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Index de l'article
Les dossiers noirs de la République
Jean Fils Kleber Ntamack détermine l'indéterminé
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Jean Fils Kleber Ntamack détermine l'indéterminé
L’assassinat de Mgr Jean Marie Benoit Bala n’a laissé aucune âme sensible indifférente. Les grossières tentatives de maquillage de cet assassinat par la simulation d’une noyade n’ont pas convaincu grand monde. Le certificat du genre de mort délivré par l’hopital général de Yaoundé indique clairement que la cause de sa mort est «non déterminée». L'homélie de Mgr. Akonga Essomba est venue révéler habilement l’implication des faux membres de l’Eglise, de certains faux bienfaiteurs de l’Eglise, proches de Paul [Biya]. Il est certain que cet assassinat ne restera pas impuni. Vade retro satana
Que viendra encore nous dire Jean fils Kleber Ntamack, procureur général de la République près la Cour d’appel du Centre à Yaoundé, qui avait, le 4 juillet 2017, rendu public un communiqué dans lequel il indiquait « que la noyade est la cause probable du décès de l’évêque », quand il aura pris connaissance du contenu du certificat de genre de mort de l’évêque délivré par l’hôpital général de Yaoundé et sur lequel il est clairement indiqué que la cause de la mort de Mgr Jean-Marie Benoit Bala est « non déterminée » ? Surement qu’il fera profil bas, à défaut de publier un autre communiqué dans lequel il indiquera que « la cause probable non déterminée de la mort de l’évêque est la noyade». Pan!!!
En tout cas, que Jean Fils Kleber Ntamack fasse ou non profil bas, la communauté des chrétiens catholiques du Cameroun sait que leur Berger a été lâchement assassiné. Mgr Kleda l’a dit et redit. Mgr Akonga Essomba l’a re-précisé dans une homélie-réquisitoire qui restera gravée dans la mémoire des brebis, homélie dans lequel l’officiant du jour a indiqué des pistes permettant d’identifier les assassins. Selon l’orateur « notre évêque a été assassiné. […] Jean Marie savait nager ! » Et de poursuivre : « Notre église est livrée aux forces des ténèbres d’une part et par les suppôts de Satan. D’autres parts par certains faux membres de cette église. […] Je disais certains faux membres de cette église, innombrables bienfaiteurs et sympathisants qui veulent détruire de l’intérieur. […] Nous avons beaucoup de faux frères. »’ Avant de s’interroger: « Qui tue les prêtres de ce pays […] Je m’adresse à ceux-là qui tapis dans l’ombre veulent toujours faire du mal. En quoi l’Église catholique vous gêne-t-elle ? »’ Et de conclure, « L’ange de Satan qui était chargé de souffleter Paul a aujourd’hui des suppôts tapis dans l’ombre qui ne pourront rien contre ceux que le Seigneur a choisis et envoyés […] La sale besogne se fait de nuit. »
Cette allusion à Paul est hautement significative. À chacun d’adjoindre à ce prénom un nom et tout sera clair comme l’eau de roche.
Humanisme et misérabilisme, voilà l’état d’esprit qui traverse  notre subconscient au moment où à la suite d’autres confrères, nous nous invitons à ce débat sur la mort suspecte de Mgr Bala, en soumettant à nos lecteurs si nombreux, ces quelques réflexions après l’entrée dans le monde invisible du Prince de l’Église, Mgr Bala, le 3 août 2017.
Pour peu qu’on soit un peu honnête et humaniste, un Camerounais saint d’esprit ne peut que laisser couler des gouttes de larmes face à la tragédie que constitue la disparition dans des conditions atroces, encore non élucidées, du regretté prélat de l’Église catholique, Son Excellence Mgr Jean-Marie Benoit Bala, évêque de Bafia.
Comment ne pas aussi parler de misérabilisme lorsqu’on assiste à toute cette machinerie de bizarreries manipulatoires camerounaises autour du décès de l’évêque ? Une attitude qui a atteint son comble avec la publication d’un communiqué ridicule et subversif, en tout point de vue, signé du procureur général, Jean Fils Ntamack dont on a du mal à croire qu’il soit l’inspirateur philosophique de la rédaction de ce document nauséeux. Tout comme cette mansuétude ostentatoire au profit des populations d’Ebebda venues secourir spontanément l’Eglise pour l’aider à retrouver la dépouille mortuaire de son évêque, alors même qu’elles n’en demandaient rien, même s’il fallait chercher le corps de leur évêque pendant une décennie.
On peut également parler de misérabilisme quand on observe le comportement indécent de quelques confrères, heureusement peu nombreux, champions avérés de la course aux prébendes et au gombo, lesquels sans dialectique, sans recul critique et sans le moindre frisson par rapport au sacré, acceptent de faire le sale boulot au bénéfice certainement de quelques scélérats ayant intérêt à obstruer la manifestation de la vérité dans cette affaire qui selon toute vraisemblance est loin d’être terminée. Ces plumitifs de commande, dans une extrême débilité, dépourvus de consistance et de moyens dialectiques, ont tenté de substituer subtilement, mais en vain, le débat sur les circonstances, les causes et les auteurs de l’acte barbare décrié, au sentier battu de la dénonciation parfois calomnieuse, un catalogue d’inepties sorties de leur cerveau aride et des déviances de quelques prêtres de l’Église catholique, dans un amalgame indigeste, aux allures d’aporie de la raison dialectique, fait de confusion entre turpitudes morales de certains égarés de l’église en quête de positionnement dans un ordre spirituel.
Symétriquement aussi, ces feuilles en circulation s’activaient à cœur joie, et c’est tant mieux pour l’âme de ces rédacteurs, à entretenir le brouillage des pistes et des circonstances. Pourtant, il n’est que d’examiner attentivement quelques assertions particulièrement retentissantes pour prendre en flagrant délire de manipulation ces écrivaillons de la presse sans âme, et par ailleurs, paradoxalement amis de ces prêtes obscurs de l’église et très proches des hommes d’argent et de pouvoir.
Les affirmations qui nous paraissent les plus stupides sont celles qui concernent les circonstances de la mort de Son Excellence Mgr Jean-Marie Benoit Bala.
L’hypothèse du suicide est une ineptie et une incongruité inacceptables pour quiconque maitrise la dogmatique véhiculée par les prélats de l’Église catholique. Comment quelqu’un qui a pour mission de redonner vie à des âmes en souffrance en leur faisant croire que le Dieu miséricordieux est toujours prêt à accueillir ses fils égarés dans sa maison, peut-il se suicider?
Tout aussi stupide est l’hypothèse souterraine qui fait croire qu’un confrère, archevêque métropolitain, serait le planificateur de l’exécution de Mgr assassiné parce qu’il serait en pole position dans l’agenda caché de désignation à la charge de Cardinal du souverain pontife. D’abord à ce que nous sachions, et sauf méconnaissance de notre part, dans l’Église catholique, le cardinal est choisi dans le collège des archevêques des conférences épiscopales. Ensuite, cette décision ne relève que du pouvoir discrétionnaire du souverain pontife. Alors, au nom de quelle rationalité, un confrère pourrait-il commanditer l’assassinat d’un autre alors qu’il n’est même par sûr d’être choisi.
En réalité, ces artifices que l’on manipule à souhait à coups de francs CFA dévalués, ne peuvent distraire ni la conscience, ni le subconscient de la majorité des Camerounais acquis à l’idée que Mgr Bala a été assassiné et que cet acte est le fait de quelques gourous portés au cœur de l’État-sorcier qui nourrit le gouvernement perpétuel à coups de sacrifices humains et de rites sataniques. S’opposer à l’ordre de ces magiciens de l’ombre, c’est s’exposer à la mort. C’est bien ce qui est arrivé à Mgr Benoit Bala. Avant lui, le père Engelberg Mveng. Le père Jean-Marc Ela, avait failli subir le même sort. De nombreux autres prêtres ont trépassé sous les fourches caudines des Démons, Anges et Archanges du Mal tapis dans l’ombre et qui ont peur de la lumière.
Pour autant, au-delà des conjectures, cette mort invite l’église catholique qui est au Cameroun à faire son aggiornamento en suivant le chemin qu’indique la vie sacerdotale de l’évêque de Bafia. Une vie qui s’inscrit dans la théologie de libération de l‘église au Cameroun, défendue avec force par l’Abbé Jean-Marc Ela, dans un ouvrage d’une très grande portée théologique, intitulé : Églises d’Afrique, voici venu le temps des héritiers. Le prélat interpellait ainsi les hommes d’église à prendre leur responsabilité d’ambassadeur du Christ en se constituant défenseurs des chrétiens face aux sectes, à la malgouvernance, bref face à toutes ces monstruosités qui inhibent le développement du Cameroun et empêchent le citoyen ordinaire et le chrétien d’être heureux sur cette terre que Dieu a créée.
Cela impose à l’église de balayer devant sa propre porte en combattant : l’opulence des hommes de Dieu, des accointances pernicieuses et non évangélisantes avec les puissances sataniques dont l’objectif est d’assujettir l’église. C’est ce que laisse entendre Mgr Akonga Essomba quand il parle de faux frères et révèle habilement que le clergé n’est pas tout à fait innocent dans l’assassinat de l’évêque de Bafia. Il s’agit aussi pour l’église d’être proche de ceux qui souffrent, les pauvres et le monde d’en bas. Mgr Bala l’avait compris quand il était de ce monde. Nous lui disons merci pour ce don de soi en vue du triomphe de la morale religieuse. Certainement, il contemple comme le dit Platon, le monde du Vrai après avoir quitté ce faux monde qui entretien quelques illusions d’éternité dans la tête de certaines créatures à l’égo surdimensionné et vivant dans les cavernes.
À tous ceux qui auront contribué au départ précoce, pourrait-on dire, de cet homme de Dieu, il est bon qu’ils se convertissent, sinon honte et malédiction à eux. Vade retro satana.
Ikemfuna Oliseh
Jean-Bosco Talla