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Depuis le début de cette année académique, chaque étudiant de l’Université de Yaoundé I a vu l’institution d’une nouvelle démarche onéreuse dans le processus d’inscription académique. En effet, il est désormais en vigueur un nouvel type de carte dit biométrique et pour ce, l’étudiant est invité à payer obligatoirement 1000 F CFA pour se voir établir un exemplaire. Cette somme de 1000F CFA n’est en aucun cas retranchée des Droits Universitaires (DU) qui s’élèvent à 50.000 F CFA d’après le Décret Présidentiel n°93/033 du 19 janvier 1993. Ce Décret qui limite à ce frais, payable pour l’étudiant dans le processus d’inscription, donne droit ipso facto à une inscription dans son établissement. Il est dit que cette somme représente en fait des photographies et n’est en aucun cas obligatoire d’après le Recteur.
Sur les assurances de Monsieur le Recteur, l’Association pour la Défense des Droits des étudiants du Cameroun (ADDEC) a donc pris le temps d’observer l’application de cette mesure et depuis lors, elle a pu relever de nombreuses incohérences et dérives qui mettent en lumière le forcing qui est provoqué chez les étudiants et le fait que cette nouvelle donne soit rédhibitoire à certains droits des étudiants, de nature même à nuire désormais à l’épanouissement de ces derniers.
Un contraste ahurissant qu’il importe de souligner est le fait que l’on rassure que cette nouvelle carte n’est pas obligatoire pour l’étudiant et le fait qu’aucune carte n’est accordée à l’étudiant s’étant acquitté de ses DU mais qui n’a pas payer ces frais de 1000 F CFA. En plus les établissements avec les différentes notes font comprendre que ce n’est plus de leur ressort que d’attribuer des cartes d’étudiant et le Centre Universitaire de Technologie Universitaire (CUTI) est vraisemblablement le seul organe habileté désormais à produire ces nouvelles cartes. Ce centre qui est pour l’instant un frein par son mode de fonctionnement rébarbatif, son manque d’affabilité criard, son mépris pour l’étudiant, ses horaires d’ouverture questionnables. La confirmation des notes des chefs d’établissement se retrouve dans le fait qu’au bout de ce premier semestre aucune carte d’étudiant n’a été attribuée à un étudiant qui ne s’est acquitté de la somme de 1000F F CFA. Donc les étudiants qui ne verseront pas ces 1000 F ne sont rien d’autres que des laissés-pour-compte. Ce qui est de nature à remettre en cause même la nature Étudiant de l’être car l’arrêté Ministériel N°08/0249/MINESUP du 11/11/2008 indique en son article 3 alinéa (1) que : « Est considéré comme étudiant d’une institution Universitaire publique, le candidat qui a réuni quatre conditions » dont la dernière précise: « la détention d’une carte d’étudiant en cours de validité, délivrée par l’autorité compétente. » Il est donc gravissime que des autorités puissent décider en violation des textes de qui est étudiant et qui ne l’est pas. En fait, la déchéance de la nature d’Etudiant ne s’arrête pas là.
L’assurance qui est prévue par le décret présidentiel indiqué plus haut que l’on viole une fois de plus par la subordination de son octroi à une inscription de 5000 FCFA (chose que nous avions dénoncée au Recteur de l’UY I dans la lettre n0 0557 ADDEC/CEN/SEN/SG du 26 juillet 2013) et dont l’accord entre AXA et l’Université ne loupe pas de stigmatiser la grève, les émeutes et mouvements des étudiants qui sont pourtant des expressions démocratiques dont jouissent les étudiants. Il est indiqué dans cet accord à l’Article IV alinéa «b) l’identification se fait à l’aide de la carte de l’Etudiant […]» ; « c) le gestionnaire des bons de prise en charge au centre Médico- social de l’Université de Yaoundé I dispose d’un registre dans lequel il note entre autre Le numéro de la carte de l’étudiant », dans l’article VI « Alinéa I […] Toute signalisation d’hospitalisation devra ressortir […] le numéro de la carte de l’étudiant. » Il faut également tenir compte du fait que depuis longtemps des centres comme le Centre Pasteur du Cameroun permettent à l’étudiant de bénéficier d’une réduction (30%, 50%) dans sa prise en charge sur simple présentation de sa carte d’étudiant en cours de validité.
Il est donc évident que c’est un traquenard qui a été établi pour contraindre l’étudiant à se soumettre à cette paie. En plus d’autres méthodes subtiles sont introduites au fil du temps. L’ADDEC a eu des témoignages des étudiants qui font état du fait qu’ils ont été éconduits du restaurant au motif qu’ils ne possédaient pas la carte d‘étudiant. Est-ce des attitudes délibérées et singulières des contrôleurs ? Nous pouvons dire que nous en doutons fort pour les faits de la motivation réelle de ceux-ci, surtout de la régularité de l’expulsion et enfin de l’appareil qui à partir de la carte intégrée permet de vérifier la régularité de la carte.
Il est également de coutume de suivre sur le campus, l’information ventilée selon laquelle la prime de l’excellence sera conditionnée à la possession de la carte de l’étudiant. Une rumeur forte bien résonnant qu’elle semble très fondée. Et si par malheur, elle se confirme en se concrétisant par des faits, l’ADDEC prendra ses responsabilités pour répondre de façon appropriée à cette nième provocation.
L’ADDEC tient à faire remarquer que jusqu’à présent, les Droits Universitaires des étudiants ne sont pas dédiés à son rôle primitif. Car son entrée en vigueur a été conditionnée par la participation des étudiants à leur formation académique. Ce qui sera confirmée par le Décret Présidentiel n° 2005/383 de 2005 portant régime financier qui attribue aux chefs d’établissement (doyens, directeurs d’école …) la gestion de 65% des DU. Pourtant jusqu’à présent les laboratoires restent vétustes et même souvent vides, les matériels informatiques invisibles, une couverture réseau internet encore en attente depuis longtemps… L’ADDEC rappelle que les DU n’ont pas pour rôle de couvrir la confection des cartes de l’étudiant, l’assurance, les centres Universitaires. D’autres moyens sont prescrits dans le même décret présidentiel de 2005.
Au regard donc de ces constatations, l’ADDEC
- Demande un démenti de Monsieur le Recteur ;
- Demande la confection de cartes d’étudiant pour tous les étudiants ayant payé leurs droits universitaires conformément aux textes républicains en vigueur ;
- Signifie qu’elle ne rejette pas le projet de modernisation de l’UYI par ces nouvelles cartes mais s’insurgent contre toute forme subtile d’arnaque des étudiants qui n’ont déjà presque rien ;
- Veillera aux côtés des étudiants pour la défense de ses droits à travers plusieurs types d’actions.
Yaoundé, le 20/03/2014
l’ADDEC.