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Manières de voir

Grand Dialogue national : ces recommandations qui ouvrent sans doute la boîte de Pandore

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Grand Dialogue national : ces recommandations qui ouvrent sans doute la boîte de Pandore
Plus de 4 jours après la fin du Grand Dialogue National, le texte des recommandations qui en sont issues n’est toujours pas disponible sur le site du maître d’œuvre, le Premier Ministère, ni sur celui du maître d’ouvrage, la Présidence de la République. Les Camerounais sont donc encore réduits à se contenter d’extraits publiés dans les grands médias, ou alors de versions apocryphes qui circulent sur tous genres de supports internet. Pour un événement qui a bénéficié d’une aussi grande puissance communicationnelle, ce compte rendu en mode mineur est pour le moins curieux. Le dialogue en lui-même était-il plus important que les conclusions que l’on en attendait ? Et parce que la crise anglophone, elle, au lendemain de ce grand rassemblement, est toujours là et nous interpelle plus que jamais, il nous faut bien retrouver ces recommandations et voir en quoi elles peuvent, appliquées, permettre de la résoudre. L’extrait de celles-ci, le plus lu et sans doute le plus commenté à ce jour, est tiré de la recommandation de la névralgique commission de la décentralisation,

Mise à jour le Dimanche, 24 Novembre 2019 09:58

Régner sans gouverner ou le pouvoir des zombies

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Régner sans gouverner ou le pouvoir des zombies
Lorsqu’en novembre 1982, Ahmadou Ahidjo démissionne de la Présidence de la République Unie du Cameroun et cède le siège à son successeur constitutionnel qui deviendra un peu plus tard le chantre du Renouveau, c’est avec enchantement que le peuple Camerounais, dans son immense majorité, accueille le nouvel élu. Du fait de l’impitoyable système répressif qu’il avait mis sur pied pour asseoir son pouvoir illégitime reçu de ses maîtres, Ahidjo était perçu, malgré ses relatifs succès dans la gestion économique du pays, comme un tyran sanguinaire dont le départ ne pouvait qu’être célébré avec allégresse. Malgré les quelques années de recul, on avait par exemple encore frais à l’esprit les iniques procès Ouandié-Ndongmo et la barbare exécution publique d’Ernest Ouandié et ses compagnons sur la place publique à Bafoussam le 15 janvier 1971. Contrairement à son prédécesseur, l’inventeur du Renouveau camerounais est un lettré qui présentait toutes les apparences d’un homme politique plutôt moderne, bien que sorti de l’École Nationale de la France d’Outre-Mer (ENFOM) de Paris, un moule dont la mission était de façonner les administrateurs des colonies.

Mise à jour le Mercredi, 09 Octobre 2019 09:27

Des ruses politiques au gangstérisme du pouvoir

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Des ruses politiques au gangstérisme du pouvoir
Avec la quasi désintégration politique du Cameroun, le marasme socio-économique ambiant et l’amoralité instituée, il est difficile, pour qui a connu le régime immédiatement postcolonial de ne pas faire de comparaison entre hier et aujourd’hui. Pendant près de vingt-cinq ans, de 1958 à 1982, le premier président de la République du Cameroun nous en fit voir de toutes les couleurs. Il avait institué un régime d’exception qui lui donnait, pour ainsi dire, droit de vie et de mort sur quiconque osait résister à la camisole de force qu’il avait taillée pour les quelques six millions de Camerounais de l’époque. Le régime était une féodalité, conforme à la vision de l’homme qui l’incarnait. Mongo Beti, encore lui, donne de celui qu’il appelle un « un innocent aux mains pleines » un portrait intellectuel qui peut expliquer l’essentiel de son comportement : « Une instruction un peu approfondie eût sans doute permis à notre homme d’éventer le piège qui allait le transformer en une machine à assassiner les meilleurs enfants du Cameroun. Sans être exactement ce qu’on

Mise à jour le Jeudi, 03 Octobre 2019 13:33

La tentation monarchique au Cameroun

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Dans son numéro du 17 février 2019, le magazine Jeune Afrique, hebdomadaire africain édité à Paris, a publié une information qui se murmurait depuis des lustres dans nombre de chaumières au Cameroun, à savoir la transmission de gré à gré, dans le cadre d’une coterie ethnique et familiale du pouvoir au sommet de l’État. Le tollé soulevé par cette « révélation » dans les médias d’État et ses nombreux affidés montre à quel point le dossier du journal de Béchir Ben Yahmed était pertinent et trahissait un secret qu’on croyait bien gardé.
À vrai dire, Jeune Afrique dévoilait une construction qui s’observe depuis belle lurette puisque les axes majeurs qui fondent la gouvernance du pays convergent presque exclusivement vers la préparation d’une passation monarchique de pouvoir comme cela s’est vu au Togo, au Gabon ou potentiellement en Guinée Équatoriale. Pour cette raison, les crédos démocratiques du régime ainsi que son adhésion du bout des lèvres à certaines conventions internationales sur les libertés individuelles et les libertés démocratiques n’engagent que ceux qui y croient.
Souvenons-nous

Mise à jour le Samedi, 08 Juin 2019 15:55

Ci-git le peuple camerounais? Manipulation débridée comme système de gouvernance.

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Ci-git le peuple camerounais? Manipulation débridée comme système de gouvernance.
Depuis l’élection présidentielle d‘octobre 2018 jusqu'à une date récente, on a eu l’impression de vivre dans notre pays une effervescence pouvant faire croire que le peuple camerounais s’organisait pour prendre son destin en main en dégageant la chape de plomb qui l’étouffe depuis des lustres. Mais aujourd’hui comme au lendemain de la chute du mur de Berlin dans les années ‘90 ou comme à la veille ou au lendemain d’une indépendance en trompe l’oeil en 1960, le sentiment qu’a l’observateur est celui d’une défaite virtuelle, si provisoire soit-elle. L’opposition politique autant que la société civile a du mal à se ressaisir. Elles semblent plutôt confirmer son évolution en rangs dispersés, certains acteurs guettant le moment opportun pour, comme de coutume, s’approcher de la mangeoire nationale. Rien d’étonnant. Le pouvoir a élaboré une imparable stratégie pour appâter quiconque ne chante pas sa chanson ou ne danse pas au rythme de sa musique. Et bien que dans certains cercles, on semble hébété par l’arrogance des thuriféraires du régime, il s’agit pourtant de recettes connues

Quelle école pour le Camerounais et l’Africain du XXIè siècle ? Sortir le système éducatif du ghetto

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On a tendance à l’oublier. De tous les secteurs sociaux, le domaine de l’éducation est sans doute celui qui devrait précéder tous les autres, et se situer bien avant celui de la santé par exemple. En effet, bien éduqué, un citoyen peut déjà mieux se mettre à l’abri de nombre de maladies grâce à l’hygiène et à la prévention. On peut d’ailleurs penser que même pour un État, l’éducation devrait être l’objet de toutes les attentions et mériter un investissement supérieur à toutes les autres dépenses y compris celles dites de souveraineté. N’est-il pas vrai qu’une armée composée de soldats bien formés est susceptible d’élaborer de meilleures stratégies de défense ? On peut en dire pareillement de la diplomatie ou des autres grands corps de l’État.
Une bonne gouvernance est certes affaire de morale et d’éthique mais aussi et surtout de compétence des acteurs. De manière plus banale, on peut affirmer sans risque de se tromper que le développement d’un pays est étroitement lié à la qualité du système éducatif de l’espace concerné. À quoi sert-il

Mise à jour le Vendredi, 15 Mars 2019 17:04

Existe-t-il une littérature camerounaise ? Un bricolage sans fin

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Existe-t-il une littérature camerounaise ? Un bricolage sans fin
Existe-t-il une littérature camerounaise ? Il s’agit là d’une interrogation récurrente puisqu’il me souvient avoir répondu à ce genre de questions plus d’une fois dans plusieurs journaux et magazines publiés au Cameroun dans les années 90. Et le simple fait que le problème soit aussi fréquemment soulevé signifie bien que l’existence d’une littérature dite camerounaise est loin d’être une évidence pour tous.
Nul ne peut nier que le Cameroun est le théâtre d’une intense activité littéraire. Pour nombre de critiques, ce sont Mongo Beti ou Eza Boto (Ville cruelle, 1954), Ferdinand Oyono (Le Vieux nègre et la médaille, 1956), Benjamin Matip (Afrique nous t’ignorons, 1956) qui inaugurent la naissance de cette littérature. Mais bien avant les romanciers, des recueils de poèmes comme ceux de Louis Marie Pouka ou des textes de diverses natures en langue boulou comme celui de Jean-Louis Njemba Medou (Nnanga kon, 1932), en écriture bamoun (shü-mom), en allemand et que sais-je encore, font partie des faits littéraires au Cameroun. Au lendemain de l’indépendance et suite aux mutations sociopolitiques, les Camerounais publient de

Mise à jour le Lundi, 23 Juillet 2018 08:53

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