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Index de l'article
Paul Biya: Roi fainéant à perpétuité et sans ambition
Paul Biya, son pouvoir, rien que son pouvoir
L'obséssion de l'éternité
Etoudi et ses moeurs mystiques sordides
Paul Biya applique à la lettre la leçon de son maître Ahidjo
Paul Biya, le machiavel du pauvre
Paul Biya, nargue les Camerounais
Paul Biya prend la petite porte démocratique de l'histoire
Paul Biya, roi fainéant à perpétuité
Toutes les pages

Paul Biya, nargue les Camerounais
Courant avril 1991. Les « villes mortes », opérations de désobéissance civique, sont lancées à partir de Douala. Sur les dix provinces de l’époque, seuls le Centre, le Sud et l’Est boycottent le mot d’ordre. Paul Biya entreprend alors une tournée de l’ensemble des chefs-lieux des dix régions, lui dont on sait pourtant qu’il n’aime pas visiter le pays profond. L’objectif est de rassurer ses partisans de ce qu’il contrôle encore le pays et reste le maître du jeu. Tout le monde est alors convaincu qu’il n’osera pas mettre les pieds à Douala, ville frondeuse et fief de l’opposition. Contre toute attente, et déjouant alors les prédictions des uns et des autres, Paul Biya va quand même se rendre à Douala. C’est dans une ville militarisée qu’un matin de septembre 1991, arrive Paul Biya. A la place de l’UDEAC où se déroule la cérémonie, il déclare alors hautain et goguenard, et par deux fois comme pour que les doualéens accusent la provocation : « Me voici donc à Douala ! » Le ton est narquois. Depuis quelque temps déjà dans une logorrhée verbale qu’on ne lui connaissait pas jusqu’ici, lui qu’on sait taciturne et peu disert, semble maintenant prendre un certain plaisir à narguer les Camerounais. « Me voici donc à Douala ! » C’est un défi lancé aux Ekindi, Eboua, Mboua Massock, Ekane, Yondo Black, Ekwe et les autres. Qu’ils viennent donc ! Il les attend. D’ailleurs, n’avait-il pas déjà donné à certains d’entre eux qui réclamaient vindicativement la conférence nationale souveraine, la fessée nationale souveraine ?
Mais au-delà de ces destinataires, ne faut-il pas croire que c’est aux Camerounais dans leur ensemble qu’il s’adresse ? Que Douala la frondeuse, les Mboua Massock et autres, ne sont que l’arbre qui cache la forêt ? En tout cas, Paul Biya, au fil des épreuves des années de braise, qu’il parvient extraordinairement à surmonter quand à côté les Kérékou, les Sassou et autres, ne réussissent pas à résister à la bourrasque des conférences nationales souveraines, acquiert de l’assurance et s’enhardit au jour le jour et son verbe se fait caustique et truculent au détriment des Camerounais. D’ailleurs, pourquoi il n’en serait pas ainsi ? Que leur doit-il au fond ? Certainement rien. Naturellement peu porté vers les autres, il s’est renfermé radicalement sur lui-même dans son tabernacle inaccessible d’Etoudi, depuis l’épreuve initiatique du 6 avril 1984 qui aura été un rite de passage déterminant dans son rapport au pouvoir et aux Camerounais. Six années plus tard, lorsque souffle le vent d’est qui manque de l’emporter n’eût été les erreurs stratégiques de l’opposition, Paul Biya qui réussit l’exploit de se tirer de ce funeste pas, certes, non pas sans laisser des plumes au passage, on peut l’imaginer, se jure de ne plus faire de cadeaux aux Camerounais. Mais en avait-il déjà fait depuis qu’il est là ? Il est permis d’en douter.
T.D.