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Index de l'article
Cameroun, 2017-2018: Zone de fortes turbulences; Tout est prêt pour que tout explose
Vers une crise sociale majeure comme en février 2008
Prémonition: Aux abris
Jeu politique pipé: source d'une déflagration sociale
Extrême-Nord: Une poudrière
La bombe jeune en passe d'être dégoupillée!
L'Est colère!
Le droi à l'Education n'est pas suppérieur aux autres droits fondamentaux
Les injustices sociales: sources d'explosion sociale
Victoires des Lions indomptables: une hirondelle ne fait pas le printemps
Toutes les pages

La chance d'un cadavre
Disons-le sans périphrases prudentes : Paul Biya est chanceux. Il a la chance d’un cadavre. Il est tellement chanceux que chaque fois que le fruit mûr attend un coup de vent pour tomber, quelque chose apparait de nulle part, pour lui donner l’occasion de reprendre la main et maitriser la situation. Avant le début de la crise anglophone, tous les observateurs avertis s’accordaient pour dire que tous les ingrédients étaient réunis pour qu’une crise sociale majeure déclenche et emporte le régime du Renouveau-Rdpc sclérosé et englué dans ses contradictions. Vie chère, chômage massif des jeunes, insécurité généralisée, corruption devenue système, jeu politique pipé. Ceux qui lisent dans la boule de cristal prédisaient la chute du régime d’ici la fin de l’année 2017. Mais, voilà, patatras ! une crise anglophone impensée est déclenchée, reléguant la catastrophe d’Eséka au second plan et lui donnant l’occasion de faire semblant de dialoguer avec les grévistes pour pousser les initiateurs des mouvements de grève à la faute afin de sortir ses armes de répression massive.
Des Camerounais avaient également pensé que

cette crise anglophone allait tenir, pendant longtemps, en haleine le peuple, mais voilà que les Lions indomptables remportaient leur cinquième Coupe d’Afrique des Nations de football organisée au Gabon. Cette victoire des Lions venait à son tour reléguer, pour un temps, la crise anglophone au second plan. Paul Biya n’a d’ailleurs pas hésité à récupérer politiquement cette victoire.
Mais, comme on dit au quatier, une hirondelle ne fait pas le printemps. La victoire des Lions indomptables masque mal la triste et dure réalité du désenchantement général. Après ce triomphe inespéré, le Cameroun continue d’être traversé par de multiples crises sur les plans économique, social, sécuritaire et politique. Sur ces multiples fronts, le gouvernement a échoué à apporter des solutions efficaces et durables. Le Cameroun se trouve ainsi au bord de l’explosion du fait de Paul Biya et de son équipe qui continuent d’afficher une arrogance et une condescendance inacceptables.
Paul Biya et sa soldatesque se trompent quand ils pensent que la répression est la solution aux problèmes soulevés par les Camerounais d’expression anglaise. Aucune armée au monde n’est jamais à bout d’un peuple déterminé.
Pour le moment, le régime de Paul Biya profite du manque tragique de vision stratégique de la part du mouvement syndical camerounais qui succombe au corporatisme étriqué et se présente comme une constellation de petites chapelles qui gèrent les petits soucis du quotidien et transigent le plus souvent que nécessaire en fonction des impératifs de survie.
Source: Germinal n° 102, du 14 février 2017.