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Les Camerounais ont une imagination très fertile. Derrière tout ce qui passe, ils trouvent toujours un signe annonciateur du déluge ou de la fin du monde. L’autre jour au Boulevard du 20 mai, la voiture du résident de la République est tombée en panne. Il n’en fallait pas plus pour que ceux qui piaffent d’impatience pour accéder à la mangeoire suprême trouvent derrière cette banalité quotidienne, un signe avant-coureur d’une fin de règne. Comme si des milliers de voitures qui tombent au quotidien en panne et encombrent les chaussées de nos routes ou ce qui en tien lieu, annonçaient une peste qui s’abat sur le Cameroun. Il est vrai que l’image qui a circulé sur les réseaux sociaux est insolite. Elle confirme le fait qu’en haut lieu, au ciel à Etoudi, on ne sait même pas ce qu’on appelle maintenance. Les pourfendeurs de l’Intendant principal du Palais, Christophe Foé Ndi, pour ne pas le nommer, ont trouvé là une belle occasion pour l’accabler comme si le diplôme en mécanique-auto qu’il n’a pas lui permettait de faire

la maintenance du parc automobile du Palais. Paul Biya devrait comprendre que ces choses-là arrivent à tout le monde, aux puissants comme aux rien-du-tout. Il est vrai que depuis cet incident banal Foé Ndi a perdu le sommeil. Même s’il dormait tranquillement en ouvrant ses deux yeux, cela n’empêcherait pas ses détracteurs de continuer à fomenter des complots pour avoir sa peau.
Tout comme, malgré le démenti du sinistre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, qui avait annoncé que c’était la voiture d’un Chinois qui était tombée en panne, des incrédules ont continué à prendre leurs fantasmes pour des réalités.
Vous avez dit fantasme ! Beaucoup de Camerounais vivent de fantasmes. Il suffit de les écouter pour avoir les informations A1 sur tout ce qui passe dans ce pays que d’aucuns comparent au Gondwana de Mamane. Ils n’ont pas hésité à fantasmer sur le dernier court séjour présidentiel à l’étranger. Contrairement à ceux qui pensent que le récent déplacement de Paul Biya était relatif au problème de sa fille Brenda, qui depuis un certain temps est devenue la risée d’une populace en mal de sensations fortes, pour les mauvaises langues, c’est pour se faire soigner que Paul Biya s’est déplacé pour un court séjour privé en Europe. Ceux-ci rêvent les yeux ouverts. Kukuma n’est pas malade. Sa prostate est aussi normale que celle d’un garçonnet de 18 ans. Alors taisez-vous ! Sinon, vous aurez affaire à François Marc Modzom, décrypteur attitré des silences pestilentiels, qui fera votre psychanalyse et vous en verra soit dans un asile de fou, soit à l’hôpital Jamot pour vous faire soigner. Allez demander de ses nouvelles au quotidien français Le Monde qui avait osé dire il n’y a pas longtemps que notre immortel président de le Ripoublique était en Europe pour soigner sa maladie (prostate). D’ailleurs, où est le problème ? Si Paul Biya est malade, c’est le problème de qui ? Quand Ahmadou Ahidjo était tombé malade jusqu’à ce que mort s’en suive, c’était le problème qui ? Depuis que son corps est abandonné dans un cimetière au Sénégal, c’est le problème de qui ? Ça ne regarde que sa famille. Ça ne regarde pas ces ingrats qui avaient déclaré dans l’euphorie le 6 novembre 1982 que Ahidjo restera dans la mémoire collective comme un géant de l’histoire du Cameroun, comme un géant de l’histoire tout court. Tout homme bien portant n’est-il pas un malade qui s’ignore ? Et puis, il faut rendre grâce à Dieu qui a envoyé son fils Paul Biya au Cameroun pour maintenir la paix, assurer la stabilité du régime, couper l’électricité parce que, la nuit, la lumière est novice aux plantes vertes ; faire des Camerounais de véritables ascètes qui recherchent une élévation spirituelle afin de devenir des grands maîtres qui travaillent pour améliorer le monde, et tutti quanti. Joseph Anderson Le et d’autres créatures-esclaves de Paul Biya sont mieux placés pour parler de la mission divine que Zamba avait confiée à son fils unique qui s’apprête dans les prochains jours à effectuer un réajustement ministériel après la mort de Peter Agbor Tabi. C’est pourquoi depuis quelque temps, certaines personnalités sont devenues très frileuses. Ne sachant pas de quoi demain sera fait, elles hésitent à aborder certains sujets. Surtout que de plus en plus, on parle de la réactivation de l’opération Épervier. D’aucuns affirment même que de nouvelles salles VIP ont été aménagées au Sed et à Kondengui. Et comme nous le savons si bien, une salle VIP ne saurait être aménagée pour des voleurs de poules ou des pick pocket qui déambulent au marché Mokolo ou à l’Avenue Kennedy à Yaoundé.
Pendant que certains ont peur de se retrouver au gnouf, Ngalle Bibehe Jean Ernest Massena, ministre des Enseignements secondaires trace sa route. Il consulte à tout va : les syndicalistes, les collaborateurs qui ont quelque chose à lui dire, des enseignants, des parents d’élèves. Dans les couloirs de son département ministériel, ces collaborateurs sont dans l’attente. Ils attendent ses premiers actes pour voir vers où il les embarquera. La longue expectative est même devenue démoralisante. À en croire ceux qui ont côtoyé, le nouveau ministre des Enseignements secondaires, il prend tout son temps pour placer les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Il rêverait de redorer le blason terni des enseignants. C’est la raison pour laquelle il serait très attentif aux questions soulevées pars les syndicalistes et est très sensible aux propositions qu’ils lui font parvenir. Vivement qui ses rêves s’incarnent et deviennent des réalités concrètes et non virtuelles.
Maheu.