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Paul Biya, un homme dépassé, du passé et du passif - Conserver le pouvoir par la corruption

Paul Biya, un homme dépassé, du passé et du passif - Conserver le pouvoir par la corruption

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Index de l'article
Paul Biya, un homme dépassé, du passé et du passif
La République des vampires
Paul Biya, incapable de balayer devant sa porte
Biya/Ahidjo: Je t'aime moi non plus
Conserver le pouvoir par la corruption
L'histoire du Renouveau-Rdpc s'écrit en lettres de sang
Au moins 70 000 morts sur les chemins du Renouveau
Emasculer pour rêgner
Valsero : Emotions de soutien pour encourager la ruine du Cameroun
Insécurités, lot quotidien des bizarreries
6 avril 1984: Un pogrome prémédité
Toutes les pages

Conserver le pouvoir par la corruption
Tous les observateurs avertis s’accordent à dire que la corruption est généralisée et touche tous les secteurs d’activité au Cameroun. En 34 ans, Paul Biya a réussi à faire du Cameroun une corruptocratie
Pour le commun des Camerounais, les mesures gouvernementales prises ces derniers temps contre les responsables convaincus de corruption semblent n’être que de la poudre jetée à leurs yeux et une manière pour les gouvernants de contenter les bailleurs de fonds afin de bénéficier de l’aide. Les plus sceptiques estiment que le pouvoir en place se nourrit de la corruption. Pour ceux-ci, lutter contre la corruption, ce serait se faire hara-kiri ou scier la branche sur laquelle il est assis. Combattre la corruption serait donc pour lui suicidaire. De sorte qu’aujourd’hui les discours de Paul Biya sonnent faux dans leurs oreilles.
Ce scepticisme est d’autant plus compréhensible que dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique (n° 1990 du 02 au 09 mars 1999), Paul Biya affirmait : « Si cette lutte impitoyable [contre la corruption] avait été déclenchée alors que les fonctionnaires étaient sous le triple coup des baisses de salaires imposées par l’austérité, des licenciements suggérés par les bailleurs de fonds et de la dévaluation du franc CFA, l’émeute aurait été quasi-inévitable […] ».
Les Camerounais sont aussi étonnés de constater qu’il instrumentalise la justice pour condamner sans preuve, lui qui avait lancé un cinglant - « Où sont les preuves ? » à Eric Chinje - ou pour priver d’honnêtes citoyens de liberté 6 à 8 années durant avant qu’ils ne soient relaxés par la Cour suprême, faute de preuves.
Paul Biya n’est d’ailleurs pas à une contradiction près. En 1987, il déclarait à Eric Chinje, à propos de la répression contre l’enrichissement illicite ce qui suit : « […] Quand on sait qu’une personne gagne une certaine somme, si elle vit sans rapport avec ce qu’elle gagne, on doit pouvoir savoir d’où viennent ses revenus. […] Quand on ne pourra pas justifier les biens que l’on possède, il faudra que l’État prenne des mesures. Mais pour cela, il faudra peut-être […] que nous voyions avec l’Assemblée nationale si une loi appropriée réprimant l’enrichissement illicite, l’enrichissement sans cause, n’est pas nécessaire au stade actuel.?» 29 ans après cette déclaration, les Camerounais sont surpris qu’il promulgue la loi portant nouveau Code pénal dans lequel l’enrichissement illicite n’est pas criminalisé.
Somme toute, la corruption qui consacre la revanche de l’officieux sur l’officiel, de l’écart sur la norme, s’est aggravée à partir du moment où de la bouche de la voix la plus autorisée, il avait été demandé de fournir les preuves attestant l’existence des pratiques corruptives ou de l’implication des individus et gestionnaires des deniers publics. Cette autorité n’ignorait pas que l’absence de preuve protège la pratique de la corruption et réduit au silence ceux qui peuvent avoir l’audace de la dénoncer et que suspendue à la preuve qui lui assure le droit d’exister, mais qu’elle ne peut pas toujours produire pour exister, la critique courante et les indignations de ceux qui ont encore la conscience morale s’avèrent souvent très peu efficaces, selon le philosophe Lucien Ayissi. On comprend pourquoi malgré ces indignations et les dénonciations, la corruption continue de prospérer dans divers secteurs et connaît la plus grande manifestation publique lors des campagnes électorales. Il est d’ailleurs de notoriété publique que le parti au pouvoir ne fonctionne que sur des revenus étatiques et qu’au moment des campagnes électorales il mobilise la logistique étatique, notamment des fonctionnaires, des véhicules administratifs, des chauffeurs et des bons de carburant. Cette mobilisation des ressources humaine et matérielle de l’État n’épargne pas des entreprises publique et parapublique telles que la Snh, Sonara, Cdc, Crtv, Cnps, Snec, la Sic et autre Port autonome, Feicom, Cnps et le Cfc etc. Paul Biya avait d’ailleurs été le premier à corrompre certains partis politiques de l’opposition en 1992, en leur offrant 500 millions de FCFA non dévalués pour les pousser à prendre part aux législatives organisées en mars de cette année-là.
Bonnemort & Jeanlin