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Cameroun, 2017-2018: Zone de fortes turbulences; Tout est prêt pour que tout explose - Les injustices sociales: sources d'explosion sociale

Cameroun, 2017-2018: Zone de fortes turbulences; Tout est prêt pour que tout explose - Les injustices sociales: sources d'explosion sociale

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Index de l'article
Cameroun, 2017-2018: Zone de fortes turbulences; Tout est prêt pour que tout explose
Vers une crise sociale majeure comme en février 2008
Prémonition: Aux abris
Jeu politique pipé: source d'une déflagration sociale
Extrême Nord: une poudrière idéale
La bombe jeune en passe d'être dégoupillée
L'Est colère
Le droit à l'éducation n'est pas supérieur aux autres droits fondamentaux
Les injustices sociales: sources d'explosion sociale
Victoires des Lions indomptables: une hirondelle ne fait pas le printemps
Toutes les pages

Les injustices sociales: sources d'explosion sociale
Le sentiment d’injustice, nourri par celui d’abandon, dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest basé sur le non-respect de la loi fondamentale du Cameroun qui fait de l’utilisation équitable du français et de l’anglais, une prescription que la pratique courante a vite fait de relégué, au rang de compétence inaccessible et ce d’autant plus qu’il est renforcé par les phénomènes bien connus de déscolarisation et d’enseignement précarisé. La justice sociale appliquée à la question anglophone serait alors une construction morale et politique visant à l'égalité de l’expression en langue anglaise ou française. Une réalité visible et palpable outre Mungo, qui peine à prendre corps ailleurs au Cameroun ruinant, par le fait même les droits à la solidarité collective. C'est essentiellement une projection vers une société plus juste, en admettant qu'il y ait toujours des injustices. L'injustice sociale de ce point de vue est une évidence si familière, qu’elle est d'une constitution si robuste, qu'elle paraît facilement naturelle à eux-mêmes qui en sont victimes.
Les détenteurs d’une parcelle de pouvoir profitent de l’anonymat du circuit des prises de décisions, soit pour régler des comptes personnels, soit pour assouvir de sombres desseins. Et tant pis pour le vivre ensemble. Il n'y a pas de justice juste qui ne soit rendu aux injustices justiciables disait le philosophe. Appliqué au corps social, ce qui peut paraitre comme de petits dérèglements sont à l'origine de manifestations aux effets incalculables. La météo sociale en cette première décade de février laisse observer qu’à force de report et roublardise, les tenants du pouvoir face à la crise « anglophone » ne donnent pas de garantie à la sérénité. Au contraire. La question de langue explique-t-elle seule la situation de ville morte et autre mot d'ordre très suivis à Bamenda et à Buéa. Les injustices sociales renvoient à ce qui ne tourne pas rond du fait de la non prise en compte par un acteur du champ social de ce que sa partition dans les interactions compte pour une harmonie comme dans une pièce musicale. C’est aussi une confrontation d'acteurs dont les fonctions et rôles leur échappe ou en tout cas n'est pas pris en compte ou en considération dans leur agir. On parle d’une mentalité camerounaise dont une des déclinaisons n’est pas moins une prise de liberté avec l’ordre.
La politisation qui en découle se traduit comme le fait de politiser deux langues en confrontation depuis manifestement des lustres. C’est une stratégie qui a consisté à manipuler, à instrumentaliser des faits d’appartenance à des zones géographiquement repérables, de concepts sociaux importants comme l’inégalité devant les tribunaux ou dans le système éducatif. Il s’agit alors dans le cas d’espèce, de culture, d’identité. On a Créé dans le peuple des oppositions artificielles diffuses ou ouvertes au moyen de discours et de méthodes comme l’instrumentalisation des langues. Ce processus de constructions, de fabrication identitaire du fait du pouvoir politique et génératrice de tensions ou de crises sociales est en marche avec le malentendu historique de Foumban. Manifesté par la construction d’un discours qui emprisonne l’esprit et le comportement et rend désormais toute vie commune définitivement impossible du point de vue de l’expression équitable des langues française et anglaise.
Francis Mbagna