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Catastrophe ferroviaire d'Eséka: ces vérités cachées - Benoît Essiga: ''Tous les aspects doivent être questionnés''

Catastrophe ferroviaire d'Eséka: ces vérités cachées - Benoît Essiga: ''Tous les aspects doivent être questionnés''

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Index de l'article
Catastrophe ferroviaire d'Eséka: ces vérités cachées
Paul Biya, l'aloi du silence et de l'opacité
Edgar Alain Mebe Ngo'o: La Faute
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Benoît Essiga: ''Tous les aspects doivent être questionnés''
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L'accident du Cameroun révèle les défaillances des trains exploités par Camrail
Toutes les pages
Benoît Essiga: "Tous les aspects doivent être questionnés"
Germinal: Dans son discours de fin d’année, le président de la République a affirmé qu’il tirera les conséquences des conclusions de l’enquête qu’il a prescrite. Croyez-vous en ses propos du chef de l’Etat qui renvoie à un avenir indéterminé son engagement, étant donné que nous sommes déjà largement au-delà des délais prescrits ?
Benoît Essiga: Je n’ai, à priori, aucun doute sur la parole du chef de l’Etat. Toutefois, eu égard à l’ampleur de la catastrophe qui est la plus grave que le réseau ferroviaire Camerounais ait jamais connu : plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessés graves et d’importants dégâts de matériels du patrimoine national, la mémoire collective, à laquelle je souscris parfaitement, que les actions du chef de l’Etat surviennent assez rapidement.

Y a-t-il un risque de manipulation des résultats de l’enquête qu’il a a prescrite ? Autrement dit, pensez-vous qu’il dispose déjà tous les éléments lui permettant de prendre de bonnes décisions ?
Je ne vois pas très bien qu’est-ce qui pourrait être manipulé :
Les personnes décédés ne se sont pas précipitées d’elles-mêmes sous les roues du train en mouvement pour un suicide collectif ;
Un cyclone de forte amplitude n’a pas non plus soufflé le train dans le ravin emportant et détruisant au passage rails, équipements de voie et matériels roulants.
A mon avis, le ralentissement dans le processus de prise de décision peut s’expliquer dans les réglages compréhensibles d’ordre juridique.

En tant expert ferroviaire (traction), pouvez-vous nous rappeler les causes exactes de cette catastrophe survenue à Eseka, le 21 octobre 2016 et à partir des observations que vous avez faites sur le terrain, peut-on de nos jours établir clairement les responsabilités à tous les niveaux ?
Les causes n’échappent à personne. Il n’est pas besoin d’être expert pour observer que la vitesse que le train 152VE du 21/10/2016 sur cette portion de voie était plus qu’excessive. L’observation du spécialiste, sur la base des informations techniques montrent que la défaillance de freinage sur une déclivité de 16/1000, a occasionné cet excès de vitesse. D’autres facteurs aggravants peuvent être liés à la surcharge des voyageurs dont beaucoup étaient debout dans les voitures. Les mentions, clairement affichées dans les voitures, n’autorisent pas des voyageurs debout. Donc, admettre des voyageurs debout dans ces voitures constitue, à n’en point douter, une faute grave de sécurité.

Quelles sont les responsabilités de l’Etat du Cameroun et/ou du gouvernement dans cette catastrophe ?
Dans l’absolu, et de mon point de vue, aucune. Jusqu’à preuve du contraire.

Cette catastrophe ne permet-elle pas de questionner le processus ayant conduit à la privatisation de cette entreprise ?
Pourquoi pas ? En cas de catastrophe d’une telle ampleur tous les aspects peuvent et même doivent être questionnés, et des mesures vigoureuse prises pour limiter les récidives. Même s’il reste entendu que le risque zéro n’existe pas.
Cette catastrophe pouvait-elle être évitée ? Comment ? Et comment rendre le transport par voie ferroviaire plus sûr ?
Bien sur, elle le pouvait, mais il ne sert à rien maintenant de remuer le couteau dans la plaie. Des propositions concrètes ont été faites au Gouvernement, au travers de la Commission d’enquête prescrite par le chef de l’Etat, par des personnes et des structures légitimes et expertes pour que le Cameroun ait la pleine responsabilité de la sécurité ferroviaire afin que ce mode de transport retrouve sa fierté d’antan et participe comme ailleurs au développement du Pays.
Pour finir, ne rien changer, après cette catastrophe, équivaudrait à se rendre complice du décès de ces nombreuses victimes éplorées dont chaque Camerounais peut se sentir plus ou moins proche.
Propos receuillis par:
Jean-Bosco Talla