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Paul Biya: Roi fainéant à perpétuité et sans ambition - Paul Biya, le machiavel du pauvre

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Index de l'article
Paul Biya: Roi fainéant à perpétuité et sans ambition
Paul Biya, son pouvoir, rien que son pouvoir
L'obséssion de l'éternité
Etoudi et ses moeurs mystiques sordides
Paul Biya applique à la lettre la leçon de son maître Ahidjo
Paul Biya, le machiavel du pauvre
Paul Biya, nargue les Camerounais
Paul Biya prend la petite porte démocratique de l'histoire
Paul Biya, roi fainéant à perpétuité
Toutes les pages

Paul Biya, le machiavel du pauvre
Observateurs avertis et écrivains se sont penchés sur le cas Biya. Il suffit de prendre connaissance de leurs propos pour prendre connaissance de ce qu’ils pensent du phénomène politique qu’est l’homme du 6 novembre 1982.
Dans le livre. Mongo beti, Lettre ouverte aux Camerounais ou la deuxième mort de Ruben Um Nyobe, (Yaoundé, Editions Peuples noirs, 1986, 131 p.) Mongo Beti écrit :
« […] on lui a dit que bafouer la morale en politique est le fait des grands hommes d’Etat ; il l’a cru, à tort bien sûr. Paul Biya ne serait de toute façon que le Machiavel du pauvre et de l’analphabète. Le cynisme sans la profondeur de méditation, la pénétrante intuition des plus lointains horizons, n’est qu’un travers de médiocre, la mesquinerie d’un fantoche, cette malédiction africaine. Ce ne sont pas les vingt ans passés à lécher les bottes d’Ahmadou Ahidjo qui lui auront donné le courage de la lucidité, ni encore moins sa longue formation sous la férule d’une congrégation de missionnaire stupidement rétrograde. Jeune étudiant, à cet âge où d’autres trépignent d’enthousiasme créateur, d’ambition compétitive, il opte, lui, pour la seule grande école française où l’on entre sans concours, l’Ecole nationale de la France d’outre-mer (ENFOM) ; elle forma longtemps à l’usage des colonies africaines des administrateurs blancs pétris d’arrogance, mais compétents ; désormais, elle produisait de hauts bureaucrates accroupis, les sommités creuses dont le néo-colonialisme avait besoin. Durant son séjour en France, il ne connaitra guère que les allées d’un campus, en plus de la chambre où il restera toujours terré à une époque où il ne se passait point de mois, guère de semaines sans une grande manifestation d’étudiant anticolonialistes ans Paris – ce qui ne l’empêchera pas, une fois nommé président par son prédécesseur, de répandre des rumeurs trop flatteuses pour être catholiques sur son passé militant […] »
En 2002, dans une interview réalisée et éditée par Ambroise Kom, le célèbre écrivain revient à la charge en écrivant : « L’insensibilité de ce type est bizarre. L’insensibilité, la passivité, chez lui, sont quand même anormales. Il y a une anecdote qui m’a toujours paru assez significative. C’est Abel Eyinga qui me l’a racontée. Abel habitait à Sceaux, une commune près d’Antony. Et Biya était étudiant à Antony. Un jour, Biya vient voir Abel parce qu’Abel venait de séjourner ici comme directeur de cabinet de Charles Assalé. Il avait eu des problèmes et il était revenu en France. Et Biya de dire à Abel : « J’ai l’intention de rentrer au pays. Est-ce qu’on peut y être administrateur sans problème ? Est-ce que tu crois que je peux être administrateur là-bas ? Moi je veux juste être administrateur dans un coin. Est- ce que c’est possible sans problème ? Est-ce que je ne vais pas être pris dans un engrenage politique ? » Abel lui répond : « Si, si, c’est possible, pourquoi pas ? C’est possible ». Tout cela pour montrer le manque d’ambition du personnage.» (Kom.115)
C’est Christian-Tobie Kuoh qui relate avec précision, dans son ouvrage Une fresque du régime Ahidjo (1970-1982), paru aux éditions Karthala en 1991 qui relate les circonstances du recrutement de Paul Biya en 1962, qui était entré dans l’administration camerounaise par le sommet, c’est-à-dire par la présidence de la République.
Le regard des observateurs et auteurs permet de lever un pan de voile sur la manière de gouverner de Paul Biya. Selon Titus Edzoa, Paul Biya est un intrigant qui oppose ses collaborateurs. « Voyez-vous, jeunes gens, vous êtes deux amis. Vous êtes jeunes. Vous êtes ambitieux. Il (Paul Biya, Ndlr) appelle l’un de vous et lui dit : ‘’je vais te nommer à tel poste ». Puis il le fait. Vous vous mettez à travailler. Ensuite, il appelle votre ami et lui dit du mal de vous et de votre manière de travailler. Et promet votre poste à votre ami. Puis, il vous dit que votre ami fait des mains et des pieds pour vous prendre votre poste. Quelques temps après, il le nomme à votre place. Comment ce dernier peut-il démontrer qu’il n’est pas à l’origine de votre chute ? Vous êtes obligé de vous brouiller. Et cela installe un climat malsain, un climat de méfiance et d’animosité. Et pourtant, vous êtes complémentaires et on a besoin de cela pour un bon rendement. Il y a aujourd’hui des techniques modernes de gestion. Un travail d’équipe. C’est ce que nous allons proposer aux Camerounais. Bien, s’il y en a qui sont dans le même état d’esprit que moi et s’ils ont le courage de démissionner, c’est tant mieux ! Mais s’ils ne l’ont pas, ça c’est leur affaire. » (Ngando, 72). Edifiant !!!
Yvana Eyango