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Marafa Hamidou Yaya: le technocrate, l'homme d'Etat et l'ambition contrariée - Trajectioire: Marafa Hamidou Yaya, ''l'ambianceur''

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Index de l'article
Marafa Hamidou Yaya: le technocrate, l'homme d'Etat et l'ambition contrariée
Marafa Hamidou Yaya écrit à Paul Biya
Le délit de la loyauté et de la compétence
Trajectioire: Marafa Hamidou Yaya, ''l'ambianceur''
Marafa Hamidou Yaya, victime de la présomption de culpabilité
Post Scriptum: Et si Marafa Hamidou Yaya n'ignorait pas ses détracteurs!
Faire de 2018 une année utile pour le Cameroun, par Marafa Hamidou Yaya
Toutes les pages
Trajectioire: Marafa Hamidou Yaya, ''l'ambianceur''
Ses Camarades de faculté sont unanimes, un individu convivial, féru d’humour, un gai luron et un grand « ambiancer ». Un homme qui se libère entièrement chaque fois qu’il est avec ses amis et de gens dont la sympathie lui semble sincère.
Avec sa grande taille, son port altier et toujours sur ses gardes comme tout bon aristocrate foulani, l’ancien tout puissant Minatd donnait à ceux qui ne l’avaient guère approché l’image d’un homme austère, distant, très imbu de lui-même et peu jovial. À l’instar de celle, pourrait-on dire, que l’opinion a de deux de ses ex-collègues, toujours membres du gouvernement, deux personnalités qui ont eu à occuper comme lui la fonction de Secrétaire General de la présidence de la République ; un poste fort convoité et particulièrement prisé dans le landerneau politique du RDPC. Mais que nenni ! À en juger par plusieurs témoignages recueillis auprès de quelques personnes qui furent de ses proches.
Marafa Hamidou Yaya serait plutôt tout le contraire d’un individu austère. Plusieurs de ses amis le dépeignent comme un individu convivial, féru d’humour, un gai luron et un grand « ambiancer ». Un homme qui se libère entièrement chaque fois qu’il est avec ses amis et de gens dont la sympathie lui semble sincère. « Ce trait de caractère est fortement le sien. Il était rarement seul, toujours entouré d’un groupe de copains parmi lesquels on comptait plus d’étudiants originaires du Sud et peu de « Maguidas » comme nous les surnommions à l’époque » nous a raconté un de ses condisciples à la faculté des sciences de l’université de Yaoundé.
Et de poursuivre : « Sa chambre à la cité U. était un lieu de rencontre où nous programmions nos sorties du week-end, partagions souvent, à défaut d’aller au restau U, les plats du Nord concoctés par les membres de sa famille résidant à Yaoundé » « De retour des États unis après ses études d’ingénieur en pétrochimie, malgré cette période d’absence, c’est le même Maraf. qui nous est revenu », tient-il à ajouter. « Avec lui, l’ambiance avait repris tous ses droits. Tout au long de sa carrière à la SNH, ses différentes résidences étaient toujours des lieux de rencontre où les discussions diverses allaient bon train avec une liberté de ton qu’on retrouvait rarement ailleurs. On pouvait tour à tour se gausser des Maguidas, des Sawa, des bulu, des bamileké, etc., en présence des uns et des autres sans que cela ne provoque la moindre susceptibilité. Au contraire, c’était à qui avait la meilleure histoire ou le meilleur Kongossa à raconter pour déclencher une hilarité générale. Un jeu auquel excellait Me Abdoulaye Harissou tant il ne tarissait pas d’histoires aussi croustillantes les unes que les autres ».
Toujours aux dires de ses amis, quoique devenu par la suite un membre influent du gouvernement, Marafa Hamidou Yaya avait toujours gardé cet esprit de franche camaraderie avec le même sens de la repartie. « Un jour, raconte un proche, un de ses amis originaires du Wouri l’interpelle en ces termes : ‘’Marafa. Arrête de nous parler tout le temps de Garoua. Voici près de quarante ans que tu as dû quitter cette ville et que tu vis à Yaoundé. Si j’étais un natif de Yaoundé, je te donnerais comme nom Marafa Essomba’’. Et lui de répondre : ‘’Oui tu peux parler toi. Il n’y a qu’à ma table que vous mes beaux frères Sawa pouvez-vous sentir majoritaire. Même Petit Pays reconnait que les Alhaji venus vendre les bœufs ont contribué à peupler vos villes de petits enfants qui ne sont Sawa que de nom. J’ai bon espoir que vous nous resterez reconnaissants. Ça c’est du Marafa pur jus », conclura-t-il.
Au regard des différents témoignages sur le personnage, tout porte à croire que l’ex Minatd avait atteint une telle notoriété dans les régions septentrionales qu’il ne pouvait que susciter une grande hostilité de la part de certains pontes desdites régions et un réel embarras au sommet de l’État. Chacune de ses présences sur son sol natal, tout particulièrement lors de la fête du ramadân, était vécue comme un véritable évènement dans Garoua, ville politiquement mythique de tout le grand Nord. Ainsi voyait-on défiler à sa résidence, quarante-huit heures durant, toute une pléiade de Lamibés accompagnés de leur fada (la cour) et leurs doungourous venus aussi bien de l’Adamaoua, du Nord que de l’Extrême nord pour lui présenter les vœux (Barka Da Sala) et le remercier de toute l’attention qu’il n’a cessé de leur porter.
D’évidence, au regard de l’intérêt que le monde traditionnel ainsi que les élites intellectuelles du septentrion lui accordaient de plus en plus, Marafa Hamidou Yaya ne pouvait que faire ombrage à tous ceux que Yaoundé reconnaissait comme étant des pontes du Grand Nord, mais qui devenaient, au fil du temps, de simples figurants pour les populations de cette partie du pays. Le manque de solidarité et le contentement dont ils firent d’ailleurs preuve lors de son arrestation ne furent pas pour surprendre. « Certains cadres nordistes n’aimaient pas particulièrement Marafa, nous a avoué l’un d’entre eux. Son côté élitiste très prononcé faisait en sorte qu’il privilégiait les cadres du Nord nantis d’un diplôme universitaire quand il opérait ses choix. Cette démarche a pénalisé de nombreux sacs à dos ayant profité du système de formation à deux vitesses mis en place sous Ahidjo au profit des hommes présumés compétents du fait de leur cursus universitaire. Bien que cela ne fut pas de nature à nous faciliter la tâche, il n’en demeure pas moins que cette démarche a permis à ce que nous ne soyons plus regarder avec suspicion quant à notre cursus », déclare une élite du Septentrion.
La tornade du 12 avril 2012, jour de son arrestation et deux mois après son retour triomphal de Maroua à Garoua en dépit de son éviction du gouvernement, a soufflé fort. Contrariant sans aucun doute ses ambitions et un destin qu’il croyait probablement linéaire. Les eaux et les vents issus de cette tornade ont fait dériver vers d’autres lieux plusieurs de ses amis d’antan. Parmi lesquels ceux en qui il avait placé une grande confiance amicale et fraternelle. Des vieux amis qui, au hasard d’une rencontre avec un membre de sa famille, ne s’enquièrent désormais, toute honte bue, de ses nouvelles que du bout des lèvres. De sa cellule, il peaufine à coup sûr son projet d’une Société de Confiance. Mais pourrait-il après plusieurs années de prison refaire confiance en ces Camerounais que système en place à transformer en loups blancs incapables de faire preuve de la moindre conviction si ce n’est pour leur intérêt personnel ?
Ikemefuna Oliseh
 
Bio-Express
Issu de l'aristocratie peule de Garoua dans le nord du pays, ingénieur diplômé en pétrochimie de l'Université du Kansas (États-Unis), il dirige de 1981 à 1990 le département de l'exploitation-production de la Société nationale des hydrocarbures (SNH).
Ses études supérieures commencent à la Faculté des Sciences de l’Université de Yaoundé (1973-1976), où il obtient la Licence en Géologie en 1976. Puis c’est le départ pour les États-Unis à la suite d’un concours lancé par l’African American Institute (A.A.I). Il étudie à l’Université du Kansas, où il obtient le Master of Science degree en Petroleum Engineering (Génie Pétrolier) en 1980.
De retour au bercail, il travaille d’abord comme Ingénieur de pétrole à El-Serepca à Douala de mai à septembre 1980, avant d’intégrer la SNH. De juin 1981 à septembre 1990, il est Chef du département Exploitation-Production. De septembre 1990 à novembre 1992, il est Conseiller technique dans la société, où il s’est occupé des relations avec le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Puis il sera tour à tour : Secrétaire d’État n°2 au Ministère des Finances (27 novembre 1992- juillet 1994), Conseiller spécial du Président de la république (juillet 1994-08 décembre 1997), SG de la Présidence de la République (08 décembre 1997-27 avril 2001) et ministre d’État Secrétaire général à la Présidence de la République (27 avril 2001- 24 août 2002). Du 24 août 2002, jusqu’en 2011, il est ministre d’État chargé de l’administration territoriale et de la Décentralisation. Depuis 2012 l’ancien homme fort du gouvernement Biya, est en prison pour une affaire de détournement de fonds public, dans le cadre de l’opération épervier.
Source : Atangana Etémé et Wikipédia