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Encore du grabuge et des bruits discordants au Manidem. Appel d'outre-tombe d'Abanda Kpama

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Index de l'article
Encore du grabuge et des bruits discordants au Manidem. Appel d'outre-tombe d'Abanda Kpama
Appel d’outre-tombe d’Abanda Kpama :« J'espère que le camarade Ekane aura le courage d'admettre sa trahison »
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Le 1 août 2017, dans une lettre adressée aux médias, le président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), a porté à la connaissance des journalistes le contenu des résolutions du Comité national de coordination (CNC), de ce parti politique réuni en session ordinaire, le 29 juillet 2017 à Mbankomo. À l’issue des assises, peut-on lire dans le dossier remis la presse, « Messieurs Ekane Anicet, Bedimo Kouo, Ketchateng Jean Baptiste et Nforgang Ngah Charles Cacharel sont suspendus de prise de parole en public au nom du Manidem tel que dûment constaté par l’exploit d’huissier ci-joint ».
Les griefs portés contre les intéressés sont nombreux et contenus dans le compte rendu de la CNC. La résolution n°4 indique : « Le CNC ayant constaté : le comportement méprisant et récidiviste des camarades pendant les réunions ; les accusations graves à l’endroit du camarade Ekané Anicet; accusations de nature à ternir l’image du parti, l’absence de démenti du camarade Ekane et le refus condescendant de ce dernier à répondre aux interpellations du parti

pour des éclaircissements sur ces allégations, la tentative de détournement du virement du financement public en introduisant un autre compte bancaire au Minadt la tenue d’une réunion clandestine convoquée par Ekane Anicet dans le but de déstabiliser le parti et à sa suite, la convocation d’une conférence de presse à laquelle il a assisté, par une instance non habilitée à parler au nom du Manidem ; le comportement irresponsable de Nforgang Charles et Ketchateng Jean Baptiste en violation des résolutions de CNC du 25 mars 2017 sur la communication à travers les réseaux sociaux »
Par conséquent, conformément aux dispositions de l’article 4 du règlement intérieur, le CNC décide : « 1- Le camarade Ekane Anicet est révoqué de ses fonctions de secrétaire à la formation,
2- le Camarade Ekane Anicet exclut du secrétariat, du bureau politique et du Comité national de Coordination du Manidem.
3- Le Camarade Ketchateng Jean Baptiste exclut du bureau politique, du Comité national de Coordination du Manidem et interdit de toutes les activités du parti jusqu’au 31 janvier 2018.
4- Le Camarade Nforgang Ngah Charles Cacharel exclut du bureau politique, du Comité national de Coordination du Manidem et interdit de toutes les activités du parti 31 janvier 2018.
5- Le Camarade Bedimo Kouo exclut du bureau politique, du Comité national de Coordination du Manidem et interdit de toutes les activités du parti jusqu’au 31 janvier 2018.
6- Le camarade Ekane Anicet est suspendu et interdit de toutes les activités du parti jusqu’au prochain congrès.
7- Les camarades Ekanet Anicet, Ketchanteng Jean Baptiste, Nforgang Ngah Charles Cacharel et Bedimo Kouo sont interdits de toute prise de parole en public au nom du Manidem.
8- Tous les camarades cités ci-après ayant participé à la réunion clandestine reçoivent un blâme chacun.
Il s’agit de
- Dongmo Fils Valentin
- NRwebo Denis
- Jou Clément
- Sogue Jeanne Edwige;
- Zambo Jacques
- Moussi Guy
- Ebelle Manga Alain»
On comprend pourquoi, dans sa lettre aux médias, le président du Manidem, Yebga Dieudonné, menace d’ester « systématiquement en justice pour atteinte à l’image », les médias par l’entremise desquels « un ou plusieurs des individus concernés par ces sanctions en rajou[teraient] aux dommages déjà commis ».
Il n’en fallait pas plus pour que les langues se délient. Durant ces derniers jours, cette affaire a fait les choux gras de la presse, surtout des réseaux sociaux. Le 4 août 2017, sur le mur de son compte Facebook, Mbombog Mbengan Nkaïnjé en a fait une affaire personnelle. Il n’a d’ailleurs pas hésité de se demander si Ekané Anicet était « le militant fourbe, l’opposant flou ou l’homme filou ». Répondant à cette interrogation, il a passé l’ex-candidat aux présidentielles de 2004 et 2011 au tordeur, à la moulinette et au broyeur à déchets.
Réagissant à cette sortie musclée de Mbengan, Mariane Simon-Ekane écrit : «L’éthique, le courage, les valeurs ont existé et existent bien au Kamerun». Que jamais ma citation ne se perde dans l’Histoire ». Et de poursuivre ; « Vous allez vous fatiguer. Vous êtes jusqu’à faire publier un des relevés de d’un de mes comptes. Mais c’est de l’incohérence puisqu’en même temps vous dites qu’on vole l’argent du Manidem, en même temps on tient les militants par nos ressources, soyez cohérents merde !!! »
Ce n’est d’ailleurs pas pour la première fois que de lourdes accusations sont portées contre Ekané Anicet.
Le dimanche 1er décembre 2013 à 22h19, nous recevions d’un anonyme un courriel ayant en fichiers attachés un dossier et une lettre ouverte dans laquelle, même si celle-ci n’était pas adressée à Ekane Anicet, celui-ci y était vertement pris à partie.
Avant l’arrivée de Banda Kani aux commandes du Manidem, en décembre 2009, si nos souvenirs sont exacts, Abanda Kpama, de regrettée mémoire, avait mis le doigt dans la plaie. (Lire ci-contre).
Après la publication des résolutions du CNC du 29 juillet 2017, on avait cru que la messe était dite et que les personnes sanctionnées feraient amende honorable dans l’intérêt supérieur d’un parti, qui cahincaha, avait entamé la reconstruction de sa crédibilité avec l’arrivée d’une nouvelle équipe aux commandes. C’était sans compter avec les habitudes établies et les intérêts en jeu.
Comme dans un joli vaudeville, les membres suspendus, dont certains se prévalent de leur qualité de membres fondateurs, ont à leur tour suspendu les organes dirigeants et ont créé un « comité de réorganisation » avec à sa tête Ekané Anicet. Leur argument massu : « L’organisation est au-dessus des statuts ; c’est l’organisation qui crée les statuts pour la soutenir, à aucun moment ces statuts ne peuvent être au-dessus de l’organisation. C’est pour cette raison que l’organisation peut juger à un moment, surtout quand ils ne sont pas adoptés, comme c’était le cas depuis l’élection du président » (Dixit Bedimo Kouo, ancien membre du bureau politique, in Le Messager du 10 août 2017). Ekane Anicet renchéri « Le Manidem existe depuis 1995, il y a quand même eu des statuts, sauf qu’ils n’ont pas été adoptés au dernier congrès et qu’il y a des us et coutumes. Les statuts sont au service d’une organisation et non le contraire. Les statuts peuvent servir à réguler, ils ne sont pas absolus dans la vie d’une organisation, surtout dans un parti révolutionnaire comme le nôtre. Puisque en réalité sont là pour deux raisons : règlementer et adopter via l’administration, une attitude légaliste » (idem Le Messager)
Ces arguments sont risibles, soulignent certains membres du Manidem. Selon eux « Nous sommes des légalistes et des légitimistes. Ce que les fractionnistes, Ekané et sa clique, ont fait n’est qu’une fuite en avant. Qu’ils disent au public ce qu’ils entendent par organisation, notion qu’ils utilisent pour enfumer les Camerounais ? L’organisation c’est quoi, c’est qui, c’est eux ? Même si les nouveaux statuts ne sont pas adoptés, cela ne veut pas dire que le Manidem fonctionne sans statuts. Les statuts du Manidem depuis sa création ne disent pas que « l’organisation », encore faut-il se demander à quoi renvoie cette notion, est l’organe suprême du parti. De plus, la notion de père fondateur n’apparaît dans aucun texte du Manidem. On ne peut donc pas se prévaloir de cette qualité pour faire main basse sur le parti. En outre, à la création du Manidem ont participé au moins une dizaine de personnes. Mais, pour des raisons de commodité et conformément aux dispositions légales, 3 personnes avaient été choisies pour apposer leurs noms sur la déclaration d’existence. Cela ne fait pas d’eux des fondateurs au-dessus des autres membres fondateurs. Par ailleurs, il faut noter que parmi les membres fondateurs encore présents aujourd’hui au Manidem, on retrouve Ekane, Ngontcheu, Mbolè, Yebga et Dikoumè. Qui est donc fondateur et qui ne l’est pas ? Les deux premiers cités sont avec le groupe des fractionnistes et les trois autres appartiennent à la direction du parti. Nous n’allons pas insister sur les notions de légalité et de légitimité que Ekané galvaude pour tromper les journalistes et les observateurs non avertis. En tout état de cause, c’est le camarade Yebga qui jouit de toute la légalité et de toute la légitimité.
Enfin, nos instances, en dehors du congrès sont : le CNC, le Bureau Politique et le Secrétariat du BP. La seule instance chargée de diriger le parti conformément aux résolutions du congrès est le CNC (comité national de coordination), lequel ne peut pas se suspendre. Quelle est donc l’instance qu’évoque Ekane pour prétendre suspendre toutes les instances connues du parti, y compris le CNC ? C’est de façon évidente l’une des manipulations d’Ekane à l’intention de l’opinion publique. En 2009, à l’issue d’un CNC, Ekane accusé de malversations financières pour un montant de plus de 16 millions de francs et de collusion avec le Pouvoir et la Police à l’effet de nuire au mouvement social comme vous l’avez revelé dans Germinal du 8 août 2017, avait démissionné des instances dirigeantes du parti. Comment est-il redevenu membre de la direction. En tout cas, ce n’est pas pour rien que Ekane et sa clique agissent de la sorte. Le Manidem était devenu pour eux une vache à lait, une structure de rente qu’ils ont toujours voulu mettre au service du régime et qu’Ekané utilise pour trouver l’emploi à certains. En déclarant que la date prochain congrès sera fixée en fonction du calendrier électoral, Ekané dévoile toutes ses intentions. »
Adalbert Fontcho, enseignant, politologue et observateur attentif de la scène politique camerounaise ne comprend pas les attitudes de ceux qui affirment avoir suspendu les instances dirigeantes du Manidem, « d’abord parce que n’étant pas les représentants légaux et légitimes, ils n’ont pas qualité pour le faire, ensuite parce que leur agissement s’apparente à un coup d’État. Bien plus, leur argument sur l’inexistence ou la non adoption des statuts est fallacieux. Quand les nouveaux statuts ne sont pas encore adoptés, l’organisation fonctionne sur la base des anciens statuts en attendant l’adoption des nouveaux ». Avant de s’interroger : « Comment qualifierait-on-les actes d’un groupe de Camerounais qui décident de suspendre toutes les institutions de la République, parce que la nouvelle constitution n’est pas encore adoptée ? N’est-ce pas un coup d’État ? »
Jean-Bosco Talla