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Index de l'article
Construire la démocratie à partir des problématiques locales
Democracy and the Minority Problem in the Domain of Education in Cameroon
Retrieving And Consolidating Values Of Anglo-Saxon Educational System
A chronological synopsis of the attempts at assimilating or annihilating the English Subsystem of Education in Cameroon
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Dans le cadre des orientations thématiques et conformément au plan stratégique et au plan d’action annuel de l’espace de la parole et de la citoyenneté dénommé La Grande Palabre, Jean-Bosco Talla, point focal de cette plateforme de discussion a procédé, le 30 avril 2014, à Bamenda, dans la salle de conférence de BCC (Bamenda City Council), sis au Commercial Avenue, au lancement de la phase pilote du projet Construction de la démocratie à partir de la base et des problématiques locales. Ce projet est le fruit d’un partenariat entre La Grande Palabre et Dynamique Citoyenne (DC), réseau regroupant plus de 100 organisations de la société civile camerounaise. 50 personnalités invitées ont pris part à cette cérémonie de lancement. Les femmes et hommes des médias y prenaient également part. Madame Yang Ghislaine, observatrice de Dynamique Citoyenne, dépêchée à Bamenda par les responsables de DC, a suivi les travaux de bout en bout.
À cette occasion, de 11 h à 15 h 45 mn, une discussion publique a été organisée autour du thème : Democracy and The Minority Question : The Case of The English Subsystem of Education in Cameroon.

Trois panélistes ont entretenu l’auditoire sur les sous-thèmes suivants – (lire ci-dessous):
- Democracy and the Minority Problem in the Domain of Education in Cameroon, by Tasi Ntang Lucas
- Retrieving And Consolidating Values Of Anglo-saxon Education System : A Pre-requisite For an Emerging Camroon in 2035, by Fr Tatah Mbuy
- A chronological synopsis of the attempts at assimilating or annihilating the English Subsystem of Education in Cameroon, by John Taiti Fodie

Prenant la parole le premier, le point focal régional de Dynamique Citoyenne - Nord-Ouest et modérateur de la discussion, Wilfred Gassang, Secrétaire général exécutif du CATTU (Cameroon Teachers Trade Union) a souhaité la bienvenue aux participants. Il a par la suite esquissé les contours du projet et des actions de Dynamique Citoyenne dans cette région. Pour terminer, il a présenté les panélistes et le point focal de La Grande Palabre à qui il a immédiatement donné la parole.
Prenant la parole, Jean-Bosco Talla a entretenu l’auditoire sur les missions et les objectifs La Grande Palabre, les actions déjà engagées et les perspectives d’avenir. Il a particulièrement focalisé l’attention des participants sur le projet que La Grande Palabre est en train de mettre sur pied en partenariat avec Dynamique Citoyenne en présentant le contexte et la justification, les objectifs poursuivis, les résultats attendus et la manière de procéder pour atteindre ces résultats.

Contexte et justification
Afrique, terre de mystères, de catastrophes, de famines et de misères ! Combien de fois, a-t-on entendu ressasser, à tort ou à raison, ces sentences par bien de personnes, plus ou moins de bonne foi, cherchant à expliquer ou à comprendre le vécu des Africains en général et des Camerounais en particulier. Même les chercheurs et penseurs qui tentent de dépasser des analyses simplistes des phénomènes observés dans certains pays africains, qui essayent de leur donner une résonance qui tienne compte des réalités du terrain, sont souvent, eux-mêmes surpassés par les événements. On s’est longtemps égaré en vaines discussions sur l'élasticité du temps chez les Africains, sur l'inexistence de philosophie africaine, l'absence d'histoire et du sens de l'histoire qui seraient les principales caractéristiques de l'Afrique et des Africains - et certains ne s'en lassent pas -, expliquant leurs retards, mais on se rend bien compte que quelques-uns, lorsque leurs intérêts sont en jeu, s'évadent de ces enveloppes qui semblaient congénitales. Le poids des pesanteurs dites ancestrales face à l'intérêt immédiat se dissipe, sans disparaître, pour reprendre les propos de Aggée C. Lomo MyaZhiom (2001 : 11-14)
De ce simple constat, nombreux sont ceux qui ont abordé - et continuent d’aborder- les réalités africaines en termes conflictuels de lutte entre la tradition et de modernité. On a même entendu dire que l’Afrique n’était pas mûre pour la démocratie, oubliant à dessein de dire que « l’Afrique n’était peut-être pas mûre pour la démocratie de type occidental », mais qu’elle avait le devoir d’inventer le type de démocratie qui lui convient en tenant compte des contextes sociopolitique, socio-économique et socioculturel dans lesquels vivent les populations africaines. Bref, L'Afrique doit devenir son propre centre (Achille Mbembe, 2011)
Le passé douloureux, les traumatismes subis, les défaites et les déconfitures des peuples d’Afrique sont virtuellement contenus dans ce type de raisonnement. Pourtant, souligne Frantz Fanon dans son ouvrage Peau noire, masques blancs, à propos du nègre, donc de l’Africain : «  la densité de l’Histoire ne détermine aucun de mes actes. Je suis mon propre fondement. Et c’est en dépassant la donnée historique, instrumentale, que j’introduis le cycle de ma liberté. Le malheur de l’homme de couleur est d’avoir été esclavagisé. Le malheur et l’inhumanité du Blanc sont d’avoir tué l’homme quelque part »
Ces analyses, même simplistes, sont aussi valables en ce qui concerne le Cameroun où une partie importante des citoyens et certains observateurs avertis estiment que la démocratie au Cameroun est mal partie ! Elles trouvent leur fondement dans les pratiques courantes des gouvernants et des responsables des formations politiques qui, au lieu de se poser en représentants de l’intérêt général et de la volonté des citoyens, se contentent de considérer le peuple-électeur, ou les citoyens-électeurs, surtout ceux vivant dans l’arrière-pays, à des dizaines et centaines de kilomètres des deux principales métropoles (Yaoundé et Douala), comme des troupeaux de moutons qu’ils doivent amener aux pâturages sans leur demander quelles herbes ils doivent brouter. Autrement dit, le peuple-électeur n’a pas son mot à dire dans l’élaboration des politiques publiques et des règles régissant la vie en communauté. Même lorsque les citoyens-électeurs font un diagnostic pertinent de la situation de leur pays ou mettent le doigt dans les plaient qui minent leur émergence, le concept de développement n'étant devenu désuet, les bien-pensants, ces adeptes du statu quo, accrochés à leurs intérêts individuels et égoïstes, les accusent d'être  à la solde des puissances démoniaques animées par le désir de mettre ne péril l'unité nationale et les acquis palpables et visibles par les aveugles.
Aussi, au Cameroun, comme dans la plupart des pays africains, les marges de manœuvre des citoyens et des organisations de la société civile dans le champ politique sont-elles très réduites, ainsi que les contenus réels et leurs moyens d’action. La démobilisation politique (collective) de la société civile camerounaise ou la faiblesse des mouvements sociaux protestataires en faveur des causes légitimes (absence d'eau, délestages intempestifs, absence des voiries urbaines, violations des droits fondamentaux, non prise en compte des desiderata des populations locales au moment de l’élaboration des politiques publiques, etc.) est patente. Elle est la conséquence logique de l’émasculation des citoyens vivant dans les localités par une « élite » qui estime que tout ce qui est pensé dans les salons dorés de Yaoundé est propre à la consommation. Les chefs traditionnels ne semblent pas, eux aussi, avoir pris conscience de leur rôle et celui de leur engagement politique.
À l’évidence, exclus ou considérés, à tort, comme de simples caisses de résonnance, n’ayant pas la capacité de comprendre les jeux et les enjeux, les citoyens camerounais vivant dans l’arrière-pays et les Osc semblent majoritairement réservés vis-à-vis de tout ce qui a trait à la démocratie et au jeu politique.
La problématique ainsi brossée est d’autant plus importante qu’elle est soulevée dans un contexte social généralement marqué par le vieillissement de la classe politique et l’attente anxieuse d’une transition démocratique, du moins, compte tenu de l’âge du président camerounais, 82 ans dont 52 passés dans la haute administration et 32 passés à la magistrature suprème, d’un changement imminent à la tête de l’État. En construisant la démocratie à partir de la base à des problématiques locales, mieux en faisant la promotion d’une démocratie participative à partir de la base, des localités et des problématiques en rapport avec le quotidien des populations, il est possible de convaincre les Camerounais quant à leur capacité à dégager de façon objective et transparente un consensus politique national apaisé et apaisant, pour ne pas dire pacificateur de l’atmosphère sociopolitique ambiante.

Nous devons, et c'est un impératif catégorique, "quitter nos rêves, abandonner nos vieilles croyances et nos amités d'avant la vie. Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds" (Fanon, 1961)

Objectif général
L’objectif général de ce projet est de promouvoir ou de construire sur l’ensemble du territoire national une démocratie participative à partir de la base à des problématiques locales en rapport avec la démocratie. Il consiste à inviter des responsables politiques, d’organisations de la société civile, des chercheurs, intellectuels et l’ensemble des citoyens d’une région à débattre, au sein d’un espace de discussion qui se veut aussi un espace de construction de la citoyenneté et de promotion de valeurs démocratiques et républicaines, d’enjeux d’actualité et citoyens liés à leur localité en rapport avec la démocratie.

Objectifs spécifiques
- Organiser dans les 10 régions du Cameroun des discussions publiques sur des thèmes spécifiques à chaque région ou localité ;
- Éduquer, à travers les discussions publiques, les populations sur la nécessité de s’impliquer dans l’élaboration des politiques publiques et des règles de la vie en communauté ;
- Susciter la prise de conscience de leur qualité de citoyen et non de sujet ;
- Susciter la prise de conscience de la nécessité de s’engager politiquement ;
- Susciter la prise de conscience de la nécessité d’une mobilisation collective (d’un engagement) politique et citoyenne en vue de la résolution des problèmes sociaux qui se posent dans chaque localité ;
- Faire reculer les frontières de la peur en montrant qu’elle constitue un levier du pouvoir politique,
- Produire des actes (ouvrages) et diffuser auprès des Oscc, des partenaires et des populations ;
- À terme, produire un livre blanc contenant des propositions pour changer le Cameroun
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Résultats attendus
- Les discussions publiques sont organisées dans les 10 régions du Cameroun ;
- Les populations sont éduquées ;
- Les populations prennent conscience de leur qualité de citoyen ;
- Les citoyens s’engagent politiquement ;
- Les citoyens prennent conscience de la nécessité des mobilisations collectives
- Les citoyens n’ont plus peur ;
- Les actes sont produits annuellement ;
- Un livre blanc est produit.

Méthodologie
Pour atteindre ces résultats, une approche théorique permettra de faire le diagnostic, l’analyse sans a priori ni concession de la situation des problématiques retenues dans chaque localité. Cette approche théorique pourra, en fonction des moyens disponibles se fonder sur une enquête. Dans ce dernier cas, l’enquête sera basée sur une démarche précise.
Lors des discussions publiques, les d’échanges seront interactifs, véritables brainstorming entre le public cible (leaders d’opinion, représentants des partis politiques, autorités traditionnelles, leaders des organisations de la société civile, intellectuels, chercheurs et autres participants) ; assuré par un modérateur appliquant la technique de résolution créative de problème, c’est-à-dire la recherche interactive des voies et moyens en vue de la mobilisation et la mutualisation des forces sociales autour des questions qui les interpellent tous dans leur localité respective.



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