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Paul Biya: Roi fainéant à perpétuité et sans ambition - Paul Biya prend la petite porte démocratique de l'histoire

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Index de l'article
Paul Biya: Roi fainéant à perpétuité et sans ambition
Paul Biya, son pouvoir, rien que son pouvoir
L'obséssion de l'éternité
Etoudi et ses moeurs mystiques sordides
Paul Biya applique à la lettre la leçon de son maître Ahidjo
Paul Biya, le machiavel du pauvre
Paul Biya, nargue les Camerounais
Paul Biya prend la petite porte démocratique de l'histoire
Paul Biya, roi fainéant à perpétuité
Toutes les pages

Paul Biya prend la petite porte démocratique de l'histoire
Au lendemain de la chute du mur de Berlin en 1989 et de l’avènement de la Perestroïka, un vent de libertés souffle qui annonce le printemps des libertés pour des peuples opprimés. Il est le présage du crépuscule des dictatures et des totalitarismes. Le 20 juin 1990 à l’occasion de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France, tenue à la Baule, François Mitterrand, tirant la leçon de ce moment capital de l’histoire contemporaine, déclarait dans son allocution marquant l’ouverture solennelle du sommet, aux dirigeants africains : « [la] démocratie […] vient d’apparaître aux peuples de l’Europe centrale comme une évidence absolue au point qu’en l’espace de quelques semaines, les régimes considérés comme les plus forts ont été bouleversés. Le peuple (est) dans les rues […] le pouvoir ancien (a cessé) toute résistance […] cette révolution des peuples […] va continuer […] ce souffle fera le tour de la planète[…] ce plus de liberté, ce ne sont pas simplement les États qui peuvent le faire, ce sont les citoyens [et] j’ai naturellement un schéma tout prêt :système représentatif, élections libres, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure… ». À la suite de cette rencontre au sommet, beaucoup de pays africains s’ouvrent à la démocratie multipartiste. Au Cameroun, ce retour au pluripartisme va être marqué par la violence de part et d’autre des parties prenantes au jeu politique, au début des années 91. En effet, sous l’égide de la Coordination des partis politiques de l’opposition, des villes mortes vont être organisées sur toute l’étendue territoire. Les conséquences en sont terribles, socialement et économiquement, et le pays est au bord du précipice, peu s’en faut pour qu’il sombre. La Coordination revendique au départ la tenue d’une conférence nationale, qu’elle voudra souveraine par la suite. Le régime semble exsangue, et tout le monde pense alors que Paul Biya va céder. Ce n’est plus qu’une question de temps.
Jeudi 27 juin 1991. Les Camerounais attendent avec anxiété le discours de Paul Biya qui est attendu à l’hémicycle réuni en session ordinaire consacrée à l’examen du budget de l’État pour l’année législative 1991/1992. Le message est transmis en direct à la radio et à, la télévision. C’est alors que contre toute attente Paul Biya laisse tomber tel un couperet : « la conférence nationale est sans objet pour le Cameroun ». Dans les rangs de l’opposition, les réactions ne se font pas attendre. « Douala est dans la rue. Ça gronde de colère, et on peut craindre le pire » déclare alors le prince Dika Akwa Nya Bonambela, Président de l’UPC. Flambeau Ngayap de la Convention libérale dira quant à lui que « Paul Biya est tombé sur la tête ». Jean-Jacques Ekindi du Mouvement progressiste affirmera pour sa part que le discours de M. Biya est « une déclaration de guerre ». De toutes parts les réactions fusent qui en appellent à passer des « villes mortes » au « pays mort ». Une marche sur Etoudi est prévue alors pour le 5 juillet dont l’objectif est de déloger Biya et de donner le pouvoir au peuple. Cette radicalisation de l’opposition s’explique par le fait qu’elle vient de se rendre compte qu’elle a été dupée, flouée et narguée par Paul Biya. En effet, il faut remonter à quelques mois avant ce discours, entre le 30 octobre et le 13 novembre, période qui voit tenir au palais des congrès, une rencontre entre le Gouvernement, les partis politiques et la société civile, baptisée tripartite et présider par le Premier ministre d’alors Sadou Hayatou. Il est question de débattre de l’ensemble des problèmes que le pays traverse. Il est prévu notamment un « grand débat » sur la constitution qui dans la bouche de M.Kontchou Kouomeni, ministre de la communication d’alors, se transforme en « large débat » et aboutit en un comité restreint dans une salle exigüe du premier ministère duquel sortira « la constitution étriquée et corsetée » de 1996. Au sortir de la tripartite, la Coordination de l’opposition, forte des résolutions prises, lève le mot d’ordre des villes mortes. En retour, elle s’attend à ce que M. Biya tienne également ses promesses. Grande est donc sa surprise ce 27 juin quand elle réalise que Biya  vient de narguer l’opposition et le Cameroun tout entier. Sadou Hayatou lui-même n’en revient pas et se sent trahi par le président. Tout le monde à ce moment-là a eu la mémoire courte. Personne ne se souvenait alors de ce que déclara un jour feu le président Ahidjo qui disait de Biya qu’ « en plus d’être lâche, il était fourbe et hypocrite ». Paul Biya va alors réquisitionner contre la coordination les forces de 3e et 4e catégories qui empêcheront la marche du 5 juillet sur Etoudi dont les meneurs,  retranchés au domicile de Ndam Njoya à Essos,  sont assiégés. La montagne venait d’accoucher d’une souris. Les Camerounais sont loin de se douter qu’ils ne font que commencer à découvrir les visages de l’homme du 6 novembre, dont certains exégètes proclamés disent de lui qu’il a Le Prince de Machiavel comme livre de chevet.