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Manières de voir

Franck Biya et Vanessa Tchatchou : deux figures, deux destins, deux Cameroun en guerre

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Même si spéculer sur la dette du Tiers-Monde est monnaie courante dans les marchés internationaux de capitaux, que le fils du dictateur camerounais gagne de l’argent sur la dette du Cameroun, synonyme de la souffrance d’un peuple, est semblable à une entreprise de pompes funèbres qui prospère parce que les morts augmentent dans le pays à cause de la mauvaise vie qu’inflige aux populations celui dont le fils fabrique et vend les cercueils.
Ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler l’affaire Franck Biya ne se limite pas seulement à une histoire de millions quoique cette dimension soit révélatrice de la crise civique, sociale et politique induite par la République de l’argent et l’esprit vénal installés et distillés insidieusement et durablement au Cameroun par le Renouveau National depuis 1982. Elargir le débat en dehors de la bataille des chiffres qui l’appauvrit analytiquement et ontologiquement donne une portée sociétale profonde à ce dossier. Une façon de le faire revient à lier l’affaire Franck Biya à l’affaire Vanessa Tchatchou afin de débusquer et de dévoiler la nature profonde du Renouveau National par l’analyse des réactions, des attitudes et des discours des institutions publiques et de certains membres du gouvernement par rapport à ces deux affaires.

Les délires obscènes de la contremaîtresse Calixte Beyala

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A défaut d’avoir pitié, il faut avoir la force morale, nous dit un dicton africain, d’avoir honte. Or manifestement, ni l’une ni l’autre de ces deux qualités humaines ne semble manifestement habiter la contremaîtresse franco-africaine de l’intrigue, la nommée Calixte Beyala, dont le dernier article «  Le procès de Laurent Gbagbo ou la chronique d’une mascarade annoncée »(1) offre tout le spectacle de la hideur d’âme déguisée en indignation moralisante. Que nous dit donc cette dame de scène dans sa dernière inspiration ? Que valent ses arguments ? Et surtout que s’évertuent-ils à cacher ? L’intention  plus ou moins affichée est de faire admettre une thèse fataliste visant à ratisser large dans les ressentiments des afro-Français que Madame Beyala veut attirer dans son nouveau canular dit du Mouvement des Africains Français. Le raisonnement de notre politicienne enhardie, malgré ses contorsions inavouées, est limpide à l’analyse : si le procès de Laurent Gbagbo est inutile car perdu d’avance par Gbagbo du fait du droit occidental du plus fort, alors il ne resterait plus qu’une seule issue aux résignés d’Afrique et d’ailleurs : rejoindre Madame Beyala dans son projet de s’implanter comme tête de proue dans la politique franco-africaine sur des bases communautaristes. Nous montrerons donc ici l’inanité de cette opération d’enfumage crypto-politique qui fait de la haine de l’Autre,
Mise à jour le Vendredi, 01 Mars 2013 12:24

Où est passé l’avenir du Cameroun ? Comment le penser de nouveau ?

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En prenant le temps politique et institutionnel comme repère d’identification de la structure démographique du Cameroun de façon à en faire une lecture politique sur base des régimes qu’a connus le pays, trois catégories de Camerounais peuplent grosso modo le triangle national en 2012 : ceux qui ne connaissent que le Renouveau National, ceux qui ont fait l’expérience successive du système-Ahidjo et du système-Biya, et ceux qui, ayant vécu le moment colonial, ont ensuite vécu les deux régimes postcoloniaux subséquents. Ces trois types de Camerounais se répartissent en deux catégories sociopolitiques : les « insiders » ayant toujours été dans les hautes sphères du pouvoir politique, et les « outsiders » qui, malgré leurs liens plus ou moins étroits avec l’administration camerounaise et ses services dans différents secteurs d’activités, n’ont jamais été parmi les acteurs, les familles et les réseaux performants de l’Etat-colonial et de ses succédanés postcoloniaux. Dès lors, se poser la question de savoir où est passé l’avenir du Cameroun et comment le penser est une problématique que l’on peut formuler de deux façons interdépendantes.
La première consiste à se pencher sur l’état des lieux du pays Cameroun, c'est-à-dire à poser un regard critique sur son évolution historique sous-régionale, africaine et mondiale : c’est un regard externe qui fait du contexte sous-régional, africain et mondial, le matériau via lequel on analyse l’objet Cameroun dans sa trajectoire comme Etat.

Mise à jour le Dimanche, 14 Octobre 2012 17:05

Réconcilier l’Afrique avec ses forces vives : tel est le prochain défi

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La conquête du progrès et du bien être du continent ne peut faire l’économie de l’implication d’acteurs africains

Aujourd’hui, l’Afrique ne participe que de manière très marginale aux grandes décisions régissant le fonctionnement du monde, même lorsque celles-ci impactent en premier lieu ce continent et ses habitants. Alors que l’abondance des ressources de son sol et de son sous-sol aurait dû lui assurer une prospérité et une position d’influence, ce continent semble au contraire éprouver les pires difficultés à en tirer profit. Cela conduit à ce paradoxe d’une majorité d’Africains durement frappée par la misère au milieu de richesses immenses. Peu de pays africains ont la capacité de résister à la moindre crise, qu’elle provienne de phénomènes naturels (inondation, criquets, sécheresse ...) ou d’exactions humaines parfois perpétrées par un groupe réduit d’assaillants déterminés (extrémisme religieux, activités mafieuses de tous genres : trafic d’armes et de drogues, piraterie maritime, contrebande transfrontalière …). Les richesses dont la nature a abondamment doté l’Afrique profitent pour l’essentiel à des acteurs extra continentaux, qu’ils soient occidentaux ou comme depuis peu originaires des pays émergents

Mise à jour le Mercredi, 01 Août 2012 09:11

Réflexion sur les scandales universitaires de l’ethnicisme camerounais.

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La publication récente d’une lettre de Monseigneur Tonye Bakot, Archevêque de Yaoundé et Grand Chancelier de l’Université catholique d’Afrique centrale replace au cœur du débat l’une des épines dorsales de la crise du vivre-ensemble au Cameroun : la question ethniciste. En celle-ci, j’ai vu depuis belle lurette l’une des sources vives du ravitaillement quotidien de l’obscurantisme et du dogmatisme à la camerounaise. Quelques polémiques désormais célèbres, m’ont du reste, en ces matières, opposé ces derniers mois aux prétentions des Mono Ndjana, Mouangué Kobila, Shanda Tonmé, entre autres, à nous priver du fond du débat sur l’ethnicismeRéflexion sur les scandales universitaires de l’ethnicisme camerounais.
Privés de citoyenneté par 60 ans de mascarades électorales et de bricolages politiciens, livrés à la misère rampante par 50 ans d’indépendance gérée par une élite anti-nationale, privés d’éducation, de santé et d’avenir par deux régimes violents et ivres de mensonges, les Camerounais se sont repliés dans leurs bantoustans ethniques, espérant y trouver l’ultime barrage contre la malemort et l’insignifiance sans vergogne qui les étreignent.

Mise à jour le Samedi, 04 Août 2012 19:02

Lettres ouvertes de M. Marafa Hamidou: un atout pour la conquête de la démocratie et la bonne gouvernance au Cameroun

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Croire le gouvernement camerounais et son président en mesure de mettre en œuvre une « opération épervier » respectueuse de l’intérêt du peuple et apte à rétablir la morale publique est une terrible erreur. Comment peut-on espérer du « chef bandit » qu’il neutralise ses acolytes au nom des principes moraux que lui-même a violé et continue de violer sans retenue ?

Comme dans les précédentes, la 4ème lettre ouverte [1] de M. Marafa Hamidou révèle faits extrêmement graves qui confirment s’il en était besoin, que les autorités camerounaises ont depuis longtemps atteint un niveau de corruption et de prévarication vertigineux.

La généralisation de l’insouciante et de l’impunité, conjuguée avec une kleptomanie et une vénalité systématiques à tous les niveaux de la fonction publique, y compris et surtout dans les plus hautes sphères de l’état, ne laisse aucune chance de développement au Cameroun. Cette 4ème lettre révèle notamment que :

- La Saa South African Airways en charge de l’entretien des 2 avions Boeing 737 et 747 appartenant à la défunte Camair, a corrompu des autorités du gouvernement

Mise à jour le Jeudi, 14 Juin 2012 08:26

L’étrange rhétorique des prisonniers d’élite de Paul Biya

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Une vingtaine de prisonniers « pour corruption »,  issus des plus hautes sphères de l’Etat camerounais et du régime Rdpc de Paul Biya  défraie la chronique nationale et internationale depuis la fin des années 90. Leur trajectoire ressemble curieusement au mystère inverse de la transformation de l’or en boue. Hier porte-flambeaux du système, ils en sont devenus aujourd’hui les porte-misère sans s’y attendre le moins du monde. Dans le vertige de cette descente aux enfers retors de la république, ces prisonniers, par intermittence, laissent échapper leurs états d’âmes.  Secrétaires Généraux de la Présidence de la République, Ministres d’Etat, ministres et secrétaires d’Etat, directeurs d’entreprises publiques et parapubliques, ils nous ont ainsi habitués à une littérature singulière. Je la nomme ici sous l’expression d’  « étrange rhétorique » pour cerner ce qui en elle, échappe tantôt au bon sens, tantôt aux normes de la rationalité politique moderne, tantôt encore aux attentes du peuple camerounais en termes de vérité et de justice.  De même, je nomme ces pensionnaires d’un genre spécial, « prisonniers d’élite de Paul Biya »,

Mise à jour le Lundi, 11 Juin 2012 06:32

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