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Index de l'article
Succession présidentielle: La guerre totale
Vers Etoudi en marchant sur des cadavres
Succession présidentielle: passé, présent et avenir
Louis Paul Motaze: L'Ambitieux silencieux
Rémy Ze Meka: Mourir d'espoir
Edgar Alain Mebe Ngo'o: Le pouvoiriste bling bling
Laurent Esso: Le Magistrat-chirurgien de l'Opération épervier
Franck Biya sur le starting bloc
René Sadi: Le parangon de l'inertie
Broyé par le rouleau compresseur
Mathias Eric Owona Nguini:
Les conditions d'une succession ou d'une transition politique pacifique au Cameroun
Toutes les pages

Vers la nuit des longs couteaux
On peut résumer l’art de gouverner chez Paul Biya par cette phrase de Machiavel. « Les États héréditaires accoutumés à la famille de leur prince sont bien plus faciles à conserver que de nouveaux ; il suffit en effet de n’y pas bouleverser les dispositions établies précédemment et, pour le reste, de temporiser devant les situations imprévues. De sorte que si un prince héréditaire est d’une habileté moyenne, il se maintiendra toujours sur son trône, sauf s’il en est chassé par quelque force irrésistible et même alors, au moindre revers de l’occupant, il le regagnera ». Comme on le sait, Paul Biya est un vrai disciple de Machiavel. Jean-Marie Atangana Mebara ajoute qu’il a beaucoup lu le Bréviaire des politiciens du Cardinal Mazarin, un opuscule qui se termine par les préceptes suivants :

« Aies toujours à l’esprit ces cinq préceptes :
1. Simule ;
2. Dissimule ;
3. Ne te fie à personne ;
4. Dis du bien de tout le monde ;
5. Prévois avant d’agir.
»

Au moment où ses soi-disant lieutenants échafaudaient les stratégies pour le remplacer la tête de l’État, il avait pris sur lui en 2008 de faire modifier la constitution et de lever le verrou de la limitation des mandats, ce qui lui avait permis de briguer un autre mandat en 2011. Une manière de piéger les impatients et de clamer les ardeurs de ces caméléons qui peuplent son univers et le soutiennent le jour et complotent contre lui la nuit. Il avait compris leur stratagème. C’est pourquoi il avait décidé d’engager une opération dite d’assainissement de la moralité publique qui, aux yeux de certains observateurs avertis était non seulement une manière pour lui de se faire une virginité politique de manière à aller à la conquête de nouveaux suffrages dans une posture favorable, mais était aussi un sacrifice rituel permettant d’éliminer les personnalités de son entourage les plus aptes à le remplacer au sommet de l’État, et de positionner un dauphin. La manœuvre était cousue de fil de blanc. Les différents protagonistes l’ont si bien compris que de nos jours les objectifs de ladite Opération ont été détournés. Elle est désormais mise au service des ambitions de ceux qui pensent à la conquête du pouvoir chaque matin en se rasant. La bataille pour la succession de Paul Biya fait rage au sein du RDPC. Au regard de la faiblesse des leaders des partis dits de l’opposition, les protagonistes sont convaincus que le prochain président de la République sera quelqu’un du système, comme en Centrafrique, au Sénégal, au Gabon ou au Burkina Faso. Ils sont nombreux qui affutent leurs armes : Franck Biya,  Laurent Esso, Réné Sadi, Edgar Alain Mebe Ngo'o, Marafa Hamidou Yaya et Atangana Mebara qui ont perdu la bataille mais pas la guerre, etc. Vers un dénouement tragique.

Source: Germinal n°088 du 27 juin 2016