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altComme une hydre, une des faces sombres de la vie politique sociale du Cameroun est ressurgie récemment  à la surface de l’actualité nationale avec l’affaire dite du scandale du concours d’entrée à l’IRIC.  Les faits sur l’histoire d’un concours administratif où deux listes d’admission distinctes ont été publiées par la même personne le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo sont assez troublants. Les explications qu’il a apportées sur sa conduite ainsi que les arguments des thuriféraires du régime à l’instar des sorties de l’éminent professeur Mouangué Kobila et même les contre arguments des uns finissent par convaincre que le Cameroun est englué dans ce que le collectif changer le Cameroun a appelé l’ethnocratie.
Donner un point de vue différent sur l’équilibre régional au Cameroun n’est pas facile particulièrement parce que la réification de l’ethnie est ancrée dans les réflexions sociales. Ainsi ceux qui contestent le fameux équilibre régional remettent plus en cause le mode de répartition qu’ils ne questionnent l’instrumentalisation de l’ethnicité.

Cette sortie se donne donc un objectif modeste en ce sens qu’il ne changera pas tant s’en faut une opinion sur l’ethnicité qui bien que située sur les bases erronées est la matrice du discours hégémonique depuis des décennies au Cameroun. Le but que cette réflexion est de questionné les fondements politiques de  la gestion de la diversité ethnique au Cameroun.   
Cet article va d’abord revenir sur les faits le fameux concours de l’IRIC pour souligner les principales contradictions. Il va ensuite illustrer les différences fondamentales entre une analyse qui est purement juridique et une lecture politique de ce problème. Il va par ailleurs démontrer l’historicité raciste du concept d’équilibre régional. La dernière partie de cette contribution soulignera le caractère construit de la représentation ethnique au Cameroun.

I- Les faits
Le ministre signe successivement deux listes d’admissions à la prestigieuse école de formation IRIC ( http://www.iricuy2.net/)  dans la filière diplomatie qui est la seule qui ouvre la porte à une carrière dans la diplomatie camerounaise. Il se fend ensuite par un communiqué (dix jours plus tard) expliquant son geste et parachève le tout par une sortie sur les ondes de la radio nationale où il a développé le principe de mérite régional tout en faisant des appels du pied au président pour le sortir du merdier. Ce que ce dernier a fait puisque quelques jours plus tard tous les candidats étaient admis sans exception. Comme d’habitude au Cameroun les uns se sont fendus de motions louant la grande magnanimité du chef d’État, les autres ont vilipendé un geste qui galvaudaient l’excellence de l’école et sapait les fondements de la république. Même si cette situation est juste un point sur le large débat qu’est la question de l’équilibre régionale, soulignons quand même quelques contradictions qui ont échappé aux analystes. D’abord le ministre avoue au moins avoir commis deux erreurs : nommer un comité d’évaluation qui ne connaissait pas toutes les règles au moment de prendre les décisions finales ensuite publier sans vérification les listes qui lui ont été soumises.

Les principales incuries sont cependant ailleurs. Le ministre s’est basé sur le patronyme et le lieu de naissance pour déclarer que les candidats représentaient une région. Si on suit une hypothèse dans le cas où un candidat serait né dans la province d’affectation de son père lequel lui aurait donné le nom du voisin qui a transporté la maman à l’hôpital, que devient le candidat? Par ailleurs si vous êtes de père inconnu inutile de faire le concours de l’IRIC parce que c’est le village de naissance de votre père légitime qui sert à vous classifier. Même les organisateurs du concours des miss Cameroun qui ne sont pas pour autant des éminents professeurs d’université savent que pour représenter une région, il faut qu’il y ait d’abord un concours à l’intérieur d’une région et ce sont les vainqueurs qui iront au niveau national représenter cette région. Dans le cadre du concours de l’IRIC, c’est le ministre qui décide qui représente quelle région. La question que l’on pourrait poser au ministre est celle de savoir quelle région peuvent représenter des candidats qui pour 80% sont tous nés dans les centres urbains principalement Yaoundé et Douala et qui pour 100% ont tous étudiés dans ces deux villes et dans près de 60% de temps n’ont jamais mis les pieds dans le village de naissance de leurs parents si ce n’est lors des rares occasions de deuil dans la famille? Le forfait du ministre est encore plus prononcé parce qu’il porte sur l’institution de l’éducation. En fait dans leur volonté de nier la dynamique sociale les dirigeants du Cameroun n’ont pas compris que le devoir de l’école avait changé. On est parti du fameux : nul n’entre ici s’il n’est géomètre de l’académie de science du philosophe Platon vers une promesse de l’école républicaine contemporaine : ceux qui sortiront d’ici seront des diplomates de qualité. En effet la philosophie de l’université est que peu importe l’origine de l’étudiant, l’école produit une meta identité qui est appelée à transcender son identité ethnique. Cette position est encore plus poussée quand il s’agit d’une école qui enseigne la diplomatie. En effet l’IRIC s’engage à donner à ses étudiants une somme des savoirs qui vont leur conférer un savoir-faire en matière de diplomatie, mais qui à terme vont aussi les transformer avec un impact sur leurs savoir-être surtout qu’en la matière, il existe une codification méticuleuse qui est la déclinaison d’un éthos  de la parole et des attitudes. L’identité des candidats à l’entrée devrait donc importer très peu.

Par ailleurs en près de 45 ans d’existence, l’IRIC a produit de nombreux diplomates. On peut très bien mesurer ce que ceux-ci ont apporté à leurs « régions d’origines » à savoir pas grand-chose si ce n’est quelques villas perdues dans des bourgades isolées. Comment donc les formations qui débouchent sur les possibilités de jouissances individuelles font-elles alors l’objet d’un passage à travers une institution collective : la région.
Ce qui est par contre surprenant c’est que l’IRIC n’ait pas un centre de recherche sur la France, un pays qui a tant d’influence sur le Cameroun. Comment ne pas s’étonner que l’institut n’est pas produit un seul spécialiste du Nigéria un pays qui a plus de 170 millions d’habitants avec lequel nous partageons une si grande frontière et  quand il s’enrhume le Cameroun éternue?

II- Le consociationalisme différent de l’équilibre régional
Pour soutenir sa décision, le ministre s’est appuyé sur le droit existant. L’argumentaire utilisé par le professeur Mouague Kobila. En réalité le droit est régulièrement le paravent utilisé par les thuriféraires du régime pour justifier un certain nombre d’incuries. D’ailleurs le Cameroun cédant à une logique francophone a  toujours vassalisé l’analyse politique à l’autel d’un argumentaire juridique. La distinction entre le droit et la politique est pourtant clairement inscrite dans la plupart des théories du droit positivistes comme l’attestent entre autres les travaux de Norberto Bobbio (Yturbe, 1997). S’il est vrai que le droit et la politique ne sont pas antagonistes, privilégier une analyse juridique pour justifier des décisions archaïques ne peut être anodin. Le droit a été conçu à un moment précis et est très souvent le résultat d’un rapport de force et le produit des acteurs politiques les plus forts de ce moment. Cela ne signifie aucunement qu’il ne saurait être remis en cause au vu de l’évolution de la société et de l’aspiration profonde de la population. C’est justement le propre du politique d’analyse la dynamique sociale afin de réajuster le droit.  Au Cameroun ceux qui dirigent se réfugient sans cesse derrière des vieilles lois pour justifier l’immobilisme. Par ailleurs, la majeure partie des exemples cités par le professeur Mouague Kobila dans sa sortie proviennent pour la plupart des États fédéraux comme le Canada, l’Éthiopie ou même les États-Unis alors que le Cameroun est un État unitaire. En fait l’équilibre régional si l’on en fait une analyse politique a pour base le consociationalisme (Sindjoun, 2000, Mouangue 2008).  Ce terme signifie, une association des pairs symptomatique du caractère égalitaire des rapports entretenus par les différentes forces en coalition. Ce concept dont l’utilisation date du 17e siècle a surtout été popularisé par le politologue Néerlandais Arendj Lijphart. Cet auteur part de la conviction que : « la division de la société en plusieurs groupes ethniques constitue un formidable obstacle à la stabilité et la viabilité de la démocratie » (Lijphart, 1995 : 854). Pour venir à bout de ce risque, il faut donc mettre au point une politique de compréhension qui débouche à une collaboration négociée entre les différentes parties. C’est d’ailleurs la quête permanente de ce consensus qui expliquerait la stabilité dont jouiraient les démocraties d’Europe de l’Ouest malgré des sociétés immensément fragmentaires (Clark & Foweraker, 2001). Le consociationalisme a 4 caractéristiques principales :

- Elle est une grande coalition des leaders politiques issus des segments signifiants de la société plurielle;
- La protection des intérêts des minorités se fait par le truchement d’un droit de veto;
- La nomination aux postes de responsabilités ainsi qu’aux fonds publics se fait sur une base de représentation proportionnelle;
- Les différents segments identifiés de la société jouissent d’une assez grande autonomie pour gérer des affaires internes qui relèvent de leur ressort.

Lorsque l’on parle de consociationalisme au Cameroun, on est surtout en présence d’une élite politique qui articule ses choix avec pour objectif principal le maintien de son accès aux privilèges qu’apporte le pouvoir. Le consociationalisme n’est qu’une forme du partage de pouvoir (Orji, 2009). Il y en a d’autres. Comme le modèle dit des motivations (Horowitz, 1985) qui s’appuie sur les limites du consociationalisme en montrant que les accords entre les élites ne suffisent pas toujours pour garantir le respect des ententes. Ce modèle suggère de créer et de renforcer l’autonomie des États fédérés ayant des ethnies homogènes dans le cadre d’une fédération et la mise au point des États fédérés hétérogènes dans les espaces territoriaux où les groupes ethniques seront mixés dans la représentation.

La politisation de l’ethnie au Cameroun qui a pour corollaire le partage du pouvoir concentre toutes les questions politiques autour de l’accès aux postes de responsabilités (qui bénéficie à un groupe restreint d’individus) et néglige l’accès aux biens publics qui répondent aux besoins de la collectivité.  Transformer la fonction publique (destination ultime des étudiants en diplomatie de l’IRIC) en gâteau national dont les élites ethniques s’accaparent des parts revient à une logique néopatrimoniale (Brownlee, 2002; Wantchekon, 2003) et clientéliste que même l’argument de la relativité culturaliste ne suffit pas à masquer puisque la taille des cabinets ni les fonctions des ministères ne sont adaptées aux besoins de la population (van de Walle, 2001). L’articulation téléologique de la praxéologie des nominations est rivée plus sur l’équilibre des rapports de forces des élites ethniques que sur l’opportunité d’offrir des services à la population.

Par ailleurs pour rendre justice au consociationalisme, il convient de reconnaître qu’il n’a pas encore été appliqué dans la philosophie de la lettre au Cameroun. En effet les éléments comme le droit de veto des parties contractantes sont inexistants dans sa configuration camerounaise. Le partage du pouvoir tel qu’il fonctionne au pays est souvent réduit à un leader (le président ou le ministre) qui associe d’autres personnes selon son bon vouloir à la gestion des affaires publiques avec la conviction de l’élargissement de sa base politique.

Puisque l’équilibre régional est uniquement un accord entre élites au détriment de la population, les leaders politiques comme le professeur Mouangue Kobila se doivent essentiellement de convaincre les autres acteurs politiques et surtout la plèbe que le statu quo contient plus de bénéfices et qu’à contrario, le changement renferme des conséquences très lourdes. C’est ce qu’illustre sont sous-titre équilibre régional, facteur de paix. En effet le chantage à la paix est une tactique régulière du régime. En réalité ce soi-disant équilibre ne garantit aucunement la paix. En effet la fameuse théorie de frustration-agression (Berkowitz, 1989) a montré depuis longtemps ses limites. La frustration se définit comme étant un écart négatif entre ce qu’un individu ou un groupe d’individus considère comme lui revenant de droit et ce qu’il reçoit effectivement dans une situation particulière (Koussihouèdé & Sossou, 2008). Or au Cameroun où le régime RDPC a institutionnalisé la spoliation de biens et les humiliations physiques en monnaie courante. Les populations qui y sont victimes au quotidien de nombreuses agressions du système n’ont jamais mis la paix en danger. D’autres éléments essentiels au consociationalisme comme l’autonomie régionale renforcée n’ont jamais été appliqués au Cameroun. L’autorité politique du pays limite l’intégration régionale aux postes politiques et administratifs, le pouvoir demeure essentiellement concentré à  siège des institutions administratives. Yaoundé. Le centralisme l’emporte sur la division territoriale du pouvoir. La nomination des fils et filles du village a rarement accompagné le développement économique ou social d’une région. D’ailleurs parlant d’équilibre ce serait très bien d’équilibrer les infrastructures comme les hôpitaux et les écoles, etc.

III- Le racisme à l’origine de l’équilibre régional
Les dirigeants du Cameroun qui ont appris à gérer une colonie se sont retrouvés à la tête d’un État-nation. En effet, on ne gère pas un État-nation comme on gère une colonie. Cette dernière fonctionne essentiellement comme un empire où la mobilité sociale est régulée à travers l’appartenance ethnique (Pomper, 2005). L’État-Nation quant à lui se gère différemment. Pour le comprendre, il faut revenir sur le rôle et l’action de la fonction publique. Les fonctionnaires sont appelés à se mettre au service de toute la nation. Les futurs diplomates de l’IRIC ne sauraient donc représenter une région surtout au niveau international. Au sein de l’État-nation, il n’y a aucun mal, mais alors aucun à ce que tous les membres du cabinet proviennent de la même région voir de la même ethnie. En fait la politisation de l’ethnicité comme ce fut le cas à l’IRIC est un cache-sexe qui sert à masquer l’incapacité de fournir les services essentiels à la population et illustre le clientélisme politique (Médard, 2007).

L’équilibre régional consacre surtout le rejet du pluralisme politique parce qu’il sous-entend que la diversité ethnique peut subsumer la diversité politique (Amselle et Mbokolo, 1985). Il s’agit là de la reprise d’un vieux subjectivisme colonial qui a longtemps servi de justificatif aux impérialistes. C’est ainsi que pour Mongo Beti dont le ministre Fame Ndongo est pourtant un des plus grands exégètes, la politisation de l’ethnicité correspond plutôt à une lecture raciste des réalités ethno-tribales africaines. Il écrit ainsi que :

«  Les termes tribu, tribalisme triomphent dans la littérature occidentale, mais ne correspondent à aucune réalité scientifique. Cette distorsion doit s’expliquer par la référence à la volonté de dévaloriser la culture des sociétés indigènes afin de justifier les entreprises d’assujettissement de l’occident. […] puisant ainsi un argumentaire hérité d’une tradition qui remonte à Jules César qui consiste à cracher sur le vaincu. » (Mongo Beti, 1989 : 223).

En mettant l’accent sur la distinction sur une base ethnique plutôt que politique, le colon consacrait sa conviction que l’Africain est incapable de faire l’expérience d’une adhésion politique sur des bases idéologiques. Les liens primaires transcendant chez lui toutes considérations politiques voire économiques.

IV- L’équilibre régional : une erreur métonymique
Les apôtres de l’équilibre régional sur une base purement ethnique et individuelle ont une lecture assez étroite de la notion de représentation et de l’identité. La notion de représentation politique est assez complexe même si certains analystes ont tendance à l’approcher de manière quelque simpliste. La représentation politique s’entend comme étant le fait de rendre présent dans la conception des politiques publiques, les voix, les perspectives et les opinions des citoyens. Cela passe par un accord plus ou moins formel du public représenté qui accepte la ou les personnes comme son ou ses représentants (Rehfeld, 2006). Il n’y a donc pas de représentation en politique sans délégation de pouvoir. Il est impératif que ceux que vous représentez vous confèrent l’autorité de le faire. Cette exigence correspond à  un double principe cardinal en démocratie : 1-) toute personne affectée par une décision doit participer à la conception de celle-ci ou alors doit être représentée à la table de prise des dites décisions. 2-) la préférence de la majorité doit l’emporter. Or l’équilibre régional au Cameroun c’est toujours le président qui décide de qui représente qui sans demander l’avis des intéressés, c’est souvent le ministre assis dans son bureau sur la base d’un critère qu’il est le seul à connaître décrète de celui qui représente quel groupe ethnique.
L’autre limite familière avec l’équilibre régional c’est l’erreur métonymique qui consiste à prendre la partie (un candidat à l’IRIC) pour le tout (une région).  Elle tient aussi de l’essentialisme qui dans ce contexte peut être perçu comme l’évocation d’une collectivité comme étant le sujet ou l’objet d’une politique. Ceci est fait avec la conviction que ce groupe est homogène (Philipps, 2010). On se rappelle des fameuses et si fréquentes lettres de remerciement au chef de l’État pour la nomination d’un des nôtres. L’attribution des caractéristiques est l’un des principaux problèmes de l’essentialisme politique que constitue l’équilibre régional. On tient pour acquis par exemple qu’un groupe est satisfait par qu’un de ses lointains ressortissants est admis à l’IRIC.

Travaux cités
- Amselle, Jean-Loup (1985); « Ethnies et espace : pour une anthropologie topologique », dans Jean-Loup Amselle et Elikia M’Bokolo (dir.), Au cœur de l’ethnie. Ethnie, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui ».
- Berkowitz, Leonard (1989); “Frustration-aggression hypothesis: Examination and reformulation”.
- Psychological Bulletin, Vol 106(1), Jul 1989, 59-73
- Brownlee, Jason (2002); “… And yet They Persist explaining Survival and Transition in Neopatriomonial Regimes.” Studies in comparative International Development 37, no 3: 35-63.
- Clark, Paul & Foweraker, Joe (2001); Encyclopedia of Democratic Thought, (Eds.) London: Routledge.
- Horowitz, Donald (1985); Ethnic groups in conflict, Berkeley: University of California Press.
- Koussihouèdé, Oswald and Damase Sossou (2008);"Frustration relative de Démocratie en Afrique." Afrobarometer, WP101.
- Médard, Jean-François (2007) « Nouveaux Acteurs Sociaux, Permanence et Renouvellement du Clientélisme Politique en Afrique Sub-saharienne », Cadernos de Estudos Africanos [Online], 13/14 | 2007
- Mouangue Kobila, James (2008), « Droit de la participation politique des minorités et des populations autochtones », Revue française de droit constitutionnel 2008/3 (n° 75) pp : 629-664
- Lijphart, Arend (1995); “Multiethnic Democracy”, in S. Lipset et al. (eds) The Encyclopedia of
- Democracy. Washington, DC: Congressional Quarterly.
- Orji, Nkwachukwu (2009); Power sharing in Nigeria Conception, Implementation, Continuity, VDM Verlag.
- Phillips, A. (2010). What’s wrong with essentialism. In Gender and Culture. Cambridge: Polity Press,  pp. 69-82.
- Pomper Philip (2005), “The history and theory of empires”, History and Theory, Theme Issue 44 (December 2005), 1-27
- Rehfeld, Andrew (2006) “Towards a General Theory of Political Representation”, The Journal of Politics, Vol. 68, No. 1 (Feb., 2006), pp. 1-21
- Sindjoun, Luc, (2000),  « La démocratie est - elle soluble dans le pluralisme culturel ? Eléments pour une discussion politiste de la démocratie dans les sociétés plurales», Colloque international Francophonie-Commonwealth, Démocratie et sociétés plurielles, Yaoundé, 24-26 janvier 2000
- Van de Walle, Nicolas (2001); “The impact of Multi-Party Politics in Sub-Saharan Africa” Forum for development studies 1-2001.
- Wantchekon, Leonard (2003); “Clientelism and Voting Behavior: Evidence from a Field Experiment in Benin.” World Politics 55(3):399–422.
- Yturbe, Corina (1997) “On Norberto Bobbio's Theory of Democracy”, Political Theory Vol. 25, No. 3 (Jun., 1997), pp. 377-400