Qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition, les hommes politiques ne peuvent se défaire de la propagande. Elle est pour eux ce que la réclame est pour le commerçant. Le but ultime de la publicité est en effet, soit de faire croire qu’un produit est plus performant que d’autres de même nature que lui, soit de susciter chez le consommateur une demande latente ou inexistante dudit produit. Dans le cadre de la visite de Biya en France, le consommateur de l’offre politique du régime et de l’opposition autour de cette visite est l’opinion publique camerounaise, internationale et le citoyen du monde. En conséquence, le Rdpc et ses antennes extranationales, notamment celles de France, font du tintamarre par scénographie et spectacularisation d’une visite du Président camerounais en France alors qu’il relève de la banalité historique la plus consacrée qu’un Président Français rencontre un dictateur africain. Mobutu, Eyadema, Omar Bongo, Blaise Compaoré, Ahmadou Ahidjo, Idriss Deby, Sassou-Nguesso et bien d’autres autocrates africains figures de proue de la « Françafrique » ont été reçus maintes fois par des présidents français









L’histoire a ceci de particulier qu’elle est faite une fois pour toute. Elle ne se pose jamais de questions sur elle-même et n’imagine jamais les conjectures contrefactuelles que nous faisons sur elle. Le passé est ce qui est advenu et non ce qui aurait pu ou dû advenir. Parler de l’Afrique économique en 2013 et au-delà montre cependant l’importance du passé car cela est un exercice qui exige une extrapolation des résultats passés sur le futur en essayant de modifier la trajectoire économique du continent. Réfléchir sur l’avenir de l’Afrique c’est croire fermement que nous pouvons encore le changer par des réformes idoines issues d’anticipations extrapolatives. Cela exige donc d’utiliser la technique du rétroviseur afin que notre discours sur l’Afrique économique de 2013 prenne racine sur des faits concrets passés et présents.
Où comment Maurice Kamto s’est ensablé dans « L’Arène »
Même si spéculer sur la dette du Tiers-Monde est monnaie courante dans les marchés internationaux de capitaux, que le fils du dictateur camerounais gagne de l’argent sur la dette du Cameroun, synonyme de la souffrance d’un peuple, est semblable à une entreprise de pompes funèbres qui prospère parce que les morts augmentent dans le pays à cause de la mauvaise vie qu’inflige aux populations celui dont le fils fabrique et vend les cercueils.
A défaut d’avoir pitié, il faut avoir la force morale, nous dit un dicton africain, d’avoir honte. Or manifestement, ni l’une ni l’autre de ces deux qualités humaines ne semble manifestement habiter la contremaîtresse franco-africaine de l’intrigue, la nommée Calixte Beyala, dont le dernier article « Le procès de Laurent Gbagbo ou la chronique d’une mascarade annoncée »(1) offre tout le spectacle de la hideur d’âme déguisée en indignation moralisante. Que nous dit donc cette dame de scène dans sa dernière inspiration ? Que valent ses arguments ? Et surtout que s’évertuent-ils à cacher ? L’intention plus ou moins affichée est de faire admettre une thèse fataliste visant à ratisser large dans les ressentiments des afro-Français que Madame Beyala veut attirer dans son nouveau canular dit du Mouvement des Africains Français. Le raisonnement de notre politicienne enhardie, malgré ses contorsions inavouées, est limpide à l’analyse : si le procès de Laurent Gbagbo est inutile car perdu d’avance par Gbagbo du fait du droit occidental du plus fort, alors il ne resterait plus qu’une seule issue aux résignés d’Afrique et d’ailleurs : rejoindre Madame Beyala dans son projet de s’implanter comme tête de proue dans la politique franco-africaine sur des bases communautaristes. Nous montrerons donc ici l’inanité de cette opération d’enfumage crypto-politique qui fait de la haine de l’Autre,
La conquête du progrès et du bien être du continent ne peut faire l’économie de l’implication d’acteurs africains

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