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Université des Montagnes: l'Enfer du décor - Témoignage: AED-UdM, travestissements des faits et inversion des rôles, par Innocent Futcha

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Index de l'article
Université des Montagnes: l'Enfer du décor
Remise des diplomes à l’UdM : L’arbre qui cache la forêt,par Etienne Lantier
Un temple de savoirs et de...convoitises, par Olivier Ndenkop et Ikemefuna Oliseh
L'impératif d'un aggiornamento, par O.A.N et I.O
UdM, une vache à lait, par Ikemefuna Oliseh
Professeur Jeanne Ngogang: l'Amère de l'UdM, par Maheu
Quand un temple scientifique devient un sujet de littérature, par Olivier A. Ndenkop
Témoignage: AED-UdM, travestissements des faits et inversion des rôles, par Innocent Futcha
Chronique d'une déconfiture annoncée, par Jean-Blaise Samou
Pour solde de tout compte : Ambroise kom, l’intellectuel indocile, par Gérard Keubeung
L'UdM et la fin de l'utopie, par Alexis Tcheuyap
UdM : du site captatoire d’un rêve au lieu de surexposition d’un cauchemar, par Hervé Tchumkam
Interview : Les dirigeants sont dépourvus d'ascèse et ont du mal à s'élever au-dessus des besoins primaires, Professeur Ambroise Kom
''Certains ont toujours pensé qu'ils étaient indispensables, irremplaçables, incontournables, qu'en leur absence tout irait mal'', par Henri Njomgang; président de l'AED
Lettre de Shanda Tomne à l'hebdomadaire Jeune Afrique
Au-delà de la faillite morale, imaginer l'architecture du futur, par Cilas Kemejo
Refaire ou ajuster l’université africaine ?, par Jean-Marc Ela
Lettre ouverte au Président de l’AED, par Professeur Jean – Baptiste Fotso Djemo
Toutes les pages

Témoignage: AED-UdM, travestissements des faits et inversion des rôles, par Innocent Futcha
Il y a quelques mois, j’avais publié un témoignage essentiellement factuel sur la crise à l’Université des Montagnes (UdM) [http://www.icicemac.com/actualite/affaire-universite-des-montagnes-ou-l-utopie-en-questionun-des-fondateurs-denonce-les-magouilles-20232-38-1.html#.WWp0s4qQyuU], après avoir vainement tenté, à maintes reprises, de « laver le linge sale en famille ». Ce faisant, je répondais à l’appel de ma conscience qui m’imposait alors le devoir de me prononcer en tant que membre fondateur de ce grand projet, sur la tentative d’assassinat moral du Pr Ambroise Kom à coups d’affabulations et de mensonges éhontés. Ces affabulations et ces mensonges n’ayant pas produit l’effet escompté, c’est-à-dire le discrédit du Pr Kom, les responsables actuels de l’Association pour l’Education et le Développement (AED) ont changé de discours. Ils ont organisé au mois d’avril 2017, une visite de presse qui a donné lieu à la publication dans les média de contre-vérités [Le Messager n° 4804 du 17 avril 2017, pp. 6-7] tellement grossières qu’en les lisant je me suis à nouveau senti interpellé. Il m’est alors venu d’instinct à l’esprit cette affirmation frappante du Pape François dans son livre Le Nom de Dieu est Miséricorde, (Paris, Robert Laffont, Presses de La Renaissance, 2016, p.49) : « La honte est une grâce à demander, c’est un facteur positif parce qu’elle nous rend humbles ».
En effet, seule la perte du sens de la honte, de l’honneur et de la dignité a pu amener des personnes respectables comme les dirigeants actuels de l’AED et de l’UdM à se comporter comme si la multiplication à l’infini des calomnies et des mensonges peut finir par produire la vérité. En réfléchissant sur leurs outrances dans les médias, il m’est apparu clairement que l’appât aveuglant du gain facile et un orgueil démesuré les ont conduits à ce qui m’apparaît aujourd’hui, comme la cause profonde de la crise en cours : l’inversion éhontée des rôles assignés à l’AED et à l’UdM couplée au travestissement des faits.
L’AED et l’UdM, faut-il le souligner, ont été conçues, pensées et mises sur pied par les mêmes personnes regroupées au sein du Collectif Changer Le Cameroun (C3), chacune d’elle ayant un rôle clairement défini à jouer. Le projet initial qui a mobilisé les énergies au sein du C3, c’est l’UdM. L’idée de l’AED comme association à but non lucratif de la société civile camerounaise est née lorsqu’après mûre réflexion au cours d’une retraite à Bana, le C3 a décidé de faire de l’UdM un projet collectif plutôt que la propriété d’un petit groupe d’actionnaires. C’est dire que l’AED a été créée, après-coup, pour porter l’UdM comme des bienfaiteurs soutiennent un projet d’intérêt général. La source principale de tous les maux qui minent aujourd’hui l’UdM, c’est la transformation de l’AED en une association portée par l’UdM, la déformation des faits servant de soubassement à cette entreprise égotiste. Quelques exemples éloquents suffisent pour le prouver.

La présence au sein du Conseil d’Orientation de l’AED d’un ancien employé licencié pour malversations
Le Conseil d’Orientation (CO) de l’AED qui joue le rôle de Conseil d’administration de l’UdM compte parmi ses membres un ancien employé renvoyé pour malversations avérées à l’époque où le Pr Ambroise Kom siégeait dans le directoire de l’Institution. Quand on sait que les élections au CO se font au scrutin de liste, il est aisé de comprendre que cet ancien employé jouit du soutien des responsables haut placés dont il bénéficiait sans doute de la protection dans ses exactions. Cela est d’autant plus plausible que cette personne, loin de faire profil bas, par décence, comme on aurait pu s’y attendre, est de ceux qui sont montés sur leurs grands chevaux au cours de l’Assemblée Générale du 17 décembre 2015 pour réclamer l’exclusion définitive du Pr Kom de l’AED. C’est d’ailleurs ce spectacle odieux, reflet nauséeux d’un monde à l’envers, qui m’a amené à sortir de ma réserve pour décrier l’imposture, car il y a des circonstances dans la vie où se taire est un crime impardonnable.
Si la présence au conseil d’orientation de l’AED de cet ancien employé me semble digne d’intérêt, ce n’est pas à cause de sa personne. C’est parce que cette présence m’apparait clairement comme le symbole de l’existence au sein de l’AED et singulièrement de son bureau exécutif d’une véritable éthique de l’appropriation égoïste de l’UdM. En effet, même si les termes « éthique » et « morale » sont synonymes dans l’usage courant, il convient de se rappeler que l’éthique est avant tout, comme le rappelle opportunément Jean Mbarga dans son livre Valeurs Humaines Valeurs Morales (Yaoundé, groupe éthique, 2002 p.7) « une théorie raisonnée du bien et du mal ». Or, il est bien connu que le mal n’apparait jamais à ceux qui le commettent sous ses vraies couleurs mais plutôt sous celles du « bien » ou des biens immédiats qu’ils en tirent individuellement ou collectivement. Dans ce sens, un acte ou un comportement répréhensible peut bien obéir à une éthique de circonstance.  

L’ingérence des membres du Bureau Exécutif de l’AED dans la gestion quotidienne de l’UdM
Parmi les conditions à remplir pour l’obtention du crédit de l’Agence Française de Développement (AFD) figure en bonne place la séparation nette des responsabilités entre les dirigeants de l’AED chargés de superviser les activités de l’UdM et les dirigeants de l’UdM à qui incombe la gestion au jour le jour de l’Institution. Curieusement, les membres du bureau de l’AED, à l’heure qu’il est, s’investissent dans la gestion quotidienne de l’UdM comme si tel était leur rôle. « Tu es mon grand frère mais je suis ton patron » déclare le président de l’AED au président de l’UdM dans le bureau de ce dernier, en ma présence. Et ce n’est pas une boutade.
Dans les faits, les membres du bureau de l’AED considèrent l’UdM comme leur épicerie ou leur quincaillerie. Aussi ne se privent-ils pas pour intervenir dans l’administration quotidienne comme dans les grandes décisions.
Le président de l’AED signe des notes de service fixant ou rappelant les heures de travail et les périodes d’interruption des cours. Il décide, tout seul, d’instruire le premier Vice-Président de l’UdM d’arrêter ses activités au sein de l’Institution alors que la sanction arrêtée par le Conseil d’Orientation de l’AED à son encontre ne concerne que ses activités au sein de l’Association.
Lorsqu’à la fin du mois d’août 2016, je constate que mon salaire d’enseignant a été suspendu alors que j’étais en train de corriger des copies, je me tourne vers le président de l’UdM pour m’enquérir, par téléphone, de ce qui se passe. Il m’apprend alors qu’il n’a été qu’un ampliataire de la décision de l’AED m’excluant et de cette association et du personnel de l’UdM. Les motifs de cette exclusion dont je n’ai jamais reçu notification officielle, sont autant d’illustrations éloquentes du genre d’extravagances démentielles auxquelles peuvent conduire la rage d’écraser sur son passage tout obstacle sur le chemin menant vers un butin convoité : je suis accusé, entre autres motifs tout aussi fallacieux, d’avoir divulgué les documents d’une association, d’avoir organisé des grèves à l’UdM, d’avoir porté plainte contre l’AED et tenté d’obtenir la fermeture de ses comptes… Je crois rêver. C’est pourtant la triste et pitoyable réalité. Le stalinisme n’est pas loin si on n’y est pas déjà !
Au cours du même entretien téléphonique que j’ai eu avec le président de l’UdM au sujet de mon exclusion, ce dernier me confesse qu’il est en train d’insister auprès de l’AED pour que la modification alors en cours de l’organigramme de l’institution prenne en compte la nécessité pour celle-ci de jouir d’une autonomie financière suffisante pour son fonctionnement harmonieux. De toute évidence, il n’a pas été entendu puisque la gestion financière de l’UdM, depuis les commandes jusqu’au règlement des factures pour les transactions jugées importantes par l’AED se trouve entièrement sous son contrôle sans que les résultats obtenus puisse le justifier.
En effet, lorsqu’une voiture neuve devient inutilisable quelques mois après livraison par manque de pièces de rechange, on peut s’interroger sur la pertinence des critères ayant justifié son acquisition.
De même, lorsque l’urgence d’acquérir des équipements pédagogiques est avérée ; lorsqu’une avance d’une trentaine de millions de francs CFA est versée à un fournisseur coopté et que deux ans plus tard personne ne parle de ces équipements, on peut se poser des questions sur ce qu’est devenue la transaction.
Il n’est pas superflu de relever ici que l’une des premières décisions arbitraires prises par le président de l’AED dès son entrée en fonction avait été d’enlever au premier président de l’UdM, le Pr Kom, jugé sans doute trop inquisiteur, le pouvoir de signer sur les comptes de l’UdM, pour le confier à la vice –présidente. Le Bureau Exécutif dont j’étais membre n’avait jamais eu à débattre de la question.

Les membres du bureau de l’AED émargent au budget de l’UdM
Quand les membres du bureau de l’AED, presque tous des universitaires occupaient des postes de responsabilités à l’UdM, ils étaient payés, à juste titre, comme personnel de l’Institution puisqu’ils lui rendaient des services conséquents. Aujourd’hui, avec la séparation des pouvoirs, les membres du bureau de l’AED perçoivent des émoluments uniquement pour leur qualité de membre du bureau de cette association. Renversant ! Même les membres ordinaires se voient payer, souvent à leur grand étonnement, de généreux perdiems quand ils participent aux assemblées générales, aux diverses commissions. Maudit soit qui pense que le fonctionnement de UdM peut se distinguer de celle de la Fonction publique du pays ! La dernière assemblée générale à laquelle j’ai été invité ne s’est pas tenue, les documents à étudier n’étant pas disponibles. Néanmoins, les membres présents ont eu droit à leurs perdiems.

Des bus achetés avec les fonds de l’UdM utilisés ostensiblement comme panneaux publicitaires par l’AED, pour l’AED
Tous ceux qui ont vu les bus achetés par l’équipe à la tête de l’AED ont dû être frappés par l’inscription en gros caractères AED-UdM. Il convient de relever tout de suite qu’il ne s’agit nullement d’un don de cette association à l’institution qu’elle est censée parrainer, mais bel et bien d’équipements acquis grâce aux fonds générés par cette dernière. Leur utilisation à des fins publicitaires par l’AED pour l’AED révèle à quel point les personnes concernées sont essentiellement mues dans leurs agissements, par le désir effréné de promouvoir d’abord leurs intérêts en commençant par leurs egos. Des universités comme Harvard, MIT, aujourd’hui références mondialement connues, sont portées par des promoteurs dont personne n’a jamais entendu parler. L’AED a même étrenné le premier des bus dont il est question ici par un tour de ville à Bangangté, l’arrosant de champagne, pour bien montrer le « trophée de guerre » à tout le peuple. Incroyable mais malheureusement vrai ! Il n’y a pas meilleure preuve de la mise de l’UdM au service de l’AED. Les exemples de l’appropriation de l’une par l’autre sont nombreux et variés. En les observant, il me vient d’instinct à l’esprit cette déclaration de Steve Jobs, le célèbre inventeur de Apple : « People who actually do things are people who thought about them first. Thinkers are doers. ». Oui, la pensée doit nécessairement précéder l’action. Le malheur de l’UdM aujourd’hui vient de ce qu’aucune place n’est plus accordée à la réflexion stratégique, le ventre primant sur toutes autres considérations.
C’est face aux nombreuses dérives inacceptables constatées quand il participait à la gestion de l’UdM que le Pr Kom a écrit, à l’intention de quelques personnalités dont il a sollicité la médiation, un texte sur ce qu’il a appelé l’Institutionnalisation, c’est-à-dire la formulation de règles de fonctionnement à respecter par tous, en vue d’asseoir l’institution sur des bases solides avant de passer la main à la jeune génération. Ce document a été lu devant les membres du bureau de l’AED avant d’être envoyé à leurs destinataires. C’est pourtant son auteur qui est accusé dans les média de vouloir faire main basse sur l’UdM et d’avoir « pris des libertés avec le code éthique de l’Institution » comme l’écrit Alan Njipou dans Le Messager n° 4804 et comme l’affirme la Vice-Présidente de l’UdM dans une émission de télévision à Vox Africa en mai 2017.
Je le réaffirme et le souligne avec force. Le Pr Ambroise Kom n’a enfreint aucun code éthique connu. Il s’est employé, pendant qu’il faisait partie de l’équipe dirigeante de l’UdM, à détruire impitoyablement l’éthique de l’appropriation égoïste et à mettre sur pied des règles de fonctionnement susceptibles de conduire l’UdM vers l’excellence. Il lui est reproché d’avoir mis des effets personnels dans un container de l’UdM. Une véritable aberration. Cela s’est passé, à ciel ouvert, il y a six ou sept ans alors que le Pr Kom vivait et travaillait aux USA, avec l’accord des dirigeants en poste à l’UdM. Cet accord avait été donné d’autant plus facilement que ces dirigeants eux-mêmes se livraient aux mêmes pratiques, lesquelles d’ailleurs n’étaient pas condamnables puisqu’elles n’étaient possibles que quand il y avait de la place dans les containers de la diaspora camerounaise de Saint-Etienne (France).
Contrairement à ce qu’a affirmé l’actuel Vice-Président de l’AED, personne d’autre, en dehors du Pr Kom, n’a jamais été sanctionné pour avoir mis ses effets personnels dans les containers de l’UdM. Le prétexte a donc été utilisé pour ternir l’image d’un gêneur. Et si l’on est allé chercher dans les archives c’est bien parce qu’on ne pouvait trouver aucune autre faute à imputer au Pr Kom. Dans ce cas, il fallait utiliser ce prétexte au maximum. Ainsi donc, bien que la sanction officielle ne concerne pas les fonctions du Pr Kom à l’UdM, le Président de l’AED prend sur lui de l’étendre à cette extrémité pour une durée d’un an. Avant la fin de l’année de suspension, le poste du Pr Kom est supprimé de l’organigramme et son exclusion définitive de l’AED prononcé de la manière la plus arbitraire.
Le gêneur ainsi éliminé pour satisfaire des egos hypertrophiés et remplir des poches pourtant déjà bien pleines, se trouve malheureusement être le moteur de la construction de l’UdM, l’âme de ce projet, considéré à juste titre, comme une immense contribution patriotique à l’offre de formation dans notre pays.

Il ne s’agit nullement ici de flagornerie, mais d’une simple reconnaissance de la réalité.
- Du fait de sa connaissance de l’environnement nord-américain où la société civile joue un rôle de premier plan en particulier dans la réalisation des projets d’intérêt général, le Pr Kom est le mieux imprégné de la philosophie ayant inspiré l’UdM d’où ses nombreuses contributions pour la vulgariser urbi et orbi.
-le financement de plus de 5 milliards de francs CFA de l’AFD, celui de plusieurs dizaines de milliers de dollars US obtenu après admission de l’UdM au sein des institutions universitaires qui mettent en pratique le concept « One Health » sont les fruits des démarches du Pr Kom auprès de ses nombreuses relations internationales et en collaboration avec la diaspora camerounaise.
-la réflexion stratégique permanente pour trouver des solutions aux nombreuses difficultés auxquelles une institution comme l’UdM peut être confrontée était animée par le Pr Kom.
-l’engagement du Pr Kom pour la cause de l’UdM était tel qu’il avait cessé toutes ses autres activités pour s’installer dans son Bayangam natal d’où il partait tous les matins pour se consacrer entièrement et exclusivement à cette institution.
L’UdM est, assurément, un projet collectif, une brillante illustration de la parabole des talents dans la bible. Un moteur ou un cœur ne saurait fonctionner tout seul. Il n’est nullement question pour moi de sous-estimer le rôle des uns et des autres. Dans un projet collectif, chacun joue son rôle à sa place. Le malheur vient de ce que, par pur égoïsme, les responsables actuels de l’AED croient avoir la science infuse. Même dans le domaine purement universitaire où ils n’ont aucune compétence, ils croient pouvoir s’imposer.
Comment comprendre que les dispositions stratégiques prises par le Pr Kom pour remédier à la baisse des effectifs dans les filières médicales du fait du numérus clausus aient été abandonnées ? Comment comprendre que les études africaines puissent être organisées dans une université dont le Pr Kom est l’un des fondateurs, une université dont la naissance a été formellement envisagée dans son salon, au cours d’une réunion convoquée par ses soins pour en parler, comment comprendre que les études africaines, domaine où il est l’une des sommités dans le monde universitaire des africanistes, comment comprendre que les études africaines puissent être organisées à l’UdM sans son concours pour des balivernes qu’une coterie veut faire passer pour la vérité ?
Qui peut imaginer qu’une filière entière soit privée d’enseignements uniquement parce que l’enseignant concerné, par ailleurs président d’une association bienfaitrice de l’UdM, a critiqué les dérives de l’AED ? Qui peut comprendre que l’UdM se soit passé des services de M. Hervé Mogto, une référence dans le domaine de la kinésithérapie, à la demande de l’AED, pour son regard critique sur le fonctionnement de cette association ? Créée, équipée et animée pédagogiquement par Hervé Mogto qui y associait nombre de ses confrères kinésithérapeutes de France, la filière kinésithérapie à l’UdM se meurt si elle n’est pas déjà enterrée. Pendant ce temps de nouvelles filières sans lendemain se créent…Faut-il croire qu’à l’UdM, la recherche de l’excellence rime désormais avec bricolage ?
Au sein du C3, l’UdM avait été pensée pour représenter la preuve de la capacité des Africains à prendre leur destin en main. De fait, pendant quelques années, le projet a valu à ses promoteurs les sincères félicitations et l’admiration des observateurs les plus sévères.
Aujourd’hui, face à nos niaiseries, même certains de nos partenaires étrangers les plus admiratifs s’interrogent sur notre aptitude à dépasser nos égoïsmes pour « faire foule » comme disait le poète Césaire et construire ensemble quelque chose de durable. Ils n’hésitent pas à parler ouvertement de nous comme des êtres à part.
Certes, « il n’y a rien de nouveau sous le soleil » et je ne doute pas un seul instant que la nature humaine est la même sous tous les cieux, capable de grandeur et des bassesses les plus humiliantes. Mais tout de même, les acteurs du mélodrame en cours à Bangangté appartiennent à l’élite intellectuelle de notre pays. Pour cette raison, ils savent que la pensée doit précéder l’action qui ne saurait se contenter d’être mimétique.
Une rumeur persistante fait état d’une propension au sein de l’AED/UdM à accorder des prérogatives aux ressortissants du Ndé au motif que l’UdM est sur le territoire de ce département. L’exemple le plus cité, c’est la présidence de l’UdM où tout le personnel, en dehors du président, serait originaire du Ndé. Si cela était vrai, il faudrait étouffer ce penchant avant qu’il ne se développe car un tel comportement serait suicidaire. L’intérêt du Ndé, de toute évidence, est avant tout dans une UdM prospère attirant de nombreux étudiants et travailleurs sur son territoire. Si, par hasard, les promoteurs de cette prospérité sont originaires du Ndé, pourquoi pas ? Mais l’appartenance à un groupe quel qu’il soit ne saurait être un critère de sélection dans une institution dont la devise est « Toujours Rechercher l’Excellence ».  
Les conséquences désastreuses du comportement totalement irresponsable des dirigeants de l’AED sont désormais visibles et palpables. Mes yeux s’emplissent de larmes quand je pense au désastre qui se dessine. Les personnes concernées doivent faire amende honorable. Ce ne serait pas s’abaisser, mais au contraire faire preuve de lucidité et de grandeur. Un changement radical d’attitude et de comportement s’impose. S’il en est autrement, le jugement de tous nos observateurs au Cameroun et à travers le monde sera impitoyable. L’histoire sera sévère.
Innocent Futcha.