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Manières de voir

Paul Biya réélu : une tragédie pour le Cameroun, une honte pour la France

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Sans surprise, Paul Biya, dictateur camerounais depuis 1982, s’est accordé vendredi 21 octobre une victoire électorale en trompe-l’œil. « Le scrutin du 9 octobre était truqué dès le départ et son déroulement n’a fait que confirmer les craintes émises de toutes parts », déplore Eva Joly. Même les Etats-Unis sont sortis de leur réserve diplomatique pour estimer que l’élection était entachée « d’irrégularités à tous les niveaux ». Qui peut croire à ce score de 78 % au premier tour, avec une participation des deux tiers, pour ce roi fainéant, ce pilier de la Françafrique, qui ne fait plus illusion qu’à l’Elysée ?
Alain Juppé a osé dire le 11 octobre à l’Assemblée nationale que ces élections s’étaient déroulées « dans des conditions acceptables ». « Acceptables », l’interdiction des manifestations publiques, les votes multiples, les scrutateurs expulsés de certains bureaux de vote? « Acceptables », la commission électorale soi-disant indépendante mais nommée par le président, les deux tiers des électeurs potentiels non-inscrits sur les registres électoraux, le déséquilibre immense dans les moyens
Mise à jour le Lundi, 04 Juin 2012 21:49

La Citadelle des Enflures

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Le climat politique postélectoral au Cameroun est dorénavant au centre de toutes les attentions et pour les observateurs patentés de l’Afrique subsaharienne, notre pays ne serait pas différent today d’une bombe à retardement, certains ayant même probablement déclenché déjà le chronomètre du compte à rebours vers une hypothétique déflagration, tandis que d’autres touchent du bois ou se signent d’abondance, quand ils n’allument pas des cierges, pour que rien de tel ne se produise au voisinage nord de la latitude zéro. Entre la sophistiquée réalité camerounaise et ses représentations opérant dans l’espace des opinions les plus répandues sur l’ampleur de la volatilité ou de l’apathie présumée des myriades vert-rouge-jaune ployant d’une aube à l’autre sous le joug de la Frustration et de la Déception, il y a cependant plus que tout un monde, pour paraphraser la formule consacrée. Les biais optiques trempés dans le plâtre des constructions intellectuelles triviales ne manquent point à ce propos et ces distorsions plombent singulièrement maints discours s’avançant parés du diadème du sens dans la palabre publique ainsi ouverte par les circonstances.

Mise à jour le Lundi, 11 Juin 2012 06:37

L’Afrique au XXIe siècle : une conversation de bistrot

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Le XXIe siècle sera-t-il africain ? Axelle Kabou qui a publié, cette année, un essai intitule comment l’Afrique en est arrivée là, chez L’Harmattan, tente de clarifier cette question en s’appuyant sur son expérience internationale en prospective. Elle analyse les représentations dominantes des trajectoires de l’Afrique au cours de ce siècle  en les situant dans un contexte global. Elle montre qu’à  la résurgence du thème de la  renaissance africaine  répond celle de la régénérescence du monde. Derrière ces paravents, l’Afrique, adossée à ses partenaires étrangers, effectue, par certains aspects inquiétants, un retour au XIXe siècle. Faute d’exister, ce continent n’a, pour l’instant  que des avenirs, pas de futurs.
Les ravages de l’afro-ferveur

Le XXIe siècle sera-t-il africain ? Qu’importent, au fond, les réponses à cette question vague ? Les perceptions de « la place de l’Afrique dans le monde » sont passées du noir funéraire au rose bonbon, en l’espace d’une petite décennie. Cette révolution chromatique mérite bien quelques commentaires.
En effet, condamnée, hier encore,
Mise à jour le Jeudi, 13 Octobre 2011 04:46

« Le Biyaïsme », l’électoralisme et la démocratie camerounaise

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Dans un écosystème socio-politique, le temps est une des choses qui lie un régime au peuple, au politique et à l’idéal démocratique. Il est le médium par et à travers lequel on saisit la nature profonde d’un régime, le lien qui s’établie entre celui-ci et le peuple puis, ce que son règne, en longue période, fait du politique et de l’idéal démocratique.
Renouveau National et électoralisme : une union sacrée
Arrivé au pouvoir sans passer par le vote du peuple camerounais, une des caractéristiques du « Biyaïsme » est le fait d’avoir transformé le moment préélectoral et l’acte de voter en moyens de sanctuarisation de sa gouvernance et de perpétuation de l’autocratie afin que le pouvoir acquis en 1982 sans le concours du vote, se maintienne grâce à un vote et à son moment ritualisés en obstructions démocratiques : c’est l’électoralisme. C’est-à-dire la transformation des scrutins en schèmes démocratiques indépassables alors que ceux-ci (les scrutins), dans la conception du Renouveau national, ne sont que des moments intermittents de crispation,
Mise à jour le Mercredi, 12 Octobre 2011 06:07

L'édito à ne pas manquer: quand Laurent Joffrin analyse les révoltes arabes à la lumière de la chute de Khadafi

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Une chose est récurrente : l’Occident est presque toujours uni en matière de politique étrangère lorsque son destin se joue sur un théâtre d’opération n’importe où dans le monde. Dans ces moments-là, les clivages gauche-droite – ce que Laurent Joffrin appelle avec un doux euphémisme « point de vue » - n’ont plus la moindre signification. M. Joffrin le dit d’ailleurs dans son édito sur la Lybie : « De quelque point de vue qu’on se place, de celui de la morale ou de celui de la stratégie, les démocraties européennes ont intérêt à voir naître sur leur flanc sud des régimes amis, qui leur ressemblent et qui chercheront à construire un avenir commun ». Celui qui devrait trouver le petit morceau de rhétorique que constitue cet éditorial succulent, c’est assurément M. Sarkozy qui doit une bonne part de son actuelle impopularité à la plume acérée et vitriolée de M. Joffrin. « Les démocraties européennes ont intérêt… » : De quel type d’intérêt s’agit-il au fait ? N’importe quel type d’intérêt ferait-il aussi bien l’affaire ?
Mise à jour le Samedi, 03 Septembre 2011 19:49

Le droit de vote de la diaspora

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Entre joie et regret
Le jour tant attendu est enfin arrivé pour la Diaspora pourrait-on s’exclamer. Si le jour s’est levé pour une partie de la Diaspora, après la présentation du projet de loi autorisant les Camerounais résidant à l’étranger, à voter aux élections présidentielles ou aux referendum organisés sur le territoire national, le soleil est néanmoins loin de briller sur l’ensemble de cette communauté, à qui on reproche à tort ou à raison d’écorner, à l’étranger, l’image de leur pays; de donner des leçons alors qu’elle serait éloignée des réalités locales; d’être la « cinquième colonne » de cette fameuse communauté internationale qui chercherait à mettre en péril la paix et la stabilité chèrement acquises. En effet cette loi exclue les Camerounais ayant la double nationalité pour s’appliquer uniquement à  ceux qui sont ni au-dessus ni en dessous de leurs compatriotes du triangle national mais dont la volonté affirmée, pour la majorité d’entre eux, nous l’espérons, est de se ranger à leurs côtés,
Mise à jour le Vendredi, 26 Août 2011 06:07

L’indépendance du sud-soudan peut-elle inspirer les Camerounais anglophones?

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Ce 9 juillet est né la république du Sud Soudan. Un nouvel Etat africain est cause de célébration. Allons-nous être content au Cameroun ? Paul Biya se précipitera-t-il pour reconnaître cette nouvelle république comme le fit l’Afrique du sud, et même la Lybie ? Les anglophones du Cameroun devraient regarder eux l’indépendance du Sud Soudan avec intérêt, car pour ceux qui ont mon âge elle représente la concaténation de trois choses essentielles qui font que notre temps soit particulier et donc prélude sans doute à ce futur que chacun de nous veut comprendre, et d’une certaine manière réaliser à peu de couts. La première est que les Etats ne sont jamais éternels. La seconde est que finalement le principe sacro-saint des frontières héritées de la colonisation devient ce qu’il a toujours été: un des derniers vestiges politiques du colonialisme qu’il nous faut liquider. La troisième est que tant qu’ils lui opposeront la sourde oreille, nos Etats se fracasseront sur la question du respect des droits humains, et surtout sur celui du droit des minorités.
Mise à jour le Vendredi, 15 Juillet 2011 17:59

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