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Index de l'article
Ces Assassins des libertés publiques
Ci-gisent les libertés publiques
Loi n°90/055 du 19 décembre 1990, portant régime des réunions et des manifestations publiques (extraits)
Des sous-préfets avides d'amalgames fallacieux
Retour déguisé de l'ordonnance 62 réprimant la subversion
Comment le dauphin, René Sadi, ménage sa monture
Le panthéon des assassins des libertés publiques
Loi n°054 du 19 décembre 1990 portant maitien de l'ordre
Le cadre normatif de l’exercice de la liberté de réunion et de manifestation publiques : Le Cameroun à l’épreuve des autres systèmes juridiques
Toutes les pages

Le Héros et le Grand Homme
Il existe grosso modo deux catégories de Camerounais repérables par leurs agissements respectifs dans l’espace public.
D’un côté ceux qui, ayant bénéficié du décret présidentiel ou arrêté ministériel occupent une position de pouvoir et ont, de ce fait, la possibilité d’autoriser ou d’interdire ce que les autres citoyens envisagent. Ces Hommes de pouvoir se croient obligés d’applaudir toutes les décisions et actes posés par leur hiérarchie qui remonte jusqu’à Etoudi. Nos « élus par décret » disposent d’une « section intellectuels » constituée d’hommes et femmes qui, se parant d’oripeaux scientifiques, ont une mission principale : démontrer que le chef de l’Etat et ses ministres ont toujours raison. Il est question pour eux de donner une caution scientifique aux agissements du Prince et compagnie.
De l’autre côté, une autre catégorie de Camerounais(es) qui, en privé et surtout en public, individuellement et surtout collectivement, ne cessent d’interpeller les dirigeants sur les conséquences et implications néfastes de leur conduite. Ils s’expriment dans les médias et n’hésitent pas à descendre dans la rue

pour désapprouver tel ou tel acte posé par les gouvernants. Pour briser le morale de ces « empêcheurs de se servir en rond », non sans les ridiculiser aux yeux du peuple-électeur, les Hommes de pouvoir leur préparent un menu plutôt riche, parce que constitué de gaz lacrymogène et embastillement avec passage obligé dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie.
A observer ces serviles serviteurs du pouvoir, force est de constater qu’ils n’ont tiré aucune leçon de l’histoire. Le régime a jusqu’ici assuré sa longévité en sacrifiant nombre de ses serviteurs d’hier. Des ministres et secrétaires généraux de la présidence de la République, aujourd’hui incarcérés dans le cadre de l’Opération Epervier n’ont-ils pas regretté de n’avoir rien fait pour aménager nos prisons ? De toutes les façons, s’ils avaient usé de leur pouvoir pour humaniser les pénitenciers, ils en seraient des bénéficiaires. Derrière les barreaux, ils comprennent que ceux qui demandaient l’humanisation de nos prisons n’étaient pas comme ils les désignaient hier, « des ennemis de la République ». Dans sa pièce de théâtre intitulée La croix du sud, le philosophe dramaturge camerounais Joseph Ngoué donnait ce conseil : « La conjoncture fait le héros et l’histoire le grand homme. Gardez-vous de servir l’instant présent, servez le temps qui dure ». A bon entendeur…