75 Centres publics et privés dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche ont vu leur offre de formation améliorée :
- 3086 je unes Exploitants Agricoles (EA), 70 Maîtres Pêcheurs (MP) et 1688 producteurs en activité et 1890 (EA) formés :
- 173 MP en cours de formation :
- 26 écoles publiques et privées ont vu leur offre de formation améliorée aux métiers agropastoraux halieutiques et para agricoles :
- 1108 jeunes formés aux métiers d’Entrepreneur Agropastoral (EAP),768 à celui de Conseiller Agropastoral (CAP) et 245 à celui de technicien ingénieur en Infrastructure Equipement ruraux et Gestion de l’Eau (TIERGE) ont été formés :
- 1885 jeunes en cours de formation :
- 1664 jeunes insérés dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche ont bénéficié d’un financement de près de 2,5 milliards FCFA ;
- près de 150 infrastructures de formation ont été construits/réhabilités ;
- 1e partenariat et l’ingénierie de la formation ont été développés ;
- 1e renforcement durable de la concertation entre l’Etat et les Organisations de Producteurs (0P) s’est poursuivi ;
- 1a mise en œuvre des Plans Régionaux d’Amélioration des Services (Pras) a été bouclée ;
- 1es travaux de conception et de rénovation des nouveaux dispositifs de production des statistiques ont été finalisés :
- 1a production et Ia publication des données de statistiques agropastorales et halieutiques (Annuaires statistiques, Agristat) ont été relancées :
1a mise en œuvre du Système de Production Intégré de Statistiques Agricoles (SPISA) au Minader a dé- marré.
- Pour le développement des activités de production, de transformation et de commercialisation des produits agricoles à travers l’accompagnement financier et non financier des PMEM des zones rurales. ;
- 77 institutionnels, 592 PMEA/OP, 30 EMF, 549 SAE ont été mobilisés dans les Cadres de Concertation des 03 bassins de production :
- 158 PMEAA/OP ont été cartographiés dans les 03 bassins de production :
- 03 Cadres de Concertation se sont tenus dans les 03 bassins de production avec la participation de 180 acteurs :
- 10 EMF ont été diagnostiqués :
- 21 animateurs des cadres de concertation ont été sélectionnés dans les 03 bassins de production ;
- 5 filières ont bénéficié de la production de fiches synthétiques issues de la revue documentaire ;
- 68 SAE ont été sélectionnés pour l’accompagnement du programme :
- 07 PMEA ont bénéficié des produits 5SKAIZEN pour le chèque service.

Au niveau de l’environnement et des forêts
Restaurer Ia fertilité des sols au Cameroun septentrional et régénérer le couvert forestier, Promouvoir et encourager les initiatives de protection de 1’environnement et de développement durable tels étaient les axes d’intervention du C2D les domaines de l’environnement et des forêts. Il s’agit de mettre en œuvre des actions concrètes en faveur de la gestion environnementale des activités en milieu rural, de la gestion de la biodiversité, de la valorisation des ressources forestières et fauniques ainsi que du développement des plantations forestières. Les principales réalisations enregistrées grâce à cet appui financier concernent :
- huit (08) Délégations Régionales des Forêts et de Ia Faune construites dans huit des dix régions du Cameroun ;
- des équipements et du matériel forestier fournis: - des forêts de production du Domaine Forestier Per­ manent (DFP) aménagées : - un Observatoire des Forêts de Ia Faune et des Produits Forestiers (OFFPF) mis en place : - le couvert forestier en lien avec le processus REDD+ suivi.
D’autres réalisations ont été enregistrées dans la partie septentrionale dans le cadre du Projet de Conservation des Sols Nord Cameroun (PCS).

Il s’agit notamment de:
- 40 000 ha de terres bénéficiant de l’amélioration de l’efficacité agronomique des Systèmes de culture sous Couvert Végétal à base de Bracharia et Crotalaire et de la diffusion de la Fumure organique :
- 67 000 ha aménagés dans le cadre de la diffus ion des techniques de protection environnementales à travers la lutte antiérosive (cordons pierreux, bandes enherbées) ;
- près de 3 700 biefs construits, dont 2 950 en pierres callées et 750 en pierres maçonnées pour la re­ charge des nappes phréatiques ;
- environ 3 250 000 arbres plantés dans le cadre du développement de la culture de l’arbre et la régénération du couvert arboré ;
- 04 Comités Communaux de Concertation (CCC) et de 12 Comités Villageois de Concertation (CVC) dans les Communes de Pitoa, Touroua, Gaschiga et Mindif, constitués :
- 12 villages des Communes de Pitoa, Touroua, Gaschiga et Mindif, bénéficiaires des plans d’Aménagement des terroirs et d’Amélioration des Ressources Agropastorales :

Au niveau de la recherche
Soutenir la recherche opérationnelle pour optimiser la production agricole à travers l’amélioration de la productivité, de la durabilité et de la compétitivité de l’agriculture Camerounaise était la finalité du C2D dans le domaine de la recherche. Plus spécifiquement, l’objectif était de contribuer à l’augmentation des revenus des producteurs, à l’accroissement des productions agricoles et à la sécurité alimentaire du pays. Le bilan des réalisations fait ressortir :
- 01 étude sur l’économie de la recherche réalisée ;
- 10 projets (Volailles, Riz, 1égumineuses, Pomme de terre, horticulture, Sorgho, et Agro-système du Nord-Cameroun, Manioc, Plantain et projet Agroforesterie) mis en œuvre à 1’IRAD dont certains ont abouti à des in­ novations majeures primées au niveau international ;
-19 PME-PMI et Organisations Professionnelles Agricoles et agro-alimentaires (OPA) le financés dans le cadre du fonds compétitif pour la réalisation de leurs projets de recherche-développement :

Au niveau de la Culture
L’objectif du C2D dans ce domaine était de contribuer au développement des industries culturelles et à la préservation du patrimoine culturel du Cameroun. Ainsi:
- un bibliobus a été acquis et équipé de 2113 ouvrages ;
- du personnel d’animation a été formé ;
- les 2ème assises des Entreprises et Industries culturelles(IC) se sont tenues ;
- 1a Galerie d’Art contemporain de Yaoundé a été aménagée :
- 100 projections ont été réalisées dans 50 1ocalités de quatre Régions :
2000 catalogues sur le patrimoine architectural de la ville de Yaoundé ont été édités et diffusés :
-25 personnels du secteur de cinéma ont été formés.

Au niveau du développe1nent rural
L’objectif du C2D était de contribuer au financement du déploiement du Programme National de Développement Participatif (PNDP) afin d’accompagner les Colle activités Territoriales Décentralisées pour en faire des partenaires et acteurs du développement local durable.
Dans ce domaine, l’appui du C2D dans la mise en œuvre de cette politique de décentralisation du Gouvernement a porté sur un financement de près de FCFA 50 milliards de FCFA.

En termes de réalisations
- 329 communes rurales ont été dotées chacune d’un outil de planification locale et d’un cadre de gestion concertée de l’Aide Publique au Développement.
- Près de 4000 microprojets ont été réalisés dans des secteurs comme l’hydraulique, la santé, l’éducation, la réhabilitation ou la construction de pistes rurales, des salles de classes, des centres de santé, des marchés, etc.
- 14 enfants pygmées baka ont été formés aux métiers de l’enseignement, d’infirmiers, de techniciens de laboratoires, etc. ;
 6 ouvrages ont été réalisés et plus de 1150je unes (dont plus de Ia moitié insérés ex-post dans moult activités) mobilisés dans le cadre de la mise en œuvre des projets Haute intensité de Main d’Œuvre (HIMO) dans la région de l’Extrême-Nord ;
- 12 radios communautaires créées et 8 autres réhabilitées ;
- près de 2 milliards FC FA alloués pour le financement de pour les projets REDD+.
A propos du 3è C2D
Le 3e C2D et 1’Accord-cadre qui 1’accompagnent ont été signés le 30 juin 2016 à Yaoundé par M. Louis-Paul Motaze, Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire camerounais et M. André Vallini, Secrétaire d’Etat français en charge du Développement et de Ia francophonie et M. Christian Yoka, Directeur de l’AFD au Cameroun


Les enjeux du 3è C2D
Le troisième C2D dit de maturité place le défi de Ia croissance et de la création d’emplois au centre des actions en faveur de la réduction de Ia pauvreté afin de contribuer à la réalisation des objectifs de développement de notre pays. Il s’inscrit dans les orientations données par les deux chefs d’Etats lors de leur rencontre en juillet 2015 à Yaoundé et s’intègre parfaitement dans 1’ambition du Président Paul Biya de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. Concrètement, il s’agira de préserver les acquis et d’assurer leur pérennisation à travers le transfert à l’Etat des dispositifs ayant fait leurs preuves. Il s’agira également d’impulser une dynamique de modernité aux régions périphériques. Enfin, une attention particulière sera portée aux populations, notamment aux jeunes, et aux régions vulnérables du Cameroun.

Les spécificités du 3è C2D
Le 3è C2D se distingue en deux points :

Son montant
Le montant de 1’enveloppe est de près de 400 milliards de F CFA. C’est le Contrat le plus élevé. Les deux premiers C2D ont bénéficié d’une enveloppe de 566 Milliards de FCFA dont 352,7 milliards pour le premier C2D et 214 milliards pour le second.

Sa structuration
Le 3è C2D est également différent par sa structuration. Il est composé d’un volet dit Normal d’un mon­ tant estimé à environ 236 Milliards de FC FA et d’un volet dit Effort additionnel de remboursement d’environ 162 Milliards de FC FA

Les Secteurs d’intervention
Les axes d’intervention du 3ème C2D s’inscrive nt dans les priorités de réduction de la pauvreté et de croissance inclusive définies par le DSCE et sont concentré es sur deux grands secteurs ;
L’agriculture et le développement rural dont. Ce premier volet viendra appuyer la pérennisation des dispositifs d’appui-conseil aux agriculteurs, de formation des jeunes aux métiers agropastoraux et d’investissements communaux amorcés au premier C2D. A ces projets s’ajoutera un programme innovant visant à accompagner les entreprises camerounaises dans Ia transformation et la valorisation des pro­ duits agricoles.
Les infrastructures et aménagements urbains. Ce second volet prolongera le travail engagé en faveur du développement des capitales régionales en équipant deux nouvelles villes du pays.
Cette vision sera complétée par des appuis budgétaires en faveur des politiques de développement durable de l’Etat. Le reste de la subvention appuiera le renforcement des administrations impliquées dans la mise en œuvre dans le C2D.
Au terme de ce 3è et dernier C2D, ce sont près de 1000 milliards de francs CFA qui auront été investis dans l’économie camerounaise afin de réduire la pauvreté, d’assurer une meilleure santé des camerounais, d’améliorer les infrastructures et d’impulser le développement


COS/C2D: contribution du suivi indépendant
Lors de la réunion du comité d’orientation et de suivi du C2D, la société civile, par la voix de Jean-Marc Bikoko a présenté la contribution du suivi indépendant du C2D réalisé sous la houlette de la Plateforme d’information et d’action sur la dette (PFIAD).

Contexte
Le Suivi Indépendant 2017 s’est déroulé dans un environnement marqué par :
- L’achèvement de certains programmes de première génération (Santé 1, PSFE, Culture, Recherche) ayant connu d’importants retards dans leur mise en œuvre ;
 Une assez bonne collaboration avec les responsables des cellules sectorielles C2D dans l’ensemble en matière d’accès à l’information ;
 La signature, le 30 Juin 2016, du Contrat C2D 3 ;
L’institutionnalisation du Suivi Indépendant du C2D consacrée par l’article 12 du Contrat C2D 3 ;
- Un budget du Suivi Indépendant du C2D toujours forfaitaire et largement insuffisant par rapport aux besoins.

Résultats du suivi indépendant 2016
Le Suivi Indépendant 2016 fait le constat de l’efficacité et l’impact positif des programmes C2D 1 & 2 dans les dix régions du Cameroun. C’est la conséquence d’une nette amélioration de la mise en œuvre des programmes dans l’ensemble.
Il en ressort toutefois que bien des difficultés liées particulièrement aux problèmes de gouvernance font obstruction à la mise en œuvre des différents programmes et réduisent la portée des impacts positifs attendus des programmes C2D.

Efficacité & impact
Secteur développement rural
Programme ACEFA
Le Suivi Indépendant se réjouit de :
 l’extension du programme aux cinq autres régions (Extrême-Nord, Nord-Ouest, Centre, Littoral et Est) consacrant la couverture géographique de l’ensemble du territoire ;
- L’effectivité de l’appui conseil aux organisations des producteurs, le financement des projets et la professionnalisation agropastorale dans les 10 régions;
- La contribution non négligeable en termes d’impact macro- économique du programme à l’atteinte des objectifs stratégiques recommandés dans le diagnostic du sous- secteur de l’agriculture et de développement rural (SDSR).

Programme ACEFA
Il convient toutefois de relever un certain nombre de comportements qui suscitent des questionnements quant à l’efficacité réelle de ce programme. Il s’agit entre autres de :
- Faible taux de participation des membres lors des réunions des Organisations Paysannes (OP), avec pour conséquences, une faible participation des GP (Groupements Paysans) financés aux réunions des Comités Locaux de Gestion (CLG), elle-même induisant un fort taux de déperdition des projets malgré une augmentation des surfaces cultivées ;

Programme ACEFA
- Faible niveau de certains (Conseillers de Groupement des producteurs (CGP) par rapport aux compétences requises pour dérouler le conseil ;
 L’intérêt porté plus sur le financement que sur l’appui conseil ;
 L’inégale répartition des responsables d’encadrement (ingénieurs) dans les 10 régions pouvant entraver les équilibres sociaux politiques propres à la diversité sociologique du pays.

Programme AFOP
- L’ensemble des centres et écoles de formation AFOP sont opérationnels.
La formation agropastorale des jeunes et des producteurs en activité s’est poursuivie dans les dix régions du pays
 L’accompagnement à l’insertion et à l’installation professionnelle des jeunes formés est également effectif.
 Le Programme AFOP a un impact positif fort dans le domaine agropastoral, notamment en matière de formation.
Il est de nature à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de producteurs jeunes, aptes à appliquer les techniques agricoles modernes pendant une longue durée.
La revalorisation de l’enveloppe financière allouée aux jeunes formés pour leur insertion s’avère nécessaire. Au vu des performances sur le terrain et par rapport aux montants alloués aux groupements paysans par ACEFA aux Groupements Paysans

Secteur éducation
Les résultats du programme Education sont contrastés.
Si la contractualisation de 37 200 IVACS est achevée depuis 2010, la réalisation des ouvrages relatifs à l’offre d’éducation dans les zones prioritaires connaît bien des retards. Depuis 20O6, date de la signature de la convention de financement, la deuxième phase n’a pas toujours démarré.
Ce retard auquel il faut ajouter la non contractualisation automatique des Instituteurs Contractualisés affecte considérablement l’impact positif de la contractualisation sur la qualité de l’enseignement.

Secteur infrastructures
C2D 1 Routier :
100% des ouvrages ont été réalisés et réceptionnés. Les impacts globalement positifs sont caractérisés par :
- Un accroissement des échanges commerciaux ;
- L’augmentation du taux de fréquentation des écoles et des centres de santé,
 Une baisse considérable des coûts de transport et de la durée des voyages.
- Dégradation considérable et inquiétante des routes et de certains ponts du fait de :
 Manque d’entretien des ouvrages depuis la réhabilitation ;
 Disparition des comités de route/non fonctionnalité des comités de route crées à cause du manque de matériel et surtout de l’encadrement promis au moment de leur création.
Réduction significative des impacts positifs initiaux en 2016.

C2D 1 Urbain (Communauté urbaine de Yaoundé et de Douala)
Travaux réalisés et réceptionnés à 100%
Impact très positif dès la fin des travaux
Impacts toujours positifs en 2016. En revanche, si rien n’est fait en termes de sensibilisation, le comportement désolant des populations riveraines peut à terme, réduire la portée de ces impacts.

C2D 2
- Les travaux du 2e Pont sur le Wouri sont très avancées à plus de 80 % des travaux de construction en décembre 2016.
 Démarrage tardif du drainage pluvial de la ville de Douala sur les sites de Tongo Bassa, Kondi et Ngoua, à cause des indemnisations toujours attendues pour leur déguerpissement et libération des sites des travaux.
- Retards persistants dans le démarrage effectif des travaux Capitales Régionales.

Secteur sante
 Appuis consistants aux réseaux confessionnels (FALC, OSCAC, CEPCA, RENAFSOM) qui ont permis une amélioration substantielle des différents plateaux techniques ;
- Appuis substantiels au PEV et à la lutte contre le SIDA ; Lancement des chantiers de réhabilitation des structures sanitaires dans le septentrion et le sud ;
Mise en œuvre du programme chèque obstétricaux aux performances très appréciées.
- Un meilleur ciblage des activités et une rationalisation des procédures (réduction des intervenants et priorité à l’expertise nationale) permettrait d’arrêter les grandes composantes du secteur santé qui pourraient être intégrées dans le périmètre de l’Aide Budgétaire Sectoriel (ABS) prévu dans le 3ème C2D.

PNDP
 La plupart des projets relatifs à l’Appui au Développement Local (accès aux services sociaux de base santé, éducation, eau et assainissement) sont réalisés dans les dix régions.
- Bon accompagnement du processus de décentralisation de l’Etat à travers l’appui aux collectivités territoriales décentralisées.
 Projets réalisés répondant aux besoins vitaux des bénéficiaires. C’est à juste titre que ceux-ci ont fait du PNDP leur « sauveur », dans plusieurs coins reculés du pays.

Portée de l’impact assez forte.
Quelques points d’attention
Malgré l’atteinte des résultats concrets présentés ci-dessus, il convient d’attirer l’attention du COS sur l’impact négatif d’un certain nombre de facteurs dans le démarrage, la conduite régulière et l’efficacité de la mise en œuvre du C2D.
Les facteurs qui selon le Suivi Indépendant ont plombé la mise en œuvre de nombreux programmes sont :
Le montage assez complexe des programmes du secteur social ;
- La longueur et la rigidité des procédures en vigueur
- La non implication préalable des membres des structures de gestion des programmes relevant de l’Appui Budgétaire Ciblée au mécanisme de déblocage des fonds innovant auxAAA AAA principales phases de mise en place de ceux-ci (études préalables, instruction, montage…), ce qui nécessite une importante période de mise à niveau et d’adaptation pour la garantie des performances recherchées.
La forte concentration du pool de décisions au niveau central pour les aspects sensibles tels que la passation et le suivi des marchés dont l’exécution se fait pourtant au niveau déconcentré.
- La non implication directe des acteurs au niveau déconcentré, laquelle est responsable des retards dans les travaux, leur qualité des travaux incertaine et douteuse, les divers manquements relevés (suivi des travaux mal assuré,, équipements livrés inappropriés à l’instar des incinérateurs sans abris et inopérants mis à la disposition des formations sanitaires dans plusieurs régions du pays, etc.)
- Une confusion des rôles entre les pools de décision au niveau central des différentes maîtrises d’ouvrages, et les cellules de coordination des programmes ;
- La multiplicité des Structures de Mise en Œuvre (SMO) qui, pour la plupart, sont des Directions Centrales ou les Délégations Régionales du MINSANTE peu soucieuses de l’application du manuel de procédures du programme et plus promptes à fonctionner selon le mode administratif traditionnel dépouillé de tout souci de redevabilité, d’anticipation et donc d’efficacité ;
- Le rôle peu inclusif des structures de pilotage et de coordination dans l’exécution directe des activités, ce qui ne permet pas un suivi efficace et une efficience de la mise en œuvre des programmes C2D ;
 Les difficultés de suivi et surtout d’évaluation des activités de certains opérateurs indépendants à l’instar du GIP ESTHER/Expertise France, exclu du champ d’audit et d’évaluation annuel prescrit dans le cadre du programme ;
Les difficultés de passation et d’exécution des marchés devenues traditionnelles dans le contexte du C2D, voire du système national dans son ensemble (plusieurs étapes d’ANO du MINMAP et surtout de l’AFD).
Jean-Marc Bikok


Dialogue citoyen sur le C2D
Etat de mise en oeuvre du C2D
le 12 mai 2017, à l’hôtle Mirador, à Yaoundé, sous la houlette de la Plateforme dette, les organisations de la société civile ont engagé un dialogue citoyen autour de la mise en oeuvre du C2D. Il était question de présenter au public les résultats du suivi indépendant et d’engager une discution avec les participants. Extraits, Cas de ACEFA
- Assez bonne collaboration avec les responsables de la mise en œuvre du C2D au niveau central en matière d’accès à l’information ;
- Budget du Suivi Indépendant du C2D toujours insuffisant ;
- Signature le 30 Juin 2016 du Contrat C2D3 ;
- Institutionnalisation du Suivi Indépendant du C2D (article 12).

Axe de Suivi 2016 :
- Efficacité et impact des programmes C2D 1 & 2 dans les dix régions du Cameroun.
- Champ de Suivi :
- Agriculture et Développement rural : ACEFA, AFOP, PNDP, ASGIRAP, CFM, CFPS ;
- Infrastructures : C2D1 Routier/Urbain C2D2 Capitales Régionales, 2e Pont sur le Wouri, Drainage Pluvial ;
- Education, Santé, Culture, C2D-Par

Efficacité et impact
I- Secteur Agriculture
ACEFA
1 Couverture géographique de l’ensemble du territoire lors de la 2e phase (2013- 2016) avec l’extension du programme aux cinq autres régions (Extrême-Nord, Nord-Ouest, Centre, Littoral et Est);
2- Appui conseil aux organisations des producteurs, financement des projets et professionnalisation agropastorale effectifs dans les 10 régions;
3. Impact microéconomique avéré sur la vie des membres des GP et OPA (impact technique, économique, social et environnemental);
4 Contribution significative en termes d’impact macro-économique du programme ACEFA à l’atteinte des objectifs stratégiques pour résoudre les difficultés identifiées dans le diagnostic du sous-secteur de l’agriculture et de développement rural (SDSR)

Insuffisances / Difficultés
- Faible taux de participation des membres aux réunions des groupements et faible participation des GP financés aux réunion des Comités Locaux de Gestion (CLG);
- Difficultés et lacunes de certains conseillers à l’appropriation de certains outils de conseils (diagnostic, caractérisation, suivi spéculation, compte de résultat, bilan et montage des projets des GP.
- Intérêt porté plus vers le financement au détriment de l’appui conseil par les producteurs ;
- Mauvaise répartition des responsables d’encadrement (ingénieurs) dans les 10 régions pouvant entraver les équilibres socio- politiques propres à la diversité sociologique du pays
Conséquence: un fort taux de déperdition des projets malgré une augmentation des surfaces cultivées
Tablea


11è session du Comité d'orientation et de suivi du C2D (COS-C2D)
Le 11ème session du Comité d'Orientation et de Suivi du C2D (C OS-C2 D) s’est tenu, le jeudi 11 mai 2017 dans la salle des actes du ministère des Finances à Yaoundé, capitale de la République du Cameroun
Cette session, la première depuis la signature le 30 juin 2016 du 3ème et dernier C2D entre Ia France et le Cameroun, se tient dans un contexte marqué par une conjoncture particulièrement difficile pour les économies de la Zone Cemac qui a amené les chefs d'Etats à s'engager à adopter des mesures pertinentes destinées à inverser durablement les tendances négatives de 1'économie de la sous-région, combinant une politique budgétaire adéquate, une politique monétaire appropriée et une coopération internationale renforcée, lors du Sommet extraordinaire de la Zone Cemac à Yaoundé le 23 décembre 2016. Co-présidée par le ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire, Louis-Paul Motaze, le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey et l'Ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibaut, cette 11ème session a permis de faire le bilan de la mise en œuvre opérationnelle des deux premiers C2D signés en 2006 et 2011 et de procéder à l'évaluation de la préparation et du niveau d'évolution de la mise en œuvre du 3ème Contrat.
La tenue de cette assise a également été 1'occasion d'esquisser le calendrier de la célébration des 10 ans de réalisations du C2D au Cameroun dont les préparatifs ont commencé en 2016 par des grands reportages télévisées dans toutes les régions du Cameroun et de relever la contribution du C2D dans 1'accompagnement de l'économie camerounaise qui fait preuve d'une grande résilience face aux choc endogènes et exogènes.
Ont participé à cette session, outre les membres du COS-C2D, les membres du Comité Technique Bilatéral (CTB) du C2D, 1es ministères camerounais bénéficiaires du C2D, les Institutions internationales partenaires au développement,1es représentations diplomatiques des pays amis du Cameroun, les représentants des parlementaires français et camerounais ainsi que des membres des sociétés civiles camerounaise et française.
Cette 11ème session du COS a été également la première à laquelle assistaient le nouvel Ambassadeur de France au Cameroun, M. Gilles Thibaut ainsi que le nouveau Directeur de l'AFD au Cameroun, M. Christian Yoka