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Catastrophe ferroviaire d'Eséka: ces vérités cachées - Ces certificats médicaux éthiquement corrects de Camrail

Catastrophe ferroviaire d'Eséka: ces vérités cachées - Ces certificats médicaux éthiquement corrects de Camrail

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Index de l'article
Catastrophe ferroviaire d'Eséka: ces vérités cachées
Paul Biya, l'aloi du silence et de l'opacité
Edgar Alain Mebe Ngo'o: La Faute
Camrail, principal responsable
Camrail récuse les experts requis
Ces certificats médicaux éthiquement corrects de Camrail
De quoi la société Camrail a-t-elle peur?
Benoît Essiga:
Benoît Essiga:
Toutes les pages

Ces certificats médicaux éthiquement corrects de Camrail
Quand un sinistre se produit ou survient quelque part, dans une entreprise, une question cruciale revient à l’esprit. L’entreprise qui est victime ou qui a subi un préjudice a-t-elle souscrit une police d’assurance ? Si oui, dans quelles conditions ? Ces questions soulèvent le problème des indemnisations des victimes ou des sinistrés. Les réponses données à cette question permettent de connaitre qui doit réparer les préjudices causés ou subis à un tiers en cas de sinistre. Selon Me Oumarou, « tout le monde, je veux parler des personnes physiques et/ou morales, devrait souscrire une police d’assurance. Comme vous le savez, la police d’assurance, appelée dans la pratique contrat d’assurance, est un document officiel qui matérialise l’accord passé entre une personne physique ou morale et son assureur. La police d’assurance d’une personne comprend au minimum des conditions générales et des conditions particulières. Comme vous pouvez lire partout, même sur Internet, en échange du versement d’une prime unique ou de plusieurs primes, l’assureur fournit une prestation donnée lorsque le risque couvert contractuellement se produit. Le contenu précis de cette prestation dépend du type de contrat. Vous comprenez pourquoi, il est important que toutes les entreprises sérieuses, surtout celles qui font le transport ou exposent les travailleurs à des risques réels ou potentiels souscrivent une police d’assurance avec un assureur crédible et solvable. Ce qui lui permet de couvrir tous les risques. Quand une entreprise tente de contourner cette obligation parce qu’elle veut amasser beaucoup d’argent, elle met la vie de gens en jeu, et devrait être fermée. »

Certificats médicaux
Au cours des investigations relativement à la catastrophe ferroviaire survenue à Eséka le 21 octobre 2016, nous sommes entrés en possession des certificats médicaux délivrés par des médecins en service au Centre médical de Camrail, à Douala Bassa. Ces documents suscitent un questionnement sur la démarche et les intentions de cette entreprise quand on sait que c’est elle qui a causé un dommage aux victimes. Alors question : est-il éthiquement concevable ou acceptable qu’une entreprise qui a causé un dommage à un tiers, qui judiciairement doit réparer ce dommage, soit celle qui consulte sa victime, lui délivre un certificat médical à verser dans le dossier d’indemnisation ?
Selon un avocat consulté par la rédaction de Germinal, « la loi ne détermine pas expressivement le  médecin qui doit délivrer un certificat médical à un sinistré, dès lors qu’il est délivré par un médecin normalement assermenté. Il se pose cependant un problème sur le plan de l’éthique juridique, de l’éthique et de la déontologie de la profession de médecin. On peut bien se demander si un médecin qui officie pour une société peut être indépendant et délivrer un certificat médical crédible sans faire prévaloir son penchant pour la société qui l’emploie. Sur le plan éthique, si une entreprise cause un dommage à un tiers, elle est mal placée pour délivrer un certificat médical sur la base duquel elle procédera à l’indemnisation de sa victime. Même si ce sont les victimes qui vont vers les médecins de Camrail pour leur demander d’établir un certificat médical, ces médecins devaient refuser. Car, employés de Camrail, ils ne sont pas indépendants. Ils sont susceptibles d’être poursuivis pour faute professionnelle. » Quelqu’un n’avait pas eu tort d’affirmer que « le monde est terrible, vivons seulement. ». Peut-être n’avons-nous encore rien vu, peut-on ajouter.
Junior Étienne Lantier