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Paul Biya, un homme dépassé, du paasé et du passif - Biya/Ahidjo: Je t'aime moi non plus

Paul Biya, un homme dépassé, du paasé et du passif - Biya/Ahidjo: Je t'aime moi non plus

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Index de l'article
Paul Biya, un homme dépassé, du paasé et du passif
La Républiques des vampires
Paul Biya, incapable de balayer devant sa porte
Biya/Ahidjo: Je t'aime moi non plus
Conserver le pouvoir par la corruption
L'histoire du Renouveau-Rdpc s'écrit en lettres de sang
Au moins 70 000 morts sur les chemins du Renouveau
Emasculer pour régner
Valsero : Emotions de soutien pour encourager la ruine du Cameroun
Insécurités, lots quotidien des bizarreries
6 avril 1984 ; un progrome prémédité
Toutes les pages

Biya/Ahidjo: Je t'aime moi non plus
34 ans après, les Camerounais n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. En 1982, ils avaient pris leur rêve pour des réalités. Ils maudissent Ahidjo pour leur avoir filé un poids mort. Paul Biya est la croix du peuple.
Les Camerounais, qui n’ont jamais voulu prendre les déclarations de Paul Biya au sérieux, ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Car, depuis son accession à la mangeoire suprême, univers de villégiature chic, haut de gamme jouissant de beaux paysages féeriques dignes d’un paradis terrestre où ne peuvent vivre que des hommes-lions, c’est-à-dire des paresseux, il a eu la lucidité de toujours leur dire la vérité. Des exemples sont légion qui permettent de montrer que Paul Biya a toujours été sincère avec ses compatriotes.
Ils peuvent se remémorer ce très bon discours prononcé, le 21 juillet 2006, devant les militants du Rdpc réunis au palais des congrès en congrès extraordinaire. Il y avait aménagé un temps fort, sur un ton de confession qui dévoile le fond de son âme, de son être profond. "Je n'ai pas changé ", avait-il dit. Avant cette confession, les Camerounais avaient cru, à tort, que les épreuves l’avaient métamorphosé. Non, le jeu de la vérité auquel il s’est souvent adonné mécaniquement lors des campagnes électorales n'est que factice. D'ailleurs, change-t-on vraiment à plus de 84 ans ? Ses habits neufs ne durent que le temps d'une campagne électorale. Dès l'élection, sa nature profonde reprend le dessus. Il transforme le Cameroun en un avion sans pilote à bord. Chassez le naturel, il revient au galop. Et même l'opération dite "Épervier" que les Américains et les bailleurs de fonds l’avaient contraint d'engager n'est qu'un trompe-l'œil, un jeu de massacre politique, étant donné que ce rapace diurne n'attrape que les poussins, jamais les mères-poules et les coqs. C’est pourquoi, il peut tout faire, tout dire en omettant de balayer devant sa porte.
C’est aussi pourquoi, Il n'est pas exagéré d’affirmer que le 6 novembre 1982, beaucoup de Camerounais avaient pris des vessies crevées pour des lanternes. Et que le biyaïsme est synonyme de gabegie, corruption, vol, détournement des deniers publics, assassinats, népotisme, tribalisme, braquage, bradage du patrimoine commun, inertie, crimes rituels, etc.
Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement, pour un homme dont l’unique rêve dans sa jeunesse était d’avoir, un bon compte en banque, de belles maisons, de belles voitures. D’ailleurs ses supérieurs hiérarchiques avaient vu juste, eux qui n’avaient pas hésité à porter des appréciations défavorables quant à sa manière de servir.
Quand mourant mais lucide, Arouna Njoya avait appris vers la fin des années 70 que Ahmadou Ahidjo s’apprêter à démissionner pour céder sa place à Paul Biya, il avait fait venir à Foumban, deux amis proches d’Ahidjo, Oumarou Sanda et Abdoulaye Yadji et leur avait tenu ces propos : « J’entends raconter, leur avait-il dit, que le Président veut organiser sa succession et laisser le pouvoir à quelqu’un du Centre-Sud. Portez-lui mon message, qui sera sans doute le dernier : qu’il ne fasse jamais cela, sinon le Cameroun se retrouvera dans la situation où il était avec Mbida.» (Bayard, 1994 :159). Ce sage parlait ainsi du tribalisme. En 1982, Yadji avait divulgué cet avertissement, quand l’actualité avait donné tout son relief à cet avertissement. Paul Biya a fait du tribalisme l’un des leviers de son maintien au pouvoir. L’exacerbation de la tribu a atteint son apogée au début des années 1990, pendant les années dites de braise. Aussi a-t-il réussi à introduire les notions d’allogène et d’autochtone dans la constitution.
Germaine Ahidjo et beaucoup d’autres proches collaborateurs étaient en désaccord avec Ahidjo sur le choix de son successeur. Le temps leur a donné raison. Ahidjo seul sait pourquoi, il avait porté son choix sur celui qui n’était même pas membre de l’Unc et qui lui avait été recommandé par Louis Paul Aujoulat. Sûrement qu’ils avaient passé un deal secret. Vraissemblement soutenu par la France, par le biais de Elf. Gilles Gaetner et Jean-Marie Pontant (2000, p.47) affirment que « c’est la compagnie (Elf, Ndlr) qui avait aidé Paul Biya à devenir président du Cameroun ».
On comprend pourquoi, avant sa démission, le 4 novembre 1982, Ahmadou Ahidjo avait mis sur pied un scénario afin de faire croire aux Camerounais qu’il était gravement malade. Et à l’aéroport de Yaoundé, de retour d’un voyage soi-disant pour rencontrer son médecin, le 3 novembre 1982, il avait simulé la maladie, pendant que sa femme était radieuse. Cela n’avait paséchappa à Samuel Eboua, alors secrétaire général de la présidence de la République. Germaine Ahidjo reconnaitra plus tard en affirmant qu’« en réalité, Ahidjo n’a vu aucun médecin ». Et d’ajouter : « A ce moment-là, j’ai mal joué mon rôle ».
Ikemefuna Oliseh