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Arts et Spectacles Paul Biya, La malédiction du 6 novembre 1982

Paul Biya, La malédiction du 6 novembre 1982

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Index de l'article
Paul Biya, La malédiction du 6 novembre 1982
La Grande désillusion
Paul Biya : L'obsession de l'éternité
Signes prémonitoires d'une fin de règne tumultueuse annoncée
Signes prémonitoires d'une fin de règne tumultueuse annoncée
Signes prémonitoires d'une fin de règne tumultueuse annoncée
Paul Biya et la malédiction aujouliste
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Vanitas vanitatum...
Vanité des vanités, tout est vanité, dit Ecclésiaste. ‘’L’homme ! Ses jours sont comme l’herbe, comme la fleur des champs il suffit qu’un souffle passe; Sur lui,  il n’est plus, jamais plus ne le connaitra sa place.’’  Cette sagesse, tirée des psaumes 103 montre la vanité de toute chose.
Au milieu du XVIIe siècle, Louis XV affirmait péremptoire : « En ma personne seule réside la puissance souveraine. À moi seul appartient tout le pouvoir législatif sans dépense ni partage. L’ordre public tout entier émane de moi et les droits et les intérêts de la Nation sont nécessairement unis avec les miens et ne reposent qu’en mes mains. » Toutefois, la dictature monarchique a ouvert la voie à la Révolution bourgeoise de 1791. La France est ainsi passée d’une extrémité à une autre, de l’absolutisme royal à l’intolérance bourgeoise qui a effacé l’ordre de la noblesse en assassinant le roi. La Révolution bourgeoise ira de pair avec l’instabilité constitutionnelle. De 1791 à 1795, trois constitutions sont rédigées en France.
La situation du Cameroun est préoccupante. Une bourgeoisie a émergé avec les moyens de l’État et la complicité des relais néocoloniaux, au-dessus d’une classe moyenne naissante et végétative. Les ressources naturelles du pays ont été soit bradées, soit inexploitées. La constitution, constamment malaxée, est taillée sur mesure. L’insécurité est grandissante. L’État ne protège plus, fait semblant d’éduquer, ne respecte plus les citoyens, bafoue les normes et les droits humains les plus élémentaires. La corruption prospère à la tous les étages de l’échelle sociale. Les citoyens manquent de repères. Un tel État n’est-il pas appelé à disparaître ? N’est-il pas pur fétichisme que de continuer à le vénérer?
À l’évidence, Paul Biya, depuis son accession à la Mangeoire suprême n’a cessé de tromper et d’abuser de la crédulité des citoyens camerounais. L’idée qu’il se fait du peuple est restée la même depuis 1982, date de son accession au pouvoir: un magma informe et menaçant que seul le charisme du chef a vocation à dompter. Il faut à cette masse indifférenciée, comme jadis à la plèbe romaine, en plus du pain et des jeux, les multinationales de Dieu, l’alcool, le sexe et le sang des innocents. Son éthique ne semble pas être différente de celle du tiroir-caisse.
Une chose est certaine, toutes les belles choses ont une fin. Arrivé au pouvoir comme chantre du Renouveau, Paul Biya n’a fait qu’enfoncer le Cameroun dans l’abîme 35 ans durant.. Il aura une fin comme d’autres hommes d’État et autres hommes politiques avant lui. Pourvu que celle-ci ne soit pas identique à celle qu’ont connue Omar Bongo Ondimba, Mobutu Seseko, Saddam Hussein, Gnassingbé Eyadema, etc.
 Source: Germinal n°112, du 6 novembre 2017.