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Paul Biya, un homme dépassé, du passé et du passif - Insécurités, lot quotidien des bizarreries

Paul Biya, un homme dépassé, du passé et du passif - Insécurités, lot quotidien des bizarreries

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Index de l'article
Paul Biya, un homme dépassé, du passé et du passif
La République des vampires
Paul Biya, incapable de balayer devant sa porte
Biya/Ahidjo: Je t'aime moi non plus
Conserver le pouvoir par la corruption
L'histoire du Renouveau-Rdpc s'écrit en lettres de sang
Au moins 70 000 morts sur les chemins du Renouveau
Emasculer pour rêgner
Valsero : Emotions de soutien pour encourager la ruine du Cameroun
Insécurités, lot quotidien des bizarreries
6 avril 1984: Un pogrome prémédité
Toutes les pages

Insécurités, lot quotidien des bizarreries
Que reste-t-il de l’euphorie du changement amorcé par la démission d’Ahidjo que le premier président du Cameroun donne en héritage à Biya ? Pourquoi le rêve a –t-il viré au cauchemar ? Un tel questionnement ne peut surprendre que ceux, autour de Paul Biya, qui sont plus aptes à une gouvernance d’affichage et de déclarations.
Quel que soit en effet le domaine de la vie, sociale, économique, ou politique, le renouveau 34 ans après, culmine au sommet des rêves devenus cauchemars et se résume en une litanie funambule d’occasions manquées. 34 ans après qu’est ce qui n’a pas tourné rond pour mener à bien le formidable projet de société mi- révolutionnaire, mi- porteur de nouvelles espérances. Est-ce les atouts de l’homme providentiel dont les états de service et surtout le parcours administratif restent dans les annales camerounaises comme un cas atypique. Son entourage y serait-il pour quelque chose ?
Questionner l’homme ou son environnement pourrait-il nous apporter quelque éclairage pour comprendre que les feuilles de route brillamment résumées dans un ouvrage dont on lui attribue la paternité se sont envolées en cours de route, tant l’itinéraire du renouveau a été un labyrinthe digne des fables médiévales. Que l’on nous comprenne bien. Il ne s’agit pas de blâmer sans nous interroger la pertinence des idées ou mesures entreprises çà et là, mais de remettre en perspective quelques secteurs saillants dont la gestion qui en été faite porte à contribuer au cauchemar qui a fait place au rêve de progrès et d’amélioration, qu’il s’agisse, au plan social de l’éducation, de la santé, de la justice ou de l’économie. L’école est caractérisée par une insécurité de la formation. Elle est sans ancrage sur une utilisation des savoirs endogènes pour impacter une société travaillée de toutes parts par des crises. L’emploi est plombé par un clientélisme ethno centré.  L’accès aux soins de santé et en commodité de communication peuplent plus les discours que la réalité.
Le dernier conseil de l’enseignement supérieur s’est tenu le 20 octobre 1982, date lointaine que le temps passé par le monarque présidentiel à Etoudi. Son action pourrait se résumer en spectaculaires décisions : éclater en huit universités l’unique université d’Etat de Yaoundé, ou d’offrir cinq cent mille ordinateurs aux étudiants qui ont d’autres urgences. Le capital d’estime et de confiance suggéré par le changement à la tête du Cameroun en 1982 s’est mué au fil des années en une grosse désillusion que la ritournelle du pays de cocagne décrite par des sympathisants ne suffit plus à occulter. Il n’est plus besoin de loupe grossissante pour capter sans microscope le caléidoscope désastreux d’un pays travaillé par toutes sortes d’incertitudes, de précarité, de violences diffuses génératrices d’autant de  tensions, et des formes d’insécurité les unes aussi potentiellement explosives que les autres. Qu’il s’agisse de l’université en particulier et de l’école en général, du vivre ensemble, ou bien  de toutes les commodités que le discours sur la moralisation des comportements suggérait. La menace couve partout contre un discours sécuritaire incantatoire. En réalité, la paupérisation des masses ne peut pas seule expliquer le grand banditisme dont les tentacules ont dégénéré en prise d’otage et en attaque armée des rebelles ou des incursions transfrontalières de bandes armées. C’est que le crime économique n’a été aussi prospère que ces 34 dernières années. L’unité  de mesure de la fortune publique spoliée ou vandalisée par les agents publics se chiffre en milliard de FCfa. Au point où on en vient à ne plus se rendre à l’évidence que 1 milliard c’est quand même 1 million de millions. C‘est pourtant le sport national le plus pratiqué, où sont passés la rigueur dans la gestion et la moralisation des comportements.
Autant le dire en définitive: les insécurités sont chroniques au Cameroun de Paul Biya. Elles sont alimentaire, juridictionnelle, judiciaires, sanitaire, routière, institutionnelle, etc.
Francis Mbagna