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Manières de voir

Révolte/révolution : L’incontournable clarification

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Tout le monde ne vise pas la présidence. La plupart des vrais combattants veulent d'abord et avant tout un changement du cadre institutionnel.
Dans la conscience, les facultés qui sont touchées sont, au fond, l’intelligence et la volonté, c’est-à-dire la capacité de choisir en connaissance de cause.
En principe, avoir conscience c’est savoir si ce qu’on fait est bon ou mauvais. La conscience est donc un jugement.
Elle n’est cependant pas bien développée chez chaque homme : des hommes, de fait, souvent se laissent aveugler par leurs intérêts qui ne sont d’ailleurs pas toujours bien compris d’eux-mêmes. Ils en viennent alors, par leurs choix divers, à mettre en danger les autres, sans cesser de constituer une menace pour eux-mêmes, c’est-à-dire pour leurs propres intérêts bien compris.
À observer ces hommes, on s’avise de ce que l’intelligence multiplie la puissance, sans prodiguer la recette permettant d’en faire bon usage ; qu’on ne connaît pas les limites de l’intelligence, pas même celles de sa capacité de nuisance.  
À ces hommes capables de discerner le bien du mal,

Lettre ouverte à Jacques Fame Ndongo, mon frère

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Ce n’est pas sans pincement au cœur que je prends aujourd’hui la plume pour écrire à quelqu’un envers qui, pour avoir entretenu d’intenses et fructueuses relations professionnelles pendant de nombreuses années, j’éprouve pas mal de respect. Certes, c’est sur fond de suspicion que ma relation avec le collègue Jacques Fame Ndongo commença au début des années 1990. À l’époque, Célestin Monga et moi, avions organisé le retour au Cameroun de Mongo Beti dont l’exil n’avait que trop duré. Fame Ndongo, auteur d’une thèse sur l’œuvre de Mongo Beti mais aussi conseiller en communication du prince, se positionna du côté de ceux qui percevaient l’initiative comme un geste de sédition. Ce qu’il fit savoir dans une interview imaginaire qu’il publia dans le journal Le Patriote, attribuant à Mongo Beti une sévère critique de Mme Frances Cooke, alors ambassadrice des USA au Cameroun, soupçonnée de collusion avec les partis d’opposition. Plus tard, Mongo Beti fit la connaissance de l’ami Jacques Fame Ndongo lors d’une cérémonie organisèe par les Services Culturels de l’Ambassade du Canada à l’occasion de la sortie

Mise à jour le Lundi, 17 Août 2020 10:04

Le monde à l’épreuve de Coronavirus

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Ce qui répand la terreur, l’horreur et la mort à travers le monde, depuis un certain temps, est, afin que nul ne l’oublie, un agent infectieux tout à fait microscopique, mais dont la puissance destructrice nous rappelle non seulement notre extrême vulnérabilité et notre implacable mortalité, mais aussi la vanité de notre anthropocentrisme. Sous prétexte que Dieu nous a créés à son image et nous a, par conséquent, donné procuration dans l’ordre de la domination du monde[1], nous nous figurons qu’en nous autorisant à étendre notre règne même sur nos propres semblables, notre agir sera toujours conforme à la volonté de notre créateur. La volonté de Dieu est, croyons-nous, toujours dans ses actes lorsque nous régnons terriblement et exploitons cyniquement les autres, massacrons poulets, canards, dindes, chèvres, porcs, moutons, lapins, serpents, pangolins, bœufs, chauves-souris, etc., pour le contentement de nos insatiables appétits gastronomiques. À notre grande surprise, nous constatons que ce sont souvent des agents microscopiques infectieux appelés virus qui se déterminent habituellement à soumettre notre volonté de domination du monde à la sanction d’un doute

Mise à jour le Vendredi, 22 Mai 2020 10:50

Emmanuel Macron et son désir de puissance

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Le désir de puissance de Monsieur Emmanuel Macron ne se lit pas seulement à travers le fait qu’il aime à parler à la première personne du singulier. Ce fait qui est certes négligeable dans le contexte qui est le nôtre, celui de libéralisation tous azimuts du logos, est quand même préoccupant en soi : la situation autolâtrique du moi à travers la mise en inflation verbale de sa singularité dans une République est un précieux indicateur de son désir de puissance. Un tel désir est si hégémonique chez Monsieur Macron qu’il le motive à se montrer fort transgressif par rapport à toutes les convenances politiques et diplomatiques en vigueur dans les relations internationales. En avouant, avec toute l’arrogance de Jupiter, que c’est lui qui est le vecteur politique directeur du Cameroun et, par voie de conséquence, de toute l’Afrique francophone, Monsieur Macron qui a pourtant affirmé le 17 février 2017 à Alger que « la colonisation est un crime contre l’humanité », fait curieusement provision de la Françafrique. C’est à travers cette odieuse politique

Mise à jour le Jeudi, 21 Mai 2020 09:38

Que peut bien signifier l’assassinat d’un enseignant par un sicaire au lycée de Nkolbisson de Yaoundé ?

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Celte interrogation n’est pas seulement subordonnée à la quête du sens de ce genre d'horreur qu’on peut certes imaginer aisément dans l’univers zoologique, mais qui est d’autant plus révoltant qu’il se produit dans un cadre régi par ces normes publiques de référence qui font toute la différence : si l’humain s’affirme comme distinct du zoologique, c’est non seulement parce qu’il est encadré par des artifices qu’il s’est librement imposé, mais aussi compte tenu du fait qu’il peut s’émouvoir et s’indigner de la mise à mort symbolique ou réelle de son semblable, de son aînée ou de son maître. Pour nous, ce qui s’est malheureusement produit au lycée de Nkolbisson de Yaoundé relève d’une double tragédie
1- l’humanité d’un homme a été sauvagement niée par un sicaire ;
2-Cet homme était un maitre du savoir brutalement arraché à la vie et définitivement soustrait à sa très noble activité professionnelle (c’était un ECI, c’est-à-dire un Enseignant en Cours de Recrutement) par l’un de ses élèves au moyen d’un poignard, un instrument aussi grossier que cruel.
L’instrumentalisation d’un poignard

Grand Dialogue national : ces recommandations qui ouvrent sans doute la boîte de Pandore

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Grand Dialogue national : ces recommandations qui ouvrent sans doute la boîte de Pandore
Plus de 4 jours après la fin du Grand Dialogue National, le texte des recommandations qui en sont issues n’est toujours pas disponible sur le site du maître d’œuvre, le Premier Ministère, ni sur celui du maître d’ouvrage, la Présidence de la République. Les Camerounais sont donc encore réduits à se contenter d’extraits publiés dans les grands médias, ou alors de versions apocryphes qui circulent sur tous genres de supports internet. Pour un événement qui a bénéficié d’une aussi grande puissance communicationnelle, ce compte rendu en mode mineur est pour le moins curieux. Le dialogue en lui-même était-il plus important que les conclusions que l’on en attendait ? Et parce que la crise anglophone, elle, au lendemain de ce grand rassemblement, est toujours là et nous interpelle plus que jamais, il nous faut bien retrouver ces recommandations et voir en quoi elles peuvent, appliquées, permettre de la résoudre. L’extrait de celles-ci, le plus lu et sans doute le plus commenté à ce jour, est tiré de la recommandation de la névralgique commission de la décentralisation,

Mise à jour le Dimanche, 24 Novembre 2019 09:58

Régner sans gouverner ou le pouvoir des zombies

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Régner sans gouverner ou le pouvoir des zombies
Lorsqu’en novembre 1982, Ahmadou Ahidjo démissionne de la Présidence de la République Unie du Cameroun et cède le siège à son successeur constitutionnel qui deviendra un peu plus tard le chantre du Renouveau, c’est avec enchantement que le peuple Camerounais, dans son immense majorité, accueille le nouvel élu. Du fait de l’impitoyable système répressif qu’il avait mis sur pied pour asseoir son pouvoir illégitime reçu de ses maîtres, Ahidjo était perçu, malgré ses relatifs succès dans la gestion économique du pays, comme un tyran sanguinaire dont le départ ne pouvait qu’être célébré avec allégresse. Malgré les quelques années de recul, on avait par exemple encore frais à l’esprit les iniques procès Ouandié-Ndongmo et la barbare exécution publique d’Ernest Ouandié et ses compagnons sur la place publique à Bafoussam le 15 janvier 1971. Contrairement à son prédécesseur, l’inventeur du Renouveau camerounais est un lettré qui présentait toutes les apparences d’un homme politique plutôt moderne, bien que sorti de l’École Nationale de la France d’Outre-Mer (ENFOM) de Paris, un moule dont la mission était de façonner les administrateurs des colonies.

Mise à jour le Mercredi, 09 Octobre 2019 09:27

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